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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Burundi : un bras de fer à plusieurs milliards secoue le secteur des jeux d’argent

Par: Walter Kwizera et Bob Rugurika

Le secteur des jeux d’argent au Burundi est au centre de graves accusations de fraude, de malversations économiques et de conflits financiers impliquant des sociétés opérant dans le pays, selon des informations recueillies auprès de sources et des documents cités.

Le système des sociétés de jeux d'argent est bâti sur la fraude et les malversations économiques au Burundi. Le Secrétaire général du parti CNDD-FDD, Révérien Ndikuriyo, est accusé de refuser tout contrôle pour sa société Lydia Ludic. Un membre du consortium de contrôle N SOFT a été radié par la chambre de commerce de France avant de s’installer au Burundi.

Actuellement, un bras de fer oppose la Loterie nationale et la société 1XBET autour d’une tricherie portant sur plus de 4 milliards de francs burundais, et cela loin du contrôle des services financiers de l’État.

Après avoir verrouillé le secteur des jeux d’argent, le Secrétaire général du CNDD-FDD, Révérien Ndikuriyo, a mis en place un système lui permettant de s’accaparer chaque mois des milliards de francs burundais générés par cette industrie. Selon des investigations, cette mainmise s’opère à travers un contrôle technique et financier étroitement tenu par ses proches.

D’abord, Révérien Ndikuriyo a placé à la tête de la Loterie nationale (LONA) Fabrice Niragira, présenté comme son porte-parole au sein de la fondation PAX. Il a ensuite installé Chris Nzobarinda comme acteur clé du dispositif. Ce dernier aurait conçu un consortium associant la société N Soft d’origine française et BN Partners, dont il est le directeur général.

Or, des informations vérifiées à Paris indiquent que l’actuelle N Soft n’existe plus en France, ayant été radiée en 2018 par la chambre de commerce française. La société a ensuite été relogée à Hong Kong avant de s’installer au Burundi après 2023. Malgré ce passé, ce consortium, en collaboration avec Fabrice Niragira, gère un système de contrôle qui facture mensuellement plus de 5 milliards de FBU aux sociétés de jeux d’argent opérant dans le pays, à l’exception de la société Lydia Ludic, détenue par Révérien Ndikuriyo, qui échappe à ces prélèvements.

Parallèlement à cette institutionnalisation de la fraude, certaines sociétés contestent ce qu’elles considèrent comme un double traitement illégal et tentent de contourner le système. C’est le cas de 1XBET. D’après des sources au ministère du Commerce, cette société a introduit l’application MobCash, qui masque les dépôts et retraits réels de ses clients.

Cette initiative a provoqué une réaction à la Loterie nationale et au sein du consortium contrôlé par les proches de Ndikuriyo. Dans une lettre datée du 17 juin 2026, la LONA accuse 1XBET de concurrence déloyale et d’autres manquements, et réclame le paiement immédiat de 4 milliards 141 millions de FBU. Un paiement que la société 1XBET refuse, estimant qu’il l’expose à une amende pour fraude pouvant atteindre 100 % du montant, soit plus de 400 milliards de FBU.

Selon une source au ministère du Commerce, toute cette bataille se déroule en dehors du contrôle du véritable régulateur fiscal, le ministère des Finances. Entre faiblesse institutionnelle et complicité active, la question reste posée dans une affaire qui, selon les mêmes sources, ressemblerait à une vaste prédation financière orchestrée depuis les plus hautes sphères de l’État.

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