Nyanza-Lac : des enfants de rapatriés exclus de l’école après des années d’errance scolaire
Par: Digne Karondo
Rapatriés de Tanzanie depuis fin 2025, des parents installés dans la commune de Nyanza-Lac dénoncent l’impossibilité d’inscrire leurs enfants à l’école. Faute de places, de moyens pour acheter les uniformes et face à la stigmatisation, ces enfants risquent de replonger dans l’errance scolaire qu’ils avaient déjà connue dans les camps de Nduta et Nyarugusu.
Là où la radio RPA a pu passer dans la commune de Nyanza, il a été constaté que les rapatriés font face à plusieurs difficultés, notamment celle liée à la scolarisation de leurs enfants. En effet, certains enfants n’ont toujours pas pu être accueillis dans les écoles depuis leur retour au pays, raconte une source locale.
« Ici à Nyanza, la situation est très difficile et les problèmes sont nombreux. Dans toutes les écoles où nous nous rendons pour inscrire nos enfants, on nous répond qu’il n’y a plus de places et qu’il faut aller chercher ailleurs. Mais partout où nous allons, la réponse reste la même, aucune place disponible. Pourtant, lors de notre rapatriement, on nous avait assuré que nos enfants seraient accueillis dans les écoles une fois de retour au pays », témoigne un parent.
Selon toujours cette source, les parents se disent très inquiets pour l’avenir de leurs enfants qui restent sans étudier. Une autre préoccupation soulevée est que même les rares enfants qui parviennent à obtenir une place à l’école sont parfois victimes de discrimination.
« Nos enfants risquent de se retrouver livrés à eux-mêmes, certains vont finir dans la rue ou errer dans les centres urbains. Nous nous interrogeons sur leur avenir scolaire : si l’on nous dit que les écoles sont déjà pleines pour cette année, alors quand ils pourront enfin étudier ? En Tanzanie, nos enfants avaient déjà été contraints d’abandonner l’école lorsque les établissements ont été fermés et laissés sans occupation. Aujourd’hui, on risque de revivre la même situation au Burundi. Également, nous sommes rentrés au pays sans moyens suffisants, nous sommes incapables d’acheter les uniformes scolaires exigés. Lorsque certains enfants parviennent à obtenir une place à l’école, ils sont souvent stigmatisés, pointés du doigt et qualifiés de “Nyarugusu” ou de “Nduta”, des termes utilisés pour se moquer d’eux et les critiquer », poursuit un autre parent.
Après avoir partagé ces difficultés avec certains représentants d’organisations internationales qui suivent leur situation, ces parents lancent un appel à toute personne de bonne volonté afin de soutenir leurs enfants. Ils demandent également que les élèves qui ont réussi à être inscrits à l’école ne soient pas renvoyés simplement parce qu’ils n’ont pas d’uniforme scolaire.
« Nous avons également soulevé ces préoccupations auprès des représentants des Nations unies et d’autres organisations qui assurent le suivi de notre situation. Ils viennent régulièrement organiser des réunions avec nous, mais jusqu’à présent nous avons l’impression qu’aucune solution concrète n’a encore été trouvée », déplorent-ils.
Rappelons que ces Burundais qui s’étaient réfugiés en Tanzanie ont commencé à être rapatriés en grand nombre depuis la fin de l’année 2025, dans le cadre du plan de fermeture progressive des camps de Nduta et de Nyarugusu.

