Welcome to RPA   Click to listen highlighted text! Welcome to RPA Powered By GSpeech

Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Kigali :Nous espérons que le Gouvernement du Burundi reviendra à la raison

Kigali :Nous espérons que le Gouvernement du Burundi reviendra à la raison

Depuis jeudi 11 Janvier, le Gouvernement du Burundi a décidé de fermer ses frontières avec le Rwanda. Une décision unilatérale, prise quelques jours après des accusations portées par le Président du Burundi contre son homologue Rwandais. Pour Kigali, s’il y a des problèmes, ils  devraient être résolus par la voie diplomatique.

 C’est après une attaque perpétrée la nuit du vendredi à samedi 23 décembre 2023 à Vugizo en commune Mutimbuzi de la province Bujumbura, que le Président Evariste Ndayishimiye a ouvertement accusé le Rwanda d’héberger les leaders du mouvement armé Red-Tabara qui a revendiqué l’attaque.

« Nous savons très bien où sont les dirigeants du mouvement. Nous venons de passer presque deux ans à négocier leur extradition, mais j’avoue que nous avons échoué. Ils ont des bureaux, ils sont hébergés et nourris par le  Rwanda. » A dit Evariste Ndayishimiye dans sa conférence du 29 décembre dernier.

Moins de deux semaines après,  le  gouvernement Ndayishimiye décide de fermer  toutes les frontières avec le Rwanda.

« Nous avons un mauvais voisin Paul Kagame, le Président  Rwandais. Nous avons arrêté toute collaboration avec lui. Il héberge les malfaiteurs qui attaquent le Burundi. » A annoncé le ministre de l’Intérieur aux  responsables de la sécurité et de l’administration à Kayanza, le jeudi 11 janvier, jour de la fermeture des frontières.

Dans la même réunion, le ministre Martin Niteretse a précisé que « le Burundi ne veut plus de rwandais sur son territoire et qu’il les a chassés. »

Kigali regrette cette décision  unilatérale

« C'est une décision qui a été prise d'une façon surprise et le Gouvernement Rwandais  l’a appris  par la presse et puis par près on a entendu que les autorités du Burundi l’ont confirmé. » A déclaré le porte-parole adjoint du Gouvernement Rwandais dans une conférence de presse de ce vendredi 12 janvier.

Kigali dit être surpris par les  raisons avancées par Gitega. Rappelant les différentes décisions  prises par les Chefs d’Etats des pays de l’Afrique de l’Est  dans le cadre du processus de stabilisation de l’Est de la RDC, le Gouvernement Rwandais trouve « surprenant de voir que le Président de la République du Burundi affirme que les Red-Tabara  se trouve en RDC, que son chef d'état-major  le confirme mais que le lendemain ça change et que cette fois-ci  l’on dit que les Red-Tabara se trouve au Rwanda. »  A dit Alain Mukuralinda avant d’ajouter que «  Si  le Gouvernement du Burundi avait constaté un déplacement de ce groupe armé vers le  Rwanda,  ils auraient dû d'abord l'annoncer à la communauté comme ils avaient fait quand ils ont annoncé qu'ils étaient en RDC. »

Pour ce qui est des Rwandais déclarés indésirables sur le territoire  burundais, le porte-parole adjoint du Gouvernement Rwandais a tenu à rappeler à Gitega sa responsabilité de protéger toute personne se trouvant sur son territoire même celles indésirables. « Le Gouvernement Burundais  doit prendre en charge la sécurité de tout le peuple burundais et de tous les étrangers qui sont sur son territoire. S'il y en a quelques-uns qu’il veut qu'ils quittent le territoire, il doit en assurer la sécurité jusqu'à ce qu'ils arrivent  à la frontière du Rwanda. »

Les Burundais vivant au Rwanda ont été tranquillisés. « Rentrera qui voudra car  ils ne sont pas indésirables. »

Les tensions diplomatiques entre le Burundi et le Rwanda préoccupent la  Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale. Dans un communiqué daté de ce 12 janvier, la CEEAC appelle les deux Etats à la retenue, l’apaisement et la résolution pacifique des différends.

Se déclarant prête à contribuer pour résoudre la crise, la CEEAC interpelle  aussi les partenaires bilatéraux et multilatéraux du Burundi et du Rwanda pour aider à la normalisation des relations entre Gitega et Kigali.

