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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Bujumbura : La pénurie du sucre persiste

Bujumbura : La pénurie du sucre persiste

Certaines localités de la capitale économique font face à un manque de sucre depuis plus plusieurs mois. Les  habitants  de ces localités de la mairie de Bujumbura s’inquiètent de la situation. Pourtant, les autorités  ne cessent d'affirmer  l'abondance de ce produit de première nécessité. 

La persistance de la carence du sucre en mairie de Bujumbura devient inquiétante pour les habitants de certains quartiers. Ces derniers  révèlent qu’ils viennent de passer  plus de 4 mois sans être approvisionnés en sucre et si jamais ça arrive, ils ne reçoivent que de petites quantités vendues en un lapse de temps. Les habitants la zone Bwiza de la commune Mukaza (centre de la ville de Bujumbura)  font savoir qu’ils tendent même à l’oublier.

‘’Ce qui est vraiment affligeant est que le gouvernement ne cesse d’affirmer que le sucre est abondant’’, déplore un habitant de la zone Bwiza qui ajoute qu’ils avaient  espoir que ce problème de sucre allait trouver une solution après la hausse du prix.

Même situation  dans les quartiers du nord de la ville de Bujumbura. Les habitants de la  zone Cibitoke en commune Ntahangwa eux  parlent de trois mois de carence de sucre. Et depuis la hausse du prix du sucre, la situation a empiré, indique un habitant de Cibitoke

 ‘’Comment  se fait-il que le gouvernement affirme que la production du sucre a été bonne  et que cette denrée  se raréfie de plus en plus du jour au lendemain. ‘’ S’interrogent  des habitants de la capitale économique qui demandent au gouvernement de résoudre définitivement ce problème de  pénurie du sucre qui se répète régulièrement depuis plusieurs années déjà.

Le prix du sucre a été revu à la hausse le 27 juillet 2023. Un kilo de sucre est passé de 2500 BIF à 3300 BIF, soit une augmentation de 800 BIF. Cette hausse avait été approuvée par le conseil des ministres du 7 juin 2023. La Société Sucrière de Moso (SOSUMO) disait travailler à perte.

Les commerçants du marché de Ruvumera grèvent contre les nouveaux tarifs des stands

Les commerçants du marché de Ruvumera grèvent contre les nouveaux tarifs des stands

Les commerçants du marché de Ruvumera situé dans la  zone Buyenzi  de la commune urbaine de Mukaza ont suspendu leurs activités depuis le matin de ce lundi. Ces commerçants protestent  contre les nouveaux prix  de locations des stands estimés exorbitants. 

Depuis le matin  de ce lundi 31 juillet 2023, les commerçants du marché de Ruvumera n’ont pas vaqué  à leurs activités. Les stands de ce marché étaient fermés.  Les commerçants ont voulu manifester  leurs inquiétudes suite à la mesure de la hausse des prix de loyers des stands de ce marché. Depuis la semaine passée, la mairie de Bujumbura   renouvelle les contrats signés avec  les commerçants ayant des stands dans des marchés publics. Ces nouveaux contrats  prévoient  que la collecte des loyers des stands  va être faite par l’Office Burundais des recettes, OBR. Des loyers initialement payés à la mairie. 

Certains commerçants de ce marché qui se sont confiés à la RPA ont indiqué que personne ne sera à mesure de  payer mensuellement ces montants.  Un stand qui était payé  cent dix mille francs burundais, sera payé six cent mille  francs burundais.  Le stand  jusque-là loué à quatorze  mille francs, va désormais être loué à quatre cent cinquante mille. 

De plus, ces commerçants déplorent que ces loyers aient été augmentés sans être  consultés.

 

Une nouvelle organisation des marchés publics pour éviter les fraudes.

Selon le ministre de  l’intérieur, de la sécurité publique et du développement communautaire, ils ont découvert que des autorités, des cadres du pays se sont attribués  des stands qu’ils louent à leur tour  à des commerçants et payent des miettes à l’Etat. D’où les nouveaux contrats qui, selon le ministre Martin Niteretse, ne seront  signés  qu’avec les commerçants.  Et chaque commerçant n’a plus droit qu’à un stand.

A propos des nouveaux prix des loyers, le ministre de l’intérieur  explique que la décision émane de l’administration  et non de l’OBR. Informé qu’elle n’a pas été bien accueillie  par les commerçants, il a demandé aux concernés de ré analyser leurs calculs et réduire là où il le faut.

 

19% de burundais sont en insécurité alimentaire aiguë, selon l’OCHA

19% de burundais sont en insécurité alimentaire aiguë, selon l’OCHA

 La forte augmentation des prix des denrées alimentaires observée depuis juin 2022, perturbe le plan de réponse humanitaire  2023 au Burundi pour avoir   limité l'accès à la nourriture. Ainsi le plan de réponse humanitaire révisé devra  prendre en charge plus de 500 mille personnes supplémentaires.

