Burundi : cinq partis politiques exigent un mécanisme indépendant de suivi des résolutions du dialogue politique sur le processus électoral
Par: Eloge-Divin Remesha
Cinq partis politiques burundais ayant suspendu leur participation aux préparatifs de l’élection présidentielle de 2027 réclament désormais la création d’une commission indépendante chargée du suivi de l’application des résolutions issues du dialogue entre acteurs politiques. Selon eux, un tel mécanisme est nécessaire pour prévenir les conflits électoraux et renforcer la confiance dans les institutions.
Dans un communiqué conjoint publié ce mardi, les partis UPRONA, FRODEBU, CODEBU, CDP et CNL affirment que les réponses apportées à leurs préoccupations lors de leur rencontre avec le président de la République, le 15 mai 2026, n’ont pas été satisfaisantes. Ces partis avaient déjà annoncé, le 8 mai dernier, leur retrait des activités préparatoires de l’élection présidentielle de 2027, invoquant plusieurs irrégularités observées dans le processus électoral.
Qui plus est, ces partis estiment que plusieurs réformes restent indispensables pour garantir des élections transparentes et crédibles. Ils pointent du doigt notamment le code électoral qu’ils jugent imparfait, ainsi que certains instruments électoraux qui, selon eux, ne protègent pas suffisamment les électeurs.
Les partis UPRONA, FRODEBU, CODEBU, CDP et CNL critiquent également la composition actuelle de la Cour constitutionnelle, qu’ils considèrent comme déséquilibrée et non consensuelle. Une situation qui, selon ces partis, remet en cause sa neutralité dans les décisions électorales.
Dans leur communique, les cinq partis appellent à une restructuration de la Commission électorale nationale indépendante, CENI, et de ses démembrements afin qu’ils deviennent plus représentatifs et inclusifs.
Malgré ces critiques, les cinq partis affirment rester ouverts au dialogue. Ils disent vouloir poursuivre les échanges avec les différentes parties prenantes afin de parvenir à des solutions capables de consolider la démocratie, la cohésion nationale et la confiance des citoyens dans les institutions.
Enfin, les cinq partis regrettent qu’aucun communiqué final n’ait été publié à l’issue de la rencontre avec le chef de l’Etat. Selon eux, cette absence risque de compliquer la mise en œuvre des points ayant fait consensus. Ils plaident ainsi pour l’instauration d’un mécanisme clair de suivi des recommandations issues du dialogue politique.

