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Exécutions extrajudiciaires : le Ministre Bunyoni tente d’innocenter les forces de sécurité…en vain

vendredi, 19 février 2016 13:26
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C’est très confiant que le Ministre de la sécurité publique a déclaré devant les députés qu’aucune personne arrêtée par les forces de l’ordre n’est portée disparue ou ne l’a jamais été depuis le début de la crise. Un message censé rassurer les députés acquis à majorité à la cause du pouvoir face aux accusations très nombreuses des exactions à l’actif de la police notamment. « Dans aucun cas personne n’a été portée disparue après arrestation par les forces de l’ordre » a déclaré Alain Guillaume Bunyoni. 
 
Au contraire, selon le Ministre de la sécurité publique, ces exactions sont commises par des groupes armés qui cherchent à ternir le gouvernement : « il y a des membres des groupes armés qui portent les mêmes tenues que les forces de l’ordre. Ils arrêtent des gens à l’insu des forces de sécurité et les témoins, ne sachant pas les distinguer, accusent les forces de l’ordre » a-t-il déclaré.
 
Alain Guillaume Bunyoni cite la reddition très médiatisée ce mardi d’une dizaine de jeunes affirmant quitter des groupes terroristes pour blanchir ses forces de sécurité : « justice a été faite avec ces redditions. Ils ont affirmé qu’ils ont suivi des entraînements pour kidnapper des gens la nuit, les tuer et ensuite jeter leurs corps dans les rues pour faire accuser le gouvernement. Donc, les forces de sécurité, le gouvernement ainsi que l’administration sont blanchis » a martelé le Ministre de la sécurité publique.
 
 
De nombreux cas d’exécutions sommaires disent le contraire !
 
 
L’une des rares voix discordante à la chambre basse du Parlement ce jeudi est celle du député Agathon Rwasa. Celui qui se réclame leader des FNL a dépend au Ministre Bunyoni les exécutions de nombreux des militants du FNL : « nous avons un cas d’un militant arrêté à Ngozi alors qu’il rentrait du marché. Jusqu’à l’heure actuelle, nous n’avons aucune trace de lui alors qu’il a été arrêté en pleine journée. Au mois de novembre dernier, 4 de nos militants ont été enlevés de leurs véhicules à Bugarama. Les agents les ont transportés dans un autre véhicule jusqu’au bar ‘’Iwabo w’abantu’’. Mais pour eux aussi, nous n’avons aucune trace » a déclaré Rwasa.
 
En plus de ces militants FNL rapportés par Rwasa, des centaines d’autres personnes à majorité des civils ont soit déjà été exécutés et leurs corps retrouvés, soit exécutés mais sans que leurs corps ne soient découverts ou encore restent portés disparus depuis leur arrestation par les forces de sécurité du gouvernement. 
 
L’exemple le plus récent est celui d’un jeune étudiant du nom de Fabrice Nkurunziza arrêté ce mercredi alors qu’il se rendait chez lui dans la province Muramvya. Son arrestation a eu lieu à la Gare du nord à Kamenge après une attaque à la grenade non loin de la gare du côté du quartier 6 de la zone Ngagara. Son corps a été retrouvé à la morgue de l’hôpital Roi Khaled ce jeudi matin. Il en va de même pour le prénommé Innocent, un militant du MSD arrêté par la police mais aucune trace de lui dans les cachots ; des sources affirment qu’il aurait déjà été exécuté.
 
Le 7 février 2016, plusieurs jeunes avaient été arrêtés au quartier Rusuguti de la ville de Ngozi par des agents du service national des renseignements. L’un d’eux, Lionel Nishemezwe, élève de 10ème année, a été tabassé à mort par ces agents qui ont ensuite déposé son corps à la morgue de Kayanza avant de tenter de camoufler les réelles causes de son décès. 
 