 Burundi, grand  pays débiteur de l’EAC

Burundi, grand pays débiteur de l’EAC

Le Soudan du Sud et le Burundi  sont depuis longtemps connus comme  les plus grands  débiteurs  de la communauté est africaine. Le Sud Soudan vient  toutefois de se débarrasser de ce  qualificatif. Le  Sud Soudan a versé ses arriérées de cotisation cette semaine dernière, a précisé le  député régional  Kim Gai Ruot Duop  à une radio Sud Soudanaise.

 '’ Je tiens à  informer notre public que  la République Sud  Soudanaise  a remis cette semaine un montant équivalent de 7,2 millions de dollars  à la communauté. Ce qui signifie que désormais  le Soudan du Sud n’a plus de dette envers  cette organisation régionale.’’ A déclaré Ruot Duop, lit-on dans un article publié par la radio  Eye Radio.

Le   Sud  Soudan tout comme le Burundi  devait à la  communauté  des arriérés de l’année dernière soit 7.2 millions de dollars qui sont la contribution annuelle de chaque pays membre  plus la contribution de l’année en cours  qui devrait prendre fin en juin prochain.

Selon  cet  article publié par la radio Sud Soudanaise le 09 du mois courant, le mercredi 08 novembre, certains législateurs de l’Assemblée Législative de l’Afrique de l’Est  au Kenya ont  recommandé  la cessation de l’adhésion des  pays qui ne remplissent pas leurs obligations  envers la communauté. Cette approche  serait également soutenue par les députés Ougandais, selon Eye Radio.

Dans son article du  15 octobre, The East Africain avait lui écrit que dans un rapport déposé au Parlement du Kenya, la commission de l'intégration régionale recommande une révision du traité de la Communauté de l’Afrique de l’Est  afin de permettre aux contributions d’États partenaires d'être basées sur leur capacité de payer et à ceux qui paient davantage d'avoir un droit de veto. Il a également appelé les États partenaires fondateurs de l'EAC à envisager de payer les contributions dues au Soudan du Sud et au Burundi dans l'esprit du grand frère.

Selon The East Africain,  les argumentations des députés qui proposent cette révision  sont que  les députés de ces pays qui ne contribuent pas  consomment  des centaines des dollars  chaque fois qu’ils se rendent dans des séances à  Arusha  et  perçoivent mensuellement des salaires alors que leurs pays ne  contribuent pas.

Le Sud  Soudant vient de s’acquitter de ces dettes  au moment où  son Président s’apprête à assumer la présidence de la communauté. Salva Kir devrait remplacer Ndayishimiye dans les deux semaines à venir. Le sommet des chefs d’Etats devrait avoir lieu à Arusha du 23 au 24  de ce mois.

Région des Grands Lacs: A qui profitent le chaos et la tragédie humanitaire dans l’Est de la RDC ?

Région des Grands Lacs: A qui profitent le chaos et la tragédie humanitaire dans l’Est de la RDC ?

Depuis deux ans, l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) est devenu le théâtre d’affrontements meurtriers entre groupes armés et les Forces Armées de la RDC (FARDC). Ces affrontements prennent de plus en plus une dimension régionale, impliquant d’autres pays de la région, en particulier, le Burundi, le Rwanda, l’Ouganda et le Kenya. La situation sécuritaire et humanitaire est dramatique et explosive. Des milliers de citoyens meurent chaque jour sous les feux des armes et des bombes, mais, également, du fait d’une épuration ethnique. Des centaines de milliers de congolais croupissent dans les camps de réfugiés dans les pays voisins et des camps de déplacés à l’intérieur du pays. La sous-région de l’Afrique de l’Est, celle de l’Afrique des Grands Lacs, de l’Afrique Australe et l’Union Africaine, s’impliquent pour trouver une solution politique au conflit, mais ont démontré leur incapacité à trouver une solution politique à ces conflits meurtriers. Le pouvoir de Kinshasa persiste à croire que la solution à la crise est militaire. L’Organisation des Nations Unies condamne, mais ne propose aucune solution. La communauté internationale observe et se tait. Le décor explosif est bien dessiné. Le monde observe le génocide qui s’organise dans la région des Grands Lacs, après celui contre les Tutsi en 1994 au Rwanda. Et toute cette crise se déroule dans un contexte de campagne électorale en RDC, marquée par des messages de haine ethnique. Cet environnement sécuritaire tendu consacre toutes les ambitions de faire taire les armes et de coopération régionale de l’Union Africaine.

