Welcome to RPA   Click to listen highlighted text! Welcome to RPA Powered By GSpeech

Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Burundi : la persistance de l’exploitation des enfants malgré les engagements internationaux

Par: Davy-Claude Mbananayo

En ce 16 avril, la communauté internationale commémore la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, une occasion de rappeler l’urgence de mettre fin à toutes les formes d’exploitation et de violences infligées aux mineurs, alors que la situation demeure préoccupante au Burundi.

Cette journée vise à sensibiliser l’opinion publique à la nécessité de mettre un terme à toutes les formes de violences et d’abus infligés aux enfants, notamment le travail forcé, la traite des mineurs ainsi que toute autre forme d’exploitation. Au Burundi, cette commémoration intervient dans un contexte marqué par la persistance de plusieurs cas d’exploitation d’enfants jugés préoccupants.

Selon différentes organisations œuvrant dans la protection de l’enfance, des enfants burundais sont encore astreints à des travaux inadaptés à leur âge. Certains sont acheminés clandestinement vers des pays voisins à des fins d’exploitation, tandis que d’autres sont contraints à la mendicité. Malgré les engagements du Burundi à respecter les conventions internationales et nationales relatives à la protection des enfants et à la lutte contre la traite et l’exploitation des mineurs, le défi reste important.

Au cours des années 2025-2026, une augmentation préoccupante des cas de traite transfrontalière d’enfants a été observée dans la région. De nombreux enfants sont envoyés vers des pays voisins sous de fausses promesses d’emploi, notamment en Tanzanie, au Kenya, en Afrique du Sud ou encore à Dubaï, où ils se retrouvent souvent en situation d’exploitation. Plus de 100 enfants ont été interceptés entre janvier et juillet 2025. Par ailleurs, plus de 6 000 élèves ont été portés disparus dans la province de Karusi au cours de l’année scolaire 2024-2025, selon l’UNICEF.

Une autre forme d’exploitation largement répandue concerne le travail domestique. Des enfants sont employés comme aides ménagers, parfois soumis à de longues heures de travail sans rémunération adéquate, voire sans rémunération du tout. Par ailleurs, une forte présence d’enfants contraints à la mendicité est signalée, y compris des enfants en situation de handicap, notamment dans les rues de Bujumbura. Les sommes recueillies, estimées entre 10 000 et 15 000 BIF par jour selon nos informations, sont souvent confisquées par les personnes qui les exploitent.

Selon l’UNICEF, environ 19 % des enfants au Burundi étaient encore engagés dans des activités inadaptées à leur âge en 2023. Les violences sexuelles à l’égard des filles demeurent également une réalité préoccupante.

La pauvreté extrême, la perte ou l’abandon parental, ainsi que la vulnérabilité socio-économique des familles figurent parmi les principales causes de ces formes persistantes d’exploitation. Les organisations de défense des droits de l’enfant appellent les autorités à renforcer l’application des lois existantes, à investir davantage dans l’éducation, à soutenir les familles vulnérables et à renforcer la collaboration entre l’État, la société civile et les partenaires internationaux afin de lutter efficacement contre l’exploitation des enfants.

 

Faire un don

Nos journaux parlés

Qui est en ligne?

Nous avons 1131 invités et aucun membre en ligne

Click to listen highlighted text! Powered By GSpeech