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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Jeux d’argent : fortes accusations de malversations et d’influence politique dans la gestion du secteur depuis 2023

Par: Walter Kwizera et Bob Rugurika

Les magouilles financières qui minent le secteur des jeux d’argent sont en partie liées à une influence politique, selon plusieurs sources proches du ministère du Commerce. D’après ces sources, le secrétaire général du parti CNDD-FDD, Révérien Ndikuriyo, a accru son contrôle sur ce secteur depuis 2023, en s’appuyant sur des responsables placés à des postes clés de gestion et de supervision.

Le secteur des jeux d’argent au Burundi reste largement méconnu du grand public. Son fonctionnement, ses mécanismes et surtout son poids réel dans l’économie nationale échappent à une grande partie de l’opinion. Pourtant, selon des sources crédibles au ministère du Commerce, depuis octobre 2023, ce secteur a connu une série de malversations économiques et de cas de corruption qui suscitent des inquiétudes croissantes. Tout est parti d’une mesure brutale et jusque-là peu expliquée : la fermeture simultanée de toutes les salles de jeux à travers le pays à la fin du mois d’octobre 2023.

Des centaines, voire des milliers de travailleurs se sont retrouvés du jour au lendemain sans emploi. À l’époque, la RPA avait alerté sur la détresse de ces familles. Derrière l’opacité officielle, une évidence s’imposait déjà : une décision influencée par des intérêts politiques.

Aujourd’hui, des sources proches du ministère du Commerce affirment que cette fermeture massive visait une réorganisation du secteur, orchestrée par des responsables influents, au premier rang desquels Révérien Ndikuriyo, secrétaire général du CNDD-FDD. Celui-ci a acquis la société Lydia Ludic, l’une des principales entreprises du domaine. Résultat : à l’exception des machines à sous, Lydia Ludic est aujourd’hui la seule société autorisée à exploiter des salles de jeux sur l’ensemble du territoire national.

L’influence du secrétaire général ne se limite pas à cette acquisition et à ce monopole. Selon un cadre de la Loterie nationale, Révérien Ndikuriyo a fait nommer deux de ses proches à des postes stratégiques de contrôle et de gestion du secteur. Fabrice Niragira, porte-parole de la Fondation PAX liée à Révérien Ndikuriyo, a été placé à la tête de la Loterie nationale du Burundi. Chris Nzobarinda, également proche du secrétaire général, dirige la société BN Partners, chargée de comptabiliser l’ensemble des sommes générées par le secteur des jeux d’argent. Cette entreprise perçoit environ 40 % des redevances, soit près de 2 milliards de francs burundais par mois.

Parallèlement, le consortium de sociétés de contrôle composé de N Soft et BN Partners soulève de nombreuses interrogations. Des sources au ministère du Commerce évoquent des lacunes importantes en matière de compétence et de transparence, estimant que des milliards de francs burundais échappent régulièrement au contrôle de l’État.

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