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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Nyarugusu : les réfugiés burundais refusant le rapatriement dénoncent violences et mauvais traitements

Par: Elvis Niyomwungere

Des réfugiés burundais regroupés sur le site appelé « Departure » au camp de Nyarugusu, en Tanzanie, dénoncent des violences, des intimidations et des conditions sanitaires déplorables. Ils affirment également que ceux qui refusent de s’inscrire au rapatriement ne reçoivent plus d’assistance alimentaire et craignent pour leur sécurité.

Des réfugiés burundais du camp de Nyarugusu, en Tanzanie, qui refusent de s’inscrire au rapatriement vers le Burundi, sont soumis à des traitements différents de ceux qui ont accepté de rentrer, selon nos sources.

Les réfugiés indiquent que les personnes enregistrées pour le retour sont hébergées à l’intérieur de ce site, tandis que celles qui refusent de s’inscrire sont maintenues à l’extérieur. Ils dénoncent une surveillance permanente ainsi que des violences attribuées aux militaires chargés de la sécurité du site. « Ils ne cessent de nous surveiller et de nous frapper. Ceux qui tentent de se déplacer sont forcés de rester dans le camp. Ils terrorisent les réfugiés et risquent de nous faire périr ici. Nous, réfugiés de Nyarugusu, sommes très inquiets. La situation est devenue extrêmement grave et nous avons l’impression que ceux qui nous veulent du mal sont en train d’atteindre leur objectif », témoigne l’un d’eux.

Selon ces réfugiés, les actes d’intimidation sont fréquents. Ils affirment également que les personnes inscrites pour le rapatriement disposent déjà de leurs billets de voyage, contrairement à celles qui refusent de rentrer. Face à l’affluence, de nombreux réfugiés sont contraints de passer la nuit à même le sol, notamment devant le bureau du chef du camp, les locaux des Nations unies, ceux de l’organisation ADSAB chargée de la distribution alimentaire ainsi qu’aux abords des habitations des réfugiés congolais.

Les réfugiés dénoncent également une grave dégradation des conditions d’hygiène sur ce site. Ils expliquent que l’insuffisance de latrines pousse de nombreuses personnes à faire leurs besoins à l’air libre, provoquant de fortes nuisances. « Il n’y a plus de toilettes disponibles. Ceux qui se trouvent du côté du Makazi essaient de se débrouiller comme ils peuvent. Il n’y a qu’une forte mauvaise odeur. Lorsqu’une personne veut se rendre chez les réfugiés congolais pour trouver un endroit où faire ses besoins, cela devient très difficile car la plupart des passages sont bloqués », déplore un autre réfugié.

Les réfugiés burundais lancent un appel aux organisations de défense des droits humains ainsi qu’à toute institution susceptible d’intervenir en leur faveur afin qu’ils puissent bénéficier pleinement des droits reconnus aux réfugiés.

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