 Par André Nikwigize

 

Une crise sécuritaire et humanitaire sur fonds de mauvaise gouvernance

Depuis 1996, la région Est de la RDC fait l’objet d’affrontements entre groupes armés, sous des motivations diverses. On dénombre actuellement plus de 260 mouvements armés, à l’Est de la RDC, dans les régions du Sud et du Nord Kivu. Ces groupes armés, -avec des motivations diverses-, ont déstabilisé toute la région des Grands Lacs au cours des trois dernières décennies. Mais, le plus dramatique est la haine exprimée à l’égard des populations rwandophones de la région de l’Est de la RDC, que les autorités qualifient d’envahisseurs rwandais, et qui risquent une extermination totale. La haine que les populations locales leur expriment est arrivée au point de brûler vif des personnes qualifiiées de Tutsi rwandais, jusqu’à consommer leur chair en public, tandis que leur bétail est ravagé à coups de machettes et de fusils. Et pourtant, ces populations, pour la plupart, sont installées dans cette région depuis plus d’un siècle, et sont à cent pour cent congolaises. Des personnalités imminentes tels Mwalimu Julius Nyerere, ancien Président de Tanzanie, Thabo Mbeki, ancien Président de l’Afrique du Sud, ou des historiens et politiciens congolais et européens, ont, à maintes fois, expliqué la congolité de ces populations parlant le Kinyarwanda, malheureusement, depuis des décennies, ces populations ont servi d’outil de propagande politique pour les dirigeants de la RDC. Depuis 2006, le Gouvernement de la RDC avait entamé un dialogue avec le principal groupe armé, le CNDP, qui a abouti aux accords du 23 mars 2009. Mais ces accords n’ont jamais été mis en œuvre par le Gouvernement de Kinshasa, ce qui a donné naissance, en 2012, au mouvement M23 (mouvement du 23 mars), qui reprit les armes et prit le contrôle de plusieurs localités dans l’Est de la RDC, y compris la ville de Goma et ses alentours. Des dirigeants africains s’étaient, alors, impliqués pour trouver une solution. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies approuva, le 28 mars 2013, par sa Résolution 2098, la création d’une brigade d’intervention des Nations Unies, la MONUSCO. Le 12 décembre 2013, la RDC et le M23 signèrent, à Nairobi, un Accord de paix, qui confirmait la dissolution du M23, définissait les modalités de la démobilisation et conditions à l’abandon de la violence et la reconnaissance des droits de ses membres. De nouveau, le Gouvernement de la RDC ne respecta pas le contenu de l’Accord. En novembre 2021, le M23 reprit les armes. C’est la situation qui prévaut aujourd’hui. En mars 2021, la RDC avait conclu un accord avec le Rwanda sur des opérations conjointes de sécurité sur les frontières communes. Cet accord est resté au point mort. Un accord similaire fut également conclu avec le Burundi en juillet de la même année, ouvrant la voie au déploiement de l’armée burundaise dans le Sud-Kivu pour poursuivre les rebelles burundais de RED-TABARA. En novembre 2021, le Président Tshisekedi autorisait l’Ouganda à déployer des soldats dans l’Est de la RDC pour combattre les Forces Démocratiques Alliées (ADF), un groupe rebelle, qui opère également au Nord-Kivu et en Ituri. Récemment, en novembre 2023, il a été signalé qu’un autre accord secret aurait été signé avec le Président burundais afin que ce dernier déploie une force militaire de l’armée burundaise pour s’associer aux forces des FARDC et des milices, et combattre les M23. La décision de Tshisekedi de convier des troupes étrangères, est en train de bouleverser l’Est de la RDC, déjà instable, en déclenchant une guerre par procuration ou en revigorant les rebelles congolais. Fin octobre 2023, les combats qui font rage dans la province du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), ont eu comme conséquence directe le déplacement de plus de 7 millions de personnes, un record, selon l’OIM. La plupart de ces déplacés internes, soit environ 5,6 millions de personnes (81 pour cent du total), vivent dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Tanganyika, situées dans l’Est de la RDC. Plus d’un million de réfugiés congolais se trouvent dans les pays voisins, dont, au moins, 80.000 congolais sont réfugiés au Rwanda, selon le HCR. La plupart sont originaires des territoires de Masisi et de Rutshuru. Ils sont partis par vagues depuis une décennie, fuyant divers événements. Environ 6,7 millions de personnes connaissent des niveaux d’insécurité alimentaire et ont besoin d’une aide d’urgence dans le Nord et le Sud-Kivu et en Ituri (PAM). Quelques 600 000 personnes sont déplacées dans le seul Nord-Kivu, tandis que 38 000 Congolais supplémentaires sont devenus des réfugiés dans leur propre pays. Ces populations vivent un calvaire depuis des décennies, et sont menacées d’extermination. Comme l’affirme Fabien Sambussy, Chef de mission de l’OIM, « L’escalade du conflit la plus récente a déraciné davantage de personnes en moins de temps que jamais auparavant ».

