Gasekebuye : trois semaines sans eau potable dans la partie basse du quartier
Par: Clovis Niyonzima
Des robinets restent désespérément secs depuis trois semaines dans la partie basse de Gasekebuye, zone Musaga, en mairie de Bujumbura. Les habitants concernés dénoncent une différence de traitement avec le secteur de Gikoto, où l’eau serait disponible régulièrement. Ils soupçonnent des pratiques de corruption dans la gestion de l’ouverture des vannes.
Gasekebuye est constitué de deux parties séparées par la route. D’après les résidents, l’accès à l’eau n’est pas le même selon l’endroit où l’on habite. Dans la partie basse, plusieurs ménages affirment ne plus être approvisionnés depuis trois semaines, tandis que l’eau continue de couler dans le secteur de Gikoto.
Un habitant explique que les justifications avancées pour cette interruption ne convainquent pas les résidents. « À Gikoto, l’eau coule sans problème. Mais lorsqu’arrive notre tour, nos robinets restent secs. On nous parle tantôt de tuyaux endommagés, tantôt d’un niveau insuffisant dans les réservoirs. Pourtant, à Gikoto, l’eau n’est jamais interrompue. Leurs robinets fonctionnent normalement alors que nous sommes raccordés au même tuyau principal », témoigne-t-il.
Les fontainiers chargés de l’approvisionnement dans les quartiers attribuent ces coupures au faible volume d’eau disponible dans les réservoirs. Les habitants de la partie basse de Gasekebuye rejettent cette explication. Ils affirment que l’accès à l’eau dépendrait plutôt du paiement de sommes d’argent aux techniciens chargés de manipuler les vannes.
« Samedi dernier, le chef de quartier a convoqué une réunion. Nous avons exposé le problème pour la deuxième fois. Il nous a assuré qu’il allait contacter les agents de la Regideso pour qu’ils ouvrent les vannes et nous permettent d’avoir de l’eau pendant au moins deux jours consécutifs. Mais jusqu’à présent, rien n’a changé. Aujourd’hui devait être notre jour d’approvisionnement, mais on nous répète encore que le réservoir est vide », raconte un résident.
Selon lui, cette situation contraste avec celle observée à Gikoto. « Pendant ce temps, Gikoto dispose de l’eau en abondance. Pour nous, la raison est que nous ne donnons pas de pots-de-vin. Les techniciens ouvrent les vannes pour Gikoto parce qu’ils y reçoivent de l’argent », affirme-t-il.
Les habitants de la partie basse de Gasekebuye appellent les responsables de la Regideso à Musaga à intervenir afin que l’approvisionnement soit assuré de manière équitable dans les différentes parties du quartier.

