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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Douze ans après le meurtre des trois sœurs de Kamenge, l’enquête relancée en Italie.

Par: Rédaction

Douze ans jour pour jour après le meurtre des sœurs Olga Raschietti, Lucia Pulici et Bernardette Boggian à la paroisse Guido Maria Conforti de Kamenge, la justice italienne intensifie ses investigations. Quelques mois après l’arrestation d’un Burundais présumé complice, le parquet de Parme recueille de nouveaux témoignages et preuves.

Ce 7 septembre 2026 marque exactement douze ans depuis l’assassinat de trois religieuses italiennes à Kamenge, dans la paroisse Guido Maria Conforti. Olga Raschietti, 83 ans, Lucia Pulici, 75 ans, et Bernardette Boggian, 79 ans, ont été tuées les 7 et 8 septembre 2014, dans un crime qui n’a, à ce jour, toujours pas été jugé au Burundi.

L’enquête connaît cependant un nouveau souffle du côté de l’Italie. Guillaume Harushimana, un Burundais résidant à Parme depuis plusieurs années, est détenu par la justice italienne depuis février 2026. Il est poursuivi pour sa complicité présumée dans la logistique utilisée lors du triple assassinat.

Harushimana avait déjà été cité par les exécutants des crimes dans des témoignages fournis à la RPA peu après les faits. Il était présenté comme l’un des participants aux réunions de préparation des meurtres.

L’un des membres impliqués dans l’assassinat des trois sœurs religieuses, Juvent Nduwimana, qui travaillait pour les services de renseignement burundais, affirme que les réunions préparatoires à ce crime réunissaient des membres des forces de sécurité. Selon lui, ce sont ces derniers qui leur ont fourni tout le nécessaire pour permettre la mission.

Juvent Nduwimana était un agent des services de renseignement. Par la suite, le gouvernement burundais l’a retiré de sa mission de travail en Somalie et l’a fait incarcérer à la prison centrale de Mpimba. Plus tard, ils l’ont sorti de prison pour aller le tuer.

Dans son témoignage, Juvent Nduwimana raconte que les appels ont commencé le 1er septembre, le mois où le crime s’est produit. Ils les ont appelés et ils sont partis. La première fois, ils se sont rencontrés à un endroit où Kazungu construisait une maison, derrière Socarti. Ils étaient trois : Kazungu, Mwarabu et Juvent Nduwimana.

Kazungu leur a dit : « Dans les prochaines heures, nous allons avoir besoin de vous, à Iwabo w’Abasigaye. » C’était le 6. Ce jour-là, cela n’a pas pu se faire. Juvent Nduwimana dit avoir alors demandé à Mwarabu : « Mais pourquoi ne sont-ils pas venus ? »

Mwarabu lui a répondu que Kazungu avait des problèmes avec ce qui se passait au Congo. Les sœurs religieuses avaient un autre centre au Congo.

Ils ont ensuite été appelés et se sont réunis, chez le Général, à Iwabo w’Abasigaye. Selon Juvent Nduwimana, il y avait  Guillaume, ainsi que le policier Ayubu et le Général. Le Blanc Claudio était également présent, puis il est parti.

Ils les ont vus discuter pendant un moment. Ils les ont attendus, lui-même, Innocent, Mwarabu et deux autres personnes dont il ignore le nom.

Après leur discussion, Kazungu les a appelés avec Guillaume et ils leur ont dit : « La mission est de tuer ces religieuses. Organisez-vous, nous allons vous expliquer comment cela va se passer. »

Ils sont ensuite partis s’asseoir quelque part et ont mis des vêtements de police. Ils étaient dans un Hilux blanc. C’est l’AT d’Ayubu qui gardait l’arme. Ils ont été déposés à un endroit situé derrière une clôture. Ils avaient des couteaux et des machettes.

Selon le récit de Juvent Nduwimana, l’une des sœurs était assise dans le salon. L’autre est sortie de la chambre. C’est à ce moment qu’elle a entendu sa collègue crier. Elle a également été tuée. Les exécutants ne savaient pas que cette autre religieuse était également là.

Douze ans après les faits, la justice italienne cherche désormais à approfondir ces différents éléments et à établir les responsabilités.

La justice italienne évoque notamment le rôle d’un complice ayant agi comme guetteur, ainsi que celui d’un ouvrier et d’une catéchiste. Ces deux derniers témoins, ainsi que leurs familles, ont été placés sous un programme de protection.

Quant au complice direct de l’assassinat, il a bénéficié d’une immunité en échange de son témoignage. Le parquet de Parme indique par ailleurs attendre l’arrivée de nouveaux témoins en provenance du Burundi dans les prochains jours.

La presse locale rapporte que l’Italie déplore vivement que le dossier n’ait pas été traité par la justice burundaise. Depuis septembre 2014, seul un jeune homme en situation de handicap mental, Christian Claude Butoyi, a été emprisonné dans cette affaire, sans jamais avoir été présenté à un juge.

Les trois sœurs xavériennes ont été assassinées « sur ordre de la haute direction du pays », ce qui explique la persistance de la délicatesse du dossier plus de dix ans après les faits.

« Ceux qui posent des questions dérangeantes sur le dossier sont toujours intimidés par la police présidentielle », peut-on lire dans un article du journal italien Corriere della Sera, qui cite un cas illustratif survenu en 2025.

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