Une crise qui s’étend à toute la région des Grands Lacs

Depuis des années, les rivalités entre voisins de la RDC ont engendré d’innombrables insurrections. L’Est de la RDC est devenu une poudrière. Le Rwanda est accusé de soutenir et d’armer l’un des belligérants au conflit, le M23, ce que Kigali réfute. D’autre part, le Rwanda accuse le pouvoir de Kinshasa de faire alliance avec le mouvement rebelle, les  FDLR, responsable du génocide contre les Tutsi au Rwanda, en 1994, ce que Kinshasa réfute. Le Rwanda est remonté contre son voisin qui se montre indifférent aux craintes de Kigali en matière de sécurité à ses frontières avec son voisin congolais. La rupture entre les présidents du Rwanda et de la RDC est consommée. Le Burundi est, de son côté, accusé de déployer un détachement des forces armées burundaises, qui se battent également avec les FARDC et les milices FDLR et d’autres milices sous l’appellation de « Wazalendo ». Des centaines de militaires burundais sont régulièrement, tués au combat, d’autres sont blessés, d’autres sont capturés par les combattants du M23, qui les montrent aux télévisions. Mais le Gouvernement du Burundi continue à nier l’implication de ses forces dans les combats. Beaucoup de burundais de la Diaspora s’indignent, également, de cette implication des forces armées burundaises. Par ailleurs, le Gouvernement de Kinshasa, qui refuse d’engager un dialogue avec ses principaux opposants politiques, attribue l’insécurité dans l’Est de la RDC au Rwanda et à son Président Paul Kagame. La crise prend des allures de conflit ethnique, et Tshisekedi attribue au Rwanda la volonté de balkanisation de la RDC et l’instauration de l’empire « Hima » (un empire Tutsi), en collaboration avec l’Ouganda et le Kenya, pays dirigés, selon l’opinion congolaise, par des leaders de l’ethnie Tutsi.

Incapacité de la Force Régionale de l’Afrique de l’Est à ramener la paix en RDC

Dans l’espoir d’une désescalade de la crise, l’ancien Président du Kenya, Uhuru Kenyatta, avait proposé un déploiement d’une force militaire multinationale de la CEA, au Nord et au Sud-Kivu, ainsi qu’en Ituri. Cette force, qui excluait le Rwanda, comprenait les forces militaires du Kenya, de l’Ouganda, du Burundi, et du Sud Soudan. Une résolution fut prise à Nairobi, par les Chefs d’Etat de la région, qui appelait les parties prenantes à cesser les hostilités et engager un dialogue pour la restauration de la paix. La résolution ne fut pas suivie d’effet. Le Président Tshisekedi, qui s’attendait à ce que cette force régionale de l’Afrique de l’Est combatte le M23, fut déçu et demanda son départ, pour être remplacée par celle de la SADC, institution régionale de l’Afrique Australe, à laquelle la RDC est également membre. Ainsi la force de l’Afrique de l’Est quitte la RDC le 8 décembre 2023, pour laisser place à celle de la SADC. D’autre part, dans le cadre de la Conférence Internationale sur les Grands Lacs, les Chefs d’Etat des pays membres de cette institution prirent la même résolution que celle de Nairobi, de nouveau, elle ne fut pas mise en œuvre. Il semble que le pouvoir de Kinshasa ait opté pour un règlement militaire. Des milices sont recrutés, des groupes armés sont équipés, des mercenaires recrutés, pour appuyer l’armée nationale congolaise à combattre les M23, sous la dénomination de « Wazalendo ». Les résultats de ces combats, ce sont des populations assassinées, déplacées et affamées, sans aucune assistance.

La communauté internationale, complice ou complaisante ?

