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Jeux d’argent au Burundi : Révérien Ndikuriyo et l’énigme Lydia Ludic

Jeux d’argent au Burundi : Révérien Ndikuriyo et l’énigme Lydia Ludic

Par: Walter Kwizera

Il s'agit d'une prédation financière dans le secteur des sociétés de jeux d'argent. Le secrétaire Général du parti CNDD-FDD, Reverien Ndikuriyo a, non seulement imposé les principaux responsables dans le secteur, mais sa société Lydia Ludic contourne le système de paiement, pourtant en vigueur pour toutes les 7 autres sociétés. Plusieurs milliards de fbu, du coup, atterrissent frauduleusement dans les caisses privées de l'actuel Président du parti au pouvoir.

Le secteur des jeux d’argent au Burundi attire des sommes considérables. Selon des informations recueillies, neuf sociétés y exercent actuellement leurs activités, parmi lesquelles Advanced Group (1xbet), King’s, Rahisbet, Bubet, 1Tbet, Infinity Bet, Mega Lotto, Melbet et Lydia Ludic. Dans ce dispositif, huit sociétés s’acquittent chaque mois de redevances estimées à environ 4 milliards de francs burundais.

Ces paiements sont effectués sous le contrôle de deux sociétés de gestion et de supervision, N Soft et BN Partners. Mais Lydia Ludic semble faire exception. D’après plusieurs sources, cette entreprise ne paie aucune redevance et n’est soumise à aucun mécanisme de contrôle comparable à celui appliqué aux autres sociétés du secteur.

Cette situation soulève une question simple, mais lourde de sens : pourquoi Lydia Ludic échappe-t-elle au contrôle alors que toutes les autres sociétés y sont soumises ? Pour une source proche du ministère du Commerce, la réponse se trouve dans un cercle restreint, entre le directeur général de la Loterie nationale, Fabrice Niragira, et son patron, Révérien Ndikuriyo.

« Il devient difficile, voire impossible, de connaître avec exactitude les montants générés par la société de Révérien Ndikuriyo », confie une source au ministère du Commerce, sous couvert d’anonymat. Cette opacité alimente les soupçons sur l’existence d’un système parallèle au détriment de l’État.

Le plus préoccupant, selon les mêmes informations, est que ni le conseil d’administration de la Loterie nationale, ni le ministère du Commerce, ni le ministère des Finances ne disposent de chiffres fiables sur les revenus réels de Lydia Ludic.

Pour notre source, cette situation met en lumière la vulnérabilité des institutions de l’État face à la puissance de certains acteurs politiques, en l’occurrence le patron du parti au pouvoir, Réverien Ndikuriyo. Bien que Lydia Ludic échappe à tout contrôle, les estimations, basées sur des sources concordantes, tournent autour de 2 milliards de FBU que Réverien Ndikuriyo cacherait chaque mois.

Pendant que les autres sociétés respectent, du moins en apparence, leurs obligations fiscales, la société du numéro un du CNDD-FDD bénéficie d’un régime d’exception qui défie toute logique.

 

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