Rations bloquées : la vie intenable des réfugiés burundais dans les camps tanzaniens
Par: Generose Niyonkuru
Plusieurs habitations incendiées, des centaines de familles privées de vivres, et des menaces croissantes : les réfugiés burundais vivant dans les camps de Tanzanie dénoncent une vague de persécutions visant à les forcer à rentrer au Burundi.
La situation des réfugiés burundais en Tanzanie s’aggrave de jour en jour. Ces dernières semaines, des violences répétées et des privations délibérées se multiplient dans plusieurs camps, notamment à Nduta et Nyarugusu. Le climat d’insécurité et de peur touche désormais l’ensemble des réfugiés, qui affirment ne plus savoir vers qui se tourner.
Mardi, au camp de Nduta, des habitations de fortune ont été incendiées dans trois zones distinctes. Selon des témoignages concordants recueillis sur place, ces incendies ont été déclenchés par des membres de groupes appelés Banamugambo et Basusungu, avec la complicité présumée de certains policiers tanzaniens.
« Le feu est encore allumé. Ils ont tout brûlé dans plusieurs zones. Nous ne savons plus où fuir », confie un réfugié joint par téléphone, décrivant une scène de panique et de destruction.
Dans le camp voisin de Nyarugusu, la pression se fait sentir d’une autre manière. Plus de 600 familles réfugiées n’ont pas reçu leurs rations alimentaires cette semaine. D’après plusieurs sources, leurs cartes de distribution ont été bloquées par les responsables du camp.
« Ils nous ont dit que la seule condition pour être servis est de s’enregistrer pour le retour volontaire au Burundi », témoigne une mère de famille. « Nos cartes contiennent l’argent de la ration, mais le système est sous leur contrôle. »
Cette situation, déjà tendue, s’est aggravée depuis la suspension de la plupart des activités humanitaires menées par les organisations non gouvernementales. Sans soutien et livrés à eux-mêmes, les réfugiés redoutent désormais que ces pressions ne deviennent une stratégie pour les contraindre au rapatriement forcé.
Au total, des milliers de réfugiés burundais regroupés dans les camps de Tanzanie vivent aujourd’hui dans la peur d’une expulsion déguisée. « On s’attend à ce qu’ils achèvent tout », a déclaré l’un d’eux, exprimant la détresse d’une communauté qui voit s’effondrer les derniers refuges censés assurer sa sécurité.

