Afrique du Sud : des Burundais dénoncent un ultimatum de mort visant les étrangers
Par: Digne Karondo
Les Burundais vivant en Afrique du Sud lancent un cri d’alarme. Ils affirment vivre dans une peur permanente en raison d’une chasse menée contre les étrangers par des groupes xénophobes sud-africains. Selon des témoignages, un ultimatum leur a été lancé : tout étranger encore présent dans le pays après le 30 mai sera tué. Ils demandent à la communauté internationale ainsi qu’au HCR d’intervenir pour condamner les violences et protéger les ressortissants étrangers vivant dans ce pays.
Un Burundais résidant dans la province de KwaZulu-Natal indique que des groupes hostiles aux étrangers traquent régulièrement les migrants sur leurs lieux de travail, dans les boutiques ainsi que dans les salons de coiffure. Selon lui, des commerçants sont régulièrement volés, du matériel de travail emporté et plusieurs personnes battues puis chassées.
Il affirme que de nombreux étrangers ont déjà fui sans savoir où aller ni vers qui se tourner. Même l’accès aux soins est devenu difficile. D’après ce témoignage, des malades ainsi que des femmes enceintes sont rejetés dans certains hôpitaux au motif qu’ils sont étrangers.
Ce ressortissant burundais affirme également qu’un ultimatum a été lancé par ces groupes xénophobes exigeant que tous les étrangers quittent l’Afrique du Sud avant le 30 mai. Il explique que ces groupes menacent de tuer et de brûler toute personne étrangère qui resterait sur place après cette date, notamment en utilisant la pratique consistant à entourer les victimes de pneus avant d’y mettre le feu.
Selon lui, la peur s’est installée parmi les communautés étrangères vivant en Afrique du Sud. « Les nuits sont interminables et personne ne se sent en sécurité », témoigne-t-il.
Il raconte également que, dans la soirée du lundi 18 mai, plusieurs étrangers de différentes nationalités se sont rendus dans un commissariat afin de demander une protection face aux persécutions dont ils disent être victimes. Les autorités les ont conduits dans un endroit censé les accueillir, mais des citoyens sud-africains se sont opposés à leur installation.
Toujours selon ce témoignage, la police est ensuite intervenue en grand nombre et a dispersé la foule à l’aide de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Plusieurs personnes ont été blessées dans la panique, parmi lesquelles des femmes et des enfants.
Les Burundais vivant en Afrique du Sud demandent au HCR de sortir de son silence et de plaider en leur faveur. Ils appellent également la communauté internationale à intervenir afin que cessent les violences et les actes d’intimidation visant les étrangers vivant dans ce pays.