L'économie  burundaise est impactée par une inflation élevée a écrit  le bureau  la coordination des affaires humanitaires, OCHA  dans son rapport publié le 01 août 2023. Selon les données fournies par l’Institut National de la Statistique du Burundi, ISTEEBU,  continue OCHA  dans son rapport, le taux d’inflation générale était à 28,9 % au mois de mai 2023 contre 26,6% en décembre 2022. Pour les produits alimentaires et boissons non alcoolisés, le taux d’inflation s’élevait à 40,9% en mai 2023.

La forte augmentation des prix des denrées alimentaires observée depuis juin 2022 limite l'accès à la nourriture précise OCHA. Ainsi selon le rapport de cette organisation  onusienne, la population en phase IPC 3 (insécurité alimentaire aiguë élevée) et 4 (urgence) a doublé par rapport à la même période en 2022 .Elle est estimée à  2,3 millions soit 19% burundais en 2023  contre 1,2 million soit 10%  de la population burundaise  précédemment. Pour répondre efficacement à cette situation de dégradation de la situation  alimentaire des populations et ses conséquences, une révision du plan de réponse humanitaire 2023 du Burundi s’est avérée nécessaire.

La révision du plan de réponse humanitaire 2023, prévoit de soutenir 1,6 million de personnes impactées avec un budget révisé de $ 237,2 millions. Avant cette mise à jour, le plan de réponse humanitaire avait ciblé  1,1 million .Ce qui revient à dire que le nouveau plan ciblera  près de 500 mille de plus que le plan initial.

 

‘’Le Burundi ne manque pas de carburant, ses stocks en Tanzanie sont archipleins !’’

‘’Le Burundi ne manque pas de carburant, ses stocks en Tanzanie sont archipleins !’’

La pénurie du carburant au Burundi est devenue un cercle vicieux depuis quelques années. Une situation qui se dégrade du jour au lendemain, les échéances de rupture de stocks se rapprochent de plus en plus. Face à ce quotidien sans carburant, les autorités du pays  pointent du doigt les importateurs d’être à l’origine de la situation, une  explication qui ne convainc plus.

 

La première explication donnée à la situation dégradante de pénurie de l’or noir au Burundi a été la crise en Ukraine.  En s’exprimant sur la question, différentes autorités,  répondaient  toutes que la pénurie  est  due à la guerre ukraino-russe. Oui, la guerre a impacté le commerce du carburant partout au monde mais l’impact n’a pas été les ruptures de stocks comme au Burundi mais la hausse du prix à la pompe. Et cela de l’Amérique à l’Afrique en passant par l’Europe. Petit pays oui, mais il ne se trouve pas  sur sa propre  planète car ses voisins les plus proches, le Rwanda, la RDC, la Tanzanie, l’Ouganda ont tous connu cet impact mais jamais, jamais ils n’ont connu   une rupture de stocks tel  qu’au Burundi où des voitures peuvent passer 72 h alignées devant des stations-service dans l’attente du carburant.

Après la version de la guerre en Ukraine, une autre explication a été donnée. En date du 10 mai 2022, lors d'une conférence de presse, le président Evariste  Ndayishimiye a placé la raison  ailleurs. ‘’Le Burundi a augmenté sa consommation en carburant sans augmenter la production qui lui procurera les devises pour l’importation du carburant. Que les burundais comprennent alors et acceptent que le pays n’est plus à mesure d’importer le carburant satisfaisant tout le marché burundais. Jusqu’au jour où on aura augmenté les sources de devises,’’ a  dit le Président Evariste Ndayishimiye.

Quelques semaines après cette sortie médiatique, alors que le pays traversait une énième crise de carburant, le numéro un burundais promet à son peuple  de se charger lui-même de la question. A cette époque, il a donné  un délai d’un mois, ‘’la question sera résolue ‘’. Il a alors promis qu’au Burundi on entendra plus parler de problèmes de manque de carburant. Avec le mois d’août 2022, les burundais s’attendaient à voir les effets de cette solution miracle trouvée par le président Ndayishimiye.

La solution miracle non avouée a été finalement connue. L’importation du carburant a été officiellement confiée à la Régie de Production et de Distribution d’eau et d’électricité au Burundi, la REGIDESO. Plusieurs sociétés qui faisaient jusque-là ce travail, ont été petit à petit écartées. Elles ont été accusées  par Gitega de demander des devises soi-disant pour aller importer le carburant sans pour autant le faire,  d’ où le travail a été confié à  cette société étatique «  soucieuse de  l’intérêt public ».

A cette période, les stocks ont été réapprovisionnés mais le répit ne dura même pas deux mois. Les pompes des stations-services se retrouvèrent à sec de  nouveau. Depuis, la situation va en se dégradant. Les périodes d’approvisionnement deviennent moins nombreuses par rapport aux périodes de rupture de stocks.

Les anciennes sociétés  d’importations et de vente de carburant ayant été écartées, naitra une nouvelle société dénommée, PRESTIGE. Comme son nom l’indique  d’ailleurs, PRESTIGE attirera l’admiration des décideurs du pays qui lui accorda  de gros avantages, plus même que la société étatique REGIDESO. Cