Nyarugusu : un réfugié burundais enlevé, sa famille reste sans nouvelles malgré des recherches auprès de la police
Par: Elvis Niyomwungere
Un réfugié burundais, Habonimana Etienne, a été enlevé dans la nuit de mardi 12 mai alors qu’il rentrait chez lui dans la zone 9E5 du camp de Nyarugusu, en Tanzanie. Sa famille et ses proches affirment qu’il a été embarqué de force par des agents de police sans mandat ni explication, tandis que les autorités nient l’avoir détenu.
Des voisins indiquent qu’un véhicule de police est arrivé sur les lieux et a emporté de force le réfugié. Ils affirment qu’il s’agit d’un véhicule habituellement utilisé par les forces de sécurité opérant dans le camp.
« Lorsqu’il rentrait, nous avons entendu un véhicule de police passer sur cette route. Ils sont arrivés chez lui, ils l’ont fait sortir de force puis l’ont embarqué avant de partir avec lui », raconte un voisin.
Selon ces témoins, Habonimana Etienne ne faisait l’objet d’aucun conflit ni dette connue. Ils estiment que son arrestation est liée à ses activités économiques, qui suscitent des jalousies au sein du camp. Ils affirment également avoir identifié certaines personnes parmi les voisins qui collaborent avec les forces de sécurité pour signaler les réfugiés actifs dans de petits commerces.
Un certain Niyomuremyi Richard est notamment cité par ces témoins comme ayant menacé la victime quelques jours avant son enlèvement. « Il disait qu’il allait lui régler son compte », affirment-ils.
La famille du réfugié dit avoir passé la matinée de ce mercredi 13 mai à le rechercher dans plusieurs postes de police du camp, sans succès. Les policiers interrogés par la famille ont nié détenir leur proche. « La famille a fait tout son possible en se rendant à la police, mais les policiers ont nié détenir cette personne. Ils ont dit qu’ils n’étaient au courant de rien », indique un proche.
Les membres de la famille et les voisins s’étonnent cependant de cette situation, affirmant qu’il n’existe qu’un seul accès pour les véhicules dans cette zone, contrôlé par les forces de sécurité. Ils disent ne pas comprendre comment un enlèvement a pu avoir lieu sans être enregistré.
Ils lancent un appel aux autorités et aux organisations de protection des réfugiés afin de retrouver Habonimana Etienne et d’établir les circonstances exactes de sa disparition, rappelant que des cas similaires ont déjà conduit à des disparitions ou des décès dans le passé.

