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Journée mondiale des réfugiés : les réfugiés burundais face à des conditions difficiles et aux rapatriements forcés

Par: Rédaction

À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés célébrée ce 20 juin, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) indique que les déplacements forcés dans le monde ont diminué en 2025 pour la première fois depuis dix ans, tout en demeurant à un niveau préoccupant. Alors que des millions de personnes continuent de fuir les conflits, les violences et les persécutions, les réfugiés burundais présents en Tanzanie dénoncent des conditions de vie de plus en plus difficiles dans un contexte marqué par les rapatriements forcés.

Dans son rapport sur les tendances mondiales, le HCR indique que 41,6 millions de personnes étaient réfugiées ou bénéficiaient d’une protection internationale à travers le monde à la fin de l’année 2025. Au cours de la même année, près de 5,4 millions de personnes ont été contraintes de fuir leur pays en raison de la guerre, des violences ou des persécutions.

Parmi elles figurent des milliers de réfugiés burundais vivant encore en Tanzanie. Depuis le déclenchement de la crise politique au Burundi en 2015, des centaines de milliers de Burundais ont trouvé refuge dans ce pays voisin. À la fin de l’année 2025, leur nombre était estimé à environ 140 000.

Malgré l’asile qui leur a été accordé, les réfugiés burundais n’ont jamais bénéficié de conditions de vie stables dans les camps de Nyarugusu et de Nduta. Pendant des années, ils ont vécu dans des conditions assimilées à une détention, avec des restrictions de mouvement et des limitations dans l’exercice de certaines activités génératrices de revenus.

La situation s’est aggravée depuis que les gouvernements tanzanien et burundais, en collaboration avec le HCR, ont décidé il y a trois ans de promouvoir le retour volontaire des réfugiés burundais. Progressivement, ces retours volontaires ont laissé place à des rapatriements forcés.

Dans ce cadre, les autorités tanzaniennes ont fermé les écoles et les structures sanitaires dans les camps, avant de procéder à la destruction des habitations des réfugiés à Nduta et à Nyarugusu. Les réfugiés ont ensuite été regroupés dans des espaces surpeuplés et insalubres, où l’accès à la nourriture et à l’eau est devenu très limité. Ils dénoncent également des violences, notamment des passages à tabac, des disparitions forcées et des violences sexuelles visant certaines femmes.

En avril 2026, les autorités tanzaniennes ont fermé le camp de Nduta. Au camp de Nyarugusu, les réfugiés burundais encore présents ont été regroupés dans un espace appelé « Departure », où ils sont maintenus avant leur transfert vers le Burundi. Selon leurs témoignages, des policiers tanzaniens y effectuent des patrouilles régulières et recourent parfois à des violences physiques ou à des tirs de gaz lacrymogènes.

Dans ce contexte, les responsables du camp de Nyarugusu ont demandé à près de deux cents familles burundaises de s’enregistrer en vue de leur rapatriement, alors que ces personnes affirment appartenir à des catégories nécessitant une protection internationale et craignent des persécutions en cas de retour au Burundi.

Selon les réfugiés, les autorités du camp ont annoncé le 19 juin qu’aucun ressortissant burundais ne devrait encore se trouver à Nyarugusu d’ici une semaine. Par ailleurs, en Ouganda, plus de 76 % des demandes d’asile introduites par des Burundais auraient été rejetées. En Europe et en Amérique du Nord, certains demandeurs d’asile reçoivent également des ordres de quitter le territoire.

Appels à la protection et à la solidarité envers les réfugiés

Dans une déclaration publiée à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, la Coalition des défenseurs des droits humains vivant dans les camps (CDH/VICAR) appelle à davantage de solidarité envers les réfugiés, les demandeurs d’asile et les rapatriés confrontés à de nombreuses difficultés. Son porte-parole, Jean Bosco Vyizigiro, demande aux États d’accueil ainsi qu’aux pays d’origine de respecter les engagements internationaux relatifs à la protection des réfugiés.

Du 20 au 27 juin, le Mouvement des femmes et des filles pour la paix et la sécurité au Burundi (MFFPS) et le Forum pour la conscience et le développement (FOCODE) mènent également une campagne internationale en faveur des réfugiés burundais. Ces organisations appellent les pays d’accueil à respecter les droits des réfugiés, à mettre fin aux persécutions dont ils sont victimes et à cesser les rapatriements forcés. Elles estiment que l’insécurité et les violations graves des droits humains qui ont poussé de nombreux Burundais à fuir leur pays demeurent toujours une réalité.

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