Musaga : des ONG exigent une enquête indépendante après l’explosion du dépôt d’armes
Par: Davy Claude Mbananayo
Après l’explosion meurtrière du dépôt de munitions dans le quartier Musaga, à Bujumbura, deux organisations de défense des droits humains, la Ligue Iteka et King Umurundi Freedom, réclament la mise en place d’une commission d’enquête indépendante. Elles appellent aussi à l’indemnisation des victimes et au renforcement de la sécurité autour des dépôts d’armes.
Les organisations de défense des droits humains burundaises sont revenues sur les événements tragiques survenus dans la nuit du 31 mars 2026, lorsqu’un dépôt de munitions a explosé dans un camp militaire du quartier Musaga, en mairie de Bujumbura. Elles ont d’abord exprimé leur solidarité envers les familles qui ont perdu des proches ou des biens lors de ce sinistre, qui a fait au moins 13 morts et plusieurs dizaines de blessés selon le bilan officiel de l’armée.
Dans une déclaration rendue publique le 2 avril 2026, la Ligue Iteka et King Umurundi Freedom, à travers leur programme « Umuseke », saluent la manière dont l’armée burundaise a géré la crise, notamment en informant la population pendant et après les explosions. Elles soulignent que les chiffres avancés par le porte-parole du ministère de la Défense sur les pertes humaines, les blessés et les dégâts matériels sont globalement conformes aux résultats de leurs propres enquêtes de terrain.
Cependant, ces organisations estiment que de nombreuses zones d’ombre subsistent. Elles demandent au gouvernement de publier des informations claires et détaillées sur les circonstances exactes de l’incendie et des explosions, ainsi qu’un message officiel de réconfort adressé à la population et à la communauté internationale. Elles plaident pour la création d’une commission d’experts indépendante chargée de faire toute la lumière sur les causes du sinistre et d’évaluer l’ampleur réelle des dégâts.
Sur le plan sécuritaire, la Ligue Iteka et King Umurundi Freedom recommandent l’identification et le ramassage systématique de toutes les munitions ou éclats dispersés à la suite des explosions, afin de prévenir tout danger pour les civils. Elles insistent également sur la nécessité de renforcer les mesures de sécurité autour des dépôts de munitions situés dans d’autres quartiers de Bujumbura ou dans d’autres villes du pays, pour éviter la répétition de telles tragédies.
Les deux organisations demandent en outre l’élaboration d’un plan de reconstruction et d’indemnisation en faveur des victimes de cette catastrophe du 31 mars. Elles appellent les partenaires du Burundi à appuyer le gouvernement, tant sur le plan technique que financier, pour la réhabilitation des infrastructures détruites et le renforcement des dispositifs de prévention. Aux habitants des quartiers touchés, elles recommandent enfin de signaler immédiatement aux forces de sécurité toute munition ou tout matériel militaire retrouvé dans leur environnement, afin de réduire les risques d’accidents.

