Welcome to RPA   Click to listen highlighted text! Welcome to RPA Powered By GSpeech

Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Jet présidentiel de Nkurunziza : un dossier sensible aux nombreuses zones d’ombre

Par: Inès Gakiza

Plus de 8 millions de dollars américains, provenant des fonds que le Burundi tire de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), ont été mobilisés en 2014 pour « l’achat » d’un avion présidentiel de type Gulfstream G IV. Mais des correspondances officielles révèlent un dossier loin d’être clair.

C’est au début de l’année 2014, en janvier, que le cabinet civil du président Pierre Nkurunziza a commencé à envoyer des correspondances au ministère de la Défense nationale. Dans ces lettres, le cabinet présidentiel demandait au ministre de la Défense d’autoriser un décaissement de fonds destinés à l’achat d’un avion présidentiel de type Gulfstream G IV.

Le ministère de la Défense a été sollicité à quatre reprises, la première fois en janvier 2014 et la dernière en août de la même année. Le montant total figurant dans les correspondances du chef du cabinet civil de l’époque, le général Alain Guillaume Bunyoni, s’élève à 8 450 000 dollars américains, prélevés sur le compte AMISOM. Le ministère devait autoriser le transfert de cet argent vers le compte du vendeur de l’avion, domicilié dans une banque du Texas, aux États-Unis.

C’est à ce niveau que commencent à apparaître les zones d’ombre dans ce dossier d’acquisition de l’avion présidentiel. Lors d’un transfert international, le code SWIFT de la banque destinataire est indispensable. Or, le code fourni n’a jamais été valide.

Se tromper peut arriver, mais plusieurs éléments laissent penser à un acte intentionnel. Dans toutes les lettres adressées au ministre de la Défense et à celui des Finances, le général Alain Guillaume Bunyoni a systématiquement utilisé le même code SWIFT erroné, différent du véritable code de la banque destinataire. Or, lorsqu’un code SWIFT est incorrect, les fonds ne peuvent pas être transférés et sont retournés à l’expéditeur.

Si le général Bunyoni s’était trompé dans sa première correspondance, il n’aurait pas répété la même erreur dans les suivantes. Il aurait été informé que les fonds n’avaient pas été envoyés et aurait corrigé l’information. Ainsi, les plus de 8 millions de dollars demandés par le cabinet du président Nkurunziza au ministère de la Défense comme prêt pourraient ne jamais être arrivés à destination.

Dans des entretiens accordés à la RPA, différentes autorités ayant servi dans les gouvernements Nkurunziza 2 et 3, c’est-à-dire durant la période d’achat et de livraison de l’avion, ont indiqué que tout le dossier d’acquisition avait été géré directement et uniquement par le cabinet présidentiel. Les autres autorités concernées étaient soit simplement sollicitées pour signer des documents, soit informées verbalement afin de pouvoir confirmer les faits en cas de révélation publique.

Deux ans après le dernier paiement, l’avion a finalement été livré au Burundi. Le Gulfstream G IV immatriculé 9U-BKB a atterri à l’aéroport de Bujumbura le 15 décembre 2016.

Après son arrivée, des informations ont circulé affirmant que l’avion n’avait pas été acheté par le Burundi, mais qu’il s’agissait d’un don. Le Maroc a été cité. Ce pays est d’ailleurs mentionné dans certaines lettres du général Alain Guillaume Bunyoni, qui indiquait que des « amis du Maroc » négociaient avec le propriétaire de l’avion et que ces derniers avaient même payé une partie des frais supplémentaires imposés au Burundi pour non-respect des délais d’achat.

Faire un don

Nos journaux parlés

Qui est en ligne?

Nous avons 315 invités et aucun membre en ligne

Click to listen highlighted text! Powered By GSpeech