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Butanyerera : fonctionnaires et enseignants dénoncent des prélèvements forcés au profit du CNDD-FDD

Butanyerera : fonctionnaires et enseignants dénoncent des prélèvements forcés au profit du CNDD-FDD

Par: Clovis Niyonzima

À Kirundo et à Kiremba, dans la province de Butanyerera, des fonctionnaires et des enseignants dénoncent des retenues salariales imposées au profit du CNDD-FDD. Selon plusieurs témoignages, des formulaires d’engagement circulent dans les services publics et les écoles, tandis que les réfractaires redoutent des représailles administratives ou politiques. Les concernés demandent l’arrêt immédiat de ces collectes qu’ils jugent abusives.

Dans la province de Butanyerera, des fonctionnaires de la commune de Kirundo et des enseignants de Kiremba dénoncent des prélèvements financiers imposés au profit du CNDD-FDD, le parti au pouvoir. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, ces retenues sont présentées comme obligatoires, y compris pour les agents qui ne sont pas membres du parti.

À Kirundo, des formulaires d’engagement ont commencé à circuler début novembre dans les différents services publics. Ils sont distribués par la hiérarchie administrative et des cadres du CNDD-FDD. Les fonctionnaires affirment que ces documents les obligent à accepter des prélèvements automatiques sur leurs salaires.

« C’est une fiche qui a fait son apparition ce mois-ci et qui circule dans tous les services. Pour les membres du CNDD-FDD, c’est un ordre : ils occupent des postes attribués par le parti et doivent payer. Mais dans les faits, que l’on accepte ou non, tout le monde est contraint de cotiser. Refuser, c’est s’exposer à être fiché comme un opposant au pouvoir », déplore un fonctionnaire joint par nos sources.

À Kiremba, les enseignants dénoncent également des cotisations régulières par virement permanent au profit du CNDD-FDD. Un document a été distribué dès la fin du mois d’août dans les établissements relevant de la direction communale de l’enseignement (DCE), avec un démarrage prévu à la fin septembre.

Selon les mêmes sources, les enseignants qui refusent de se conformer sont confrontés à des pressions de la part de responsables administratifs locaux et de cadres du parti, qui se déplacent directement dans les écoles. Les agents non encartés craignent notamment d’être ciblés ou discriminés en cas de refus.

Les enseignants de Kiremba avaient proposé que les contributions, fixées à partir de 1 000 francs burundais, soient versées de la main à la main et sur la base du volontariat. Cette proposition a été rejetée par le parti, qui exige des prélèvements réguliers et garantis.

« Ils vous apportent une fiche que vous devez remplir vous-même. Nous ignorons la durée de cette mesure, et ces prélèvements indéterminés suscitent de graves inquiétudes », confie un enseignant sous couvert d’anonymat.

Les fonctionnaires et les enseignants concernés demandent aux autorités nationales de mettre fin à ces collectes, qu’ils qualifient d’abusives et de contraires au principe du volontariat. Ils estiment que l’administration publique ne devrait pas être utilisée pour contraindre les agents de l’État à financer un parti politique.

 

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