Le 4 février 2016, 4 personnes arrêtées à Mutakura par le Lieutenant-Colonel Darius Ikurakure sont toujours portées disparues. A Musaga, parmi la vingtaine de jeunes arrêtés le 28 janvier 2016 dont Christophe Nyamushibuka, la majorité sont également portés disparus. Quatre jours auparavant, toujours à Musaga, 4 autres jeunes hommes arrêtés dans les mêmes circonstances sont également sans trace dans les cachots officiels. 
Ces cas d’arrestations, qualifiées de disparitions forcées, concernent aussi des militaires. L’un d’eux, Alexis Manirakiza surnommé ‘’Kabila’’, a été arrêté le 24 janvier 2016 par le Lieutenant-Colonel Darius Ikurakure mais il est toujours introuvable. 
 
Le 19 janvier 2016, les corps de Damien Bigirimana, Emmanuel Ndayishimiye ainsi qu’un troisième homme ont été retrouvés à Kivoga exécutés alors qu’ils avaient été arrêtés deux jours auparavant par la police à Kanyosha. Le même jour de l’arrestation de ces trois hommes, d’autres jeunes dont le nombre n’a jamais pu être déterminé avaient été arrêtés par le Lieutenant-Colonel Darius Ikurakure ainsi que l’officier de police Guillaume Magorwa dans la zone de Nyakabiga. Le 13 janvier 2016, c’est un autre militant du MSD nommé Bernard Baranjoreje qui a été arrêté par la police mais qui n’a pas été retrouvé par ses proches.
 
Un cameraman privé du nom d’Alfred Bamburiye a été arrêté par des policiers à Nyakabiga dans la soirée du 10 janvier 2016, son corps sera retrouvé criblé de balles le lendemain. Dans la longue liste des jeunes fauchés par des agents des forces de sécurité se trouve encore Pascal Trésor Nshimirimana surnommé ‘’Lisuba’’, arrêté à Musaga le 3 janvier 2016 par le chauffeur du redoutable Général Gervais Ndirakobuca ‘’Ndakugarika’’ qui finalement l’a abattu d’une balle dans le dos. 
 
En remontant au mois de décembre 2015, d’autres personnes ont été exécutées alors qu’elles se trouvaient déjà entre les mains de la police. C’est le cas du nommé Nsengiyumva et d’Ernest arrêté par la police mais exécuté à Gikoto dans la zone Musaga le 29 décembre 2015. Ce même jour, la militante du Frodebu Christa Bénigne Irakoze a été arrêtée sans ménagements par le Lieutenant-Colonel Darius Ikurakure à Mutimbuzi. Cette responsable politique au niveau de la province de Bujumbura n’a jamais été retrouvée mais des sources confirment son exécution, de même que celle du Capitaine Eddy Claude Ndayisaba qui a été torturé en même temps que la militante d’opposition. Il en va de même pour Pascal Ndimurukundo militant du parti MSD ainsi que Charles Mutoniwabo surnommé ‘’Majeur’’ arrêté le 22 décembre par l’officier Kazungu du service national des renseignements. Après leur exécution, les corps des 2 hommes auraient été jetés dans la rivière Ruvubu.
 
D’autres cas d’exécutions datent du 11 et 12 décembre 2015 après les attaques des camps militaires de la ville de Bujumbura. Plusieurs centaines de personnes ont été sommairement abattues par les forces de l’ordre, selon de nombreux témoins. Des images d’hommes aux bras ligotés dans le dos et abattus d’une balle dans la tête ou au dos ont fait le tour du monde ce jour-là. Des exécutions par ailleurs confirmées par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU qui évoque aussi l’existence d’une dizaine de fosses communes où plusieurs des victimes de ces exécutions ont été entassées.
 
La liste des exactions des agents des forces de sécurité, qui dépendent en grande partie de la police nationale et donc du Ministre de la sécurité publique Alain Guillaume Bunyoni ne saurait s’en arrêter là car de nombreuses familles n’ont jamais pu exprimer leur douleur de la perte d’un des leurs de peur de la répression.  
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