Burundi : plus de 13 000 détenus pour une capacité carcérale de 4 294 places, selon la Ligue Iteka
Par: Nadège Irakoze
La population carcérale au Burundi a fortement augmenté en l'espace d'une année, selon un rapport publié le 1er juillet par la Ligue burundaise des droits de l'homme Iteka. Couvrant la période de juin 2025 à fin mai 2026, ce rapport fait état de plus de 13 000 détenus dans des prisons conçues pour accueillir un peu plus de 4 000 personnes et appelle les autorités compétentes à agir face à cette surpopulation.
D'après ce rapport, le nombre de détenus, y compris les nourrissons vivant en prison avec leurs mères, est passé de 11 437 en juin 2025 à 13 063 à la fin du mois de mai 2026 dans les 13 prisons du pays. Pourtant, ces établissements pénitentiaires ne disposent que d'une capacité d'accueil de 4 294 détenus. Le taux moyen d'occupation des prisons est ainsi passé de 264,74 % à 302,28 %.
Le rapport indique également qu'au 30 mai 2026, les prisons burundaises comptaient 1 045 femmes détenues, 166 mineurs détenus et 83 nourrissons vivant avec leurs mères.
La Ligue Iteka se dit préoccupée par cette surpopulation carcérale. Elle souligne que, parmi les 13 063 détenus recensés, 6 093 sont des prévenus en attente d'un jugement définitif.
L'organisation recommande notamment à la Commission nationale indépendante des droits de l'homme au Burundi (CNIDH) de sortir de son inaction en dénonçant la surpopulation carcérale. Elle l'appelle également à effectuer des visites régulières dans tous les cachots et toutes les prisons, conformément à la loi portant création de cette commission, afin de recueillir des informations sur les actes de torture qui s'y déroulent et de formuler au gouvernement des recommandations visant à mettre fin à ces crimes contre l'humanité et à réduire la surpopulation carcérale.

