Cancer au Burundi : près de 6 000 décès chaque année, selon le CIRC
Par : Davy-Claude Mbananayo
Chaque année, environ 6 000 personnes meurent du cancer au Burundi, tandis que près de 7 000 nouveaux cas sont diagnostiqués. À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, célébrée ce 4 février, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) alerte sur une aggravation possible de la situation si des mesures urgentes ne sont pas prises.
Le nombre de cas de cancer au Burundi continue d’augmenter, selon les données du Centre international de recherche sur le cancer. Près de 7 000 nouveaux cas sont enregistrés chaque année, alors que la maladie entraîne environ 6 000 décès à l’échelle nationale.
Le Centre avertit que, sans mesures concrètes visant à renforcer la prévention, le dépistage et la prise en charge, la situation pourrait se détériorer davantage d’ici 2030. Cette évolution est favorisée par plusieurs facteurs, notamment le manque d’information et de sensibilisation de la population, le recours tardif aux structures de santé conduisant à des diagnostics à un stade avancé, ainsi que l’accès limité aux traitements spécialisés dans plusieurs régions du pays.
Une étude menée entre janvier 2021 et décembre 2023 révèle que le cancer touche principalement les personnes âgées de 25 à 64 ans, une tranche d’âge économiquement active. Cette réalité a de lourdes conséquences sociales et économiques, de nombreuses familles se retrouvant fragilisées par la perte de revenus et les coûts élevés liés aux soins médicaux.
Les données disponibles indiquent que, chez les femmes, les cancers les plus fréquents sont ceux du col de l’utérus et du sein, ainsi que les leucémies. Chez les hommes, le cancer de la prostate demeure le plus répandu, tandis que chez les enfants, les formes les plus couramment diagnostiquées sont le rétinoblastome et les cancers des os.
Malgré l’existence de certaines initiatives de prise en charge, le système de santé burundais reste insuffisamment équipé pour faire face à l’ampleur du problème. Le dépistage précoce demeure limité en raison du manque d’équipements spécialisés, de la pénurie de personnel médical formé en oncologie et du coût élevé des traitements, souvent inaccessibles pour une grande partie de la population.
À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, célébrée ce 4 février, le Centre international de recherche sur le cancer appelle les autorités burundaises à intensifier les efforts en matière de prévention, de dépistage et de prise en charge afin de freiner la progression de la maladie et d’en réduire l’impact humain et socio-économique.

