Avion présidentiel burundais : identité effacée, appareil abandonné
Par: Inès Gakiza
Le jet présidentiel burundais ne porte plus aucun signe permettant de l’identifier comme propriété de l’État. Stationné sur l’un des aéroports de la ville de Madrid, l’appareil apparaît aujourd’hui abandonné et sans entretien et soulève des interrogations sur son état, sa gestion et son statut actuel.
À son arrivée au Burundi en 2016, le Gulfstream G-IV affichait clairement son appartenance nationale. Il portait le drapeau burundais, l’emblème de la République ainsi que son immatriculation 9U-BKB, le préfixe « 9U » étant réservé aux aéronefs enregistrés au Burundi.
En 2017, lorsque l’avion a quitté le Burundi et durant ses premières années à Madrid, l’avion arborait tous ces signes distinctifs. Mais aujourd’hui, la situation a changé. D’après des images consultées par la Radio Publique Africaine, ni le drapeau ni l’emblème de la République ne figurent encore sur l’appareil. Selon les dates des clichés disponibles, ces marquages ont été retirés depuis au moins cinq ans.
L’immatriculation elle-même, seul indice qui permettrait de l’identifier comme appareil enregistré dans le pays, est désormais dissimulée. Dans ces conditions, il devient difficile de confirmer que cet appareil appartient toujours au Burundi.
Des sources issues du milieu de la photographie aéronautique, habituées à travailler à l’aéroport de Cuatro Vientos, décrivent un appareil abandonné depuis de longue date : exposé en permanence aux intempéries et au soleil, sans protection pour ses moteurs ni ses capteurs externes.
À certaines périodes, le jet a même été recouvert de graffitis, comme en témoignent les images en possession de la RPA.

