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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Burundi : quatre ans de pénurie de carburant, entre files d’attente et vie chère

Par: Walter Kwizera

La pénurie de carburant qui frappe le Burundi depuis plusieurs années continue de perturber les déplacements et les activités économiques. Les files d’attente dans les stations-service, les difficultés d’accès aux transports et la hausse des prix affectent toujours le quotidien de nombreuses familles, malgré les assurances répétées des autorités sur la disponibilité du carburant.

La crise du carburant s’est progressivement installée dans le quotidien des Burundais depuis plus de quatre ans. Dans plusieurs régions du pays, se déplacer est devenu difficile, tandis que les personnes disposant de faibles revenus peinent davantage à faire face aux dépenses quotidiennes.

Depuis l’arrivée d’Évariste Ndayishimiye à la tête du pays en 2020, les difficultés d’approvisionnement en carburant se sont accentuées. Dans les arrêts de bus, les voyageurs doivent parfois attendre longtemps avant de trouver un moyen de transport. Les stations-service connaissent également de longues files de véhicules, dans l’espoir d’être approvisionnés.

À Bujumbura notamment, certains transporteurs ont adopté une pratique devenue courante : rester durant la nuit aux abords des stations-service pour tenter d’obtenir du carburant dès qu’une livraison est effectuée. Cette attente ne garantit toutefois pas l’approvisionnement. Certains repartent sans avoir pu se ravitailler, tandis que d’autres laissent leurs véhicules sur place.

Face aux difficultés d’accès au carburant dans les stations, un marché parallèle s’est également développé. Du carburant est vendu directement dans la rue, avec notamment une bouteille d’un demi-litre pouvant atteindre plus de 10 000 francs burundais. Ceux qui en ont besoin doivent alors recourir à ces circuits pour pouvoir s’approvisionner, alors que les stations-service peuvent rester sans carburant.

Cette situation a également contribué à l’augmentation du coût de la vie. La hausse des prix touche notamment les produits alimentaires de première nécessité ainsi que d’autres biens, rendant les conditions de vie encore plus difficiles pour de nombreuses familles.

Les conséquences se font également sentir dans les activités professionnelles. Des travailleurs du secteur du transport ont cessé leurs activités, tandis que certains commerçants ont perdu leur emploi. L’absence de carburant a aussi empêché des véhicules chargés de marchandises d’atteindre leur destination, affectant ainsi les activités commerciales.

Malgré cette situation, les autorités burundaises, et particulièrement le président Évariste Ndayishimiye, ont continué à affirmer que le carburant était disponible. Le chef de l’État a notamment orienté les citoyens vers des stations-service dans le cadre du dispositif de distribution mis en place par la SOPEBU.

Après six années au pouvoir, les déclarations du président sur la disponibilité du carburant contrastent toutefois avec le quotidien vécu par une partie de la population. Pour de nombreux Burundais, les difficultés rencontrées pour se déplacer, se ravitailler et assurer les besoins de leurs familles restent une réalité.

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