C’est d’abord, le rôle assez ambigu des Nations Unies. Cette organisation est installée en RDC depuis plus de 23 ans, avec pour mandat la protection des civils et la stabilisation en RDC. Elle dispose de plus de 18.000 militaires, observateurs militaires et officiers d’Etat-Major, policiers et membres de police constitués, avec un budget de plus de 1 milliard de dollars par an. Cette mission des Nations Unies a les prérogatives de prendre toutes les mesures nécessaires pour s’acquitter de son mandat, ce qui inclut d’assurer une protection efficace, rapide, dynamique et intégrée des civils. Elle a aussi la possibilité de susciter un dialogue entre les belligérants. Comment expliquer que, durant 23 ans, elle n’ait pas été en mesure de protéger les populations civiles de la RDC ? A-t-elle échoué sa mission de maintien de la paix en RDC ? Complice ou complaisante ? Jusqu’à ce jour, les résolutions du Conseil de Sécurité se sont limitées à condamner telle ou telle partie, sans inviter les parties à s’asseoir autour d’une table et trouver des solutions. Le monde observe et condamne seulement. La région est impuissante, politiquement et militairement. C’est le chaos et la désolation. Mais, de manière générale, la communauté internationale ne semble pas interpelée par la situation alarmante causée par le chaos et la tragédie humanitaire de l’Est de la RDC et ses implications sur toute la région des Grands Lacs.

Une crise sur fonds de campagne électorale

La crise dans l’Est de la RDC est devenue un enjeu de campagne pour les élections présidentielles, prévues le 20 décembre 2023. Le Président sortant et ses soutiens, au lieu de présenter le bilan de son action et du programme qu’il propose aux congolais, revient sans cesser sur l’implication de son homologue rwandais et sa volonté de balkaniser la RDC. Au fur et à mesure que la date du 20 décembre 2023 s’approche, les violences s’amplifient et la situation humanitaire devient intenable. Dans certaines régions affectées par les conflits, les populations ne pourront pas voter. La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) ne semble pas prête pour les élections, elle n’a ni les ressources ni la logistique nécessaire. Récemment, les organisations de la société civile ont relevé des incohérences dans les chiffres des électeurs et des bureaux de vote. L’Union Européenne s’est retirée du processus des élections en RDC, du fait que les observateurs n’ont pas été autorisés à déployer les équipements sur les Provinces du pays. D’autre part, durant la campagne, des messages de haine ethnique sont véhiculés contre les populations de l’ethnie Tutsi. Après le génocide contre les Tutsi au Rwanda en 1994, un autre génocide est entrain de s’opérer à l’Est de la RDC, avec plus d’intensité et de victimes : des villages de Tutsi sont brûlés et leurs vaches tuées avec des fusils et des machettes, des personnes sont assassinées en pleine journée et leur chair mangée par les populations locales, sans aucune réaction du pouvoir. D’autre part, la campagne présidentielle est marquée par des discours incendiaires entre les candidats. La population est survoltée. La tension est palpable. Tout peut arriver.

Il faut agir, et c’est maintenant

Quels que soient les intérêts géostratégiques ou géopolitiques des uns et des autres, rien ne peut justifier le silence complice et complaisant de la communauté internationale, devant le chaos et la tragédie humanitaire qui prévalent dans l’Est de la RDC, et dont les effets se font déjà sentir sur toute la  région des Grands-Lacs, qui est actuellement sous haute tension sécuritaire. Une personne humaine a la même valeur, que ce soit en RDC, aux Etats-Unis, en Belgique, en Ukraine, en Israël, ou ailleurs. Mais, qui a intérêt à ce que la région soit désintégrée ? Les élections en RDC ne sont pas une solution et les conditions dans lesquelles elles seront organisées ne sécurisent, ni les candidats, ni les populations, ni la région des Grands Lacs. Il est grand temps que les protagonistes s’assoient autour d’une table et trouvent une solution politique à leurs différends. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies devrait voter une résolution pour convoquer, dans les meilleurs délais, une conférence internationale sur la crise politique dans l’Est de la RDC et ses implications sur l’ensemble de la région des Grands Lacs. La paix, la stabilité et la prospérité sous-régionales sont à ce prix.

Andre Nikwigize est Ancien Fonctionnaire des Nations Unies et Fondateur de l’organisation sans but lucratif, Partners for Peace and Prosperity.

FILEP 2023: Le grand rendez-vous de la presse africaine au Faso

FILEP 2023: Le grand rendez-vous de la presse africaine au Faso

Pour la 10ème fois, le festival international pour la liberté d’expression et de la presse se tient à Ouagadougou où se trouve quelques centaines de participants venus des quatre coins du monde. Pour la plupart des participants, c’est le plus grand rendez-vous de la presse africaine de tous les temps.

