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“La voix des sans voix”

Burundi : des observateurs estiment que le président Ndayishimiye cherche à se décharger de ses responsabilités

Par: Désiré Hatungimana

Le président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, est critiqué par certains observateurs qui estiment qu’il cherche, ces derniers jours, à se décharger des responsabilités que lui ont confiées les Burundais en les transférant à d’autres acteurs. Selon eux, ses récentes déclarations visant notamment l’Église catholique traduisent une volonté d’échapper à ses devoirs alors que le pays est confronté à de multiples difficultés socio-économiques.

Le président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a déclaré que les évêques de l’Église catholique devraient montrer ce qu’ils accomplissent au lieu de se contenter de critiquer, alors que les catholiques qu’ils dirigent représentent plus de 70 % de la population burundaise.

Pour certains observateurs, cette déclaration du chef de l’État est en contradiction avec les responsabilités qui lui incombent. Ils rappellent que la Constitution du Burundi, dans ses articles 96, 108, 109 et 110, stipule clairement que le président est le garant des affaires de l’État et qu’il doit rendre compte de la gestion du pays, qu’elle soit positive ou négative.

Or, soulignent-ils, le Burundi fait actuellement face à une pénurie aiguë de carburant, de denrées alimentaires, de devises et d’eau potable. De nombreux Burundais quittent également le pays en raison de la pauvreté et de la faim. Selon ces observateurs, il appartient au président et à son gouvernement de trouver des solutions à ces problèmes plutôt que d’en rejeter la responsabilité sur d’autres acteurs, dans le but de tromper l’opinion nationale à l’approche des élections.

Ils estiment que les véritables dirigeants exemplaires sont ceux qui assument leurs responsabilités, reconnaissent leurs réussites comme leurs échecs et informent la population de leurs actions. Un chef d’État, affirment-ils, doit être le premier à admettre que lorsque les citoyens sont confrontés à des difficultés, c’est lui qui en porte la responsabilité.

Dans ce contexte, ils considèrent que reprocher aux évêques de se contenter de critiquer revient à franchir une limite. Leur mission, consacrée à Dieu, est d’enseigner la parole divine et de soutenir l’État dans certains secteurs, mais sans se substituer à lui.

Au Burundi, poursuivent-ils, les religieux jouent un rôle majeur dans l’éducation et la santé, mais ils ne sont pas responsables de la gestion de l’État. Ils ne font qu’appuyer le gouvernement dans certains domaines. Chaque année, rappellent-ils, c’est l’État qui adopte le budget national et décide de l’utilisation de milliards de francs burundais. Dès lors, se demandent-ils, comment revenir demander à l’Église catholique pourquoi la population souffre de la faim ou du manque d’engrais alors qu’elle ne gère pas les finances publiques ?

Ces observateurs estiment enfin que le président devrait assumer pleinement ses responsabilités. Selon eux, lorsqu’il se présentera devant les électeurs, ceux-ci lui demanderont des comptes sur ses engagements. Il ne pourra pas répondre qu’il faut interroger les évêques ou les associations. Ils considèrent que cette manière de rejeter ses obligations sur autrui doit cesser et que le chef de l’État doit reconnaître ses devoirs. À défaut, préviennent-ils, ses collaborateurs directs ainsi que ses subordonnés pourraient adopter la même attitude, au risque de plonger le Burundi dans le chaos.

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