 

Depuis le 17 octobre 2023, dans les lobbys des hôtels de la capitale Ouagadougou,  les coups de poignée et les embrassades entre les journalistes participants venus des 33 pays africains s'accompagnent des sourires chaleureux et les "comment ça va au pays?" Certains se sont déjà vus au cours des sessions antérieures depuis 2013.

Mardi 18 octobre 2023, la dixième session du Festival International de la Liberté d'Expression et de la Presse (FILEP) dont le thème est ‘’Médias, conflits et cohésion sociale’’, a coïncidé avec le 25 ème anniversaire du Centre National de la Presse/Norbert Zongo (CNP/NZ).

Dans son discours d'introduction, le président du comité d'organisation de cette 10ème édition FILEP, Monsieur Inoussa Ouedraogo a souhaité la bienvenue aux 250 participants venus des 4 coins du monde. Il a, toutefois, déploré des discours politiques tendant à diviser les médias en deux camps, à savoir les pro-gouvernements qui sont qualifiés de patriotes et ceux qui demandent leur indépendance, qui sont considérés comme des pro-terroristes dans cette région du Sahel où les journalistes exercent sous la menace djihadiste et les instructions "patriotiques" de la part des autorités issues pour la plupart des récents coups d'état. En dix ans, 5 journalistes ont été tués et 2 autres portés disparus dans cette région du Sahel, en phase de devenir une zone de "non-information". Raison pour laquelle, a souligné le président du comité d'organisation, les journalistes ne vont jamais se plier devant toute tentative de museler la presse et resteront aux côtés des multiples catégories des victimes du terrorisme qui ravage la région du Sahel dont fait partie le Burkina Fasso dont la capitale Ouagadougou se veut désormais être la capitale de la liberté d'expression et de la presse, par ce plus grand rendez-vous de la presse africaine qu'est devenue le FILEP.

Le Représentant des partenaires techniques et financiers de cette 10ème édition FILEP, Albert Bruun BIRNBAUM, chef de coopération de l'ambassade du Danemark a réitéré, au nom des autres partenaires, le soutien inconditionnel à la promotion de la liberté d'expression et de la presse au Burkina Fasso et dans l'ensemble de la région du Sahel.

Le Président de l'assemblée législative de transition (ALT), Monsieur Ousmane BOUGOUMA a promis, dans son discours d'ouverture de cette édition, le soutien de la presse auprès de l'exécutif qui, tente, à travers un projet de loi, d'octroyer au chef de l'état Monsieur IBRAHIM TRAORÉ le pouvoir de nommer le président du conseil supérieur de l'audiovisuel, qui était jusque-là, élu par ses pairs. Un grave recul, selon les professionnels des  médias au pays des hommes intègres.

À part la remise des certificats d'honneur à trois doyens du Filep à savoir Maître Halidou Ouedraogo, Professeur kari Kari KWAMÉ et Jean Claude MEDA, la nouveauté de cette dixième session FILEP est l'introduction et la remise du Prix Marie Soleil Frère à la meilleure journaliste issue d'une compétition organisée auprès des femmes journalistes du continent africain.

Marie Soleil Frère est une figure académique belge qui s'est beaucoup impliquée dans la promotion du journalisme sur le continent africain, particulièrement au Burkina Fasso et au Burundi. Le Burundi qui est, depuis 2015, représenté dans ce festival par la Radio Publique Africaine (RPA) en sa qualité de principal média d'investigation au Burundi.

Vantant les qualités et l'engagement louable du comité d'organisation de cette 10ème édition FILEP, le professeur ghanéen KARI KARI KWAME a salué le travail remarquable de Monsieur Abdoulaye Diallo, le coordonnateur du Centre National de Presse/Norbert Zongo (CNP/NZ) qu'il a qualifié de pilier dans la réussite de toutes les sessions FILEP.

Les cérémonies de cette édition FILEP se clôtureront samedi 21 octobre 2023 par une soirée de Gala au cours de laquelle, les participants rendront hommage à la Namibie considérée comme Championne de la liberté de la presse. Le prix du PAJI-NZ (Prix Africain du Journalisme d'Investigation-Norbert Zongo) et le premier prix Marie Soleil Frère seront décernés aux gagnants à cette occasion. Ces cérémonies seront précédées, le matin, par la visite des sites mémoriales du journaliste assassiné Norbert Zongo et du Président Thomas Sankara.

Faire un don

Nos journaux parlés

Qui est en ligne?

Nous avons 685 invités et aucun membre en ligne

Click to listen highlighted text! Powered By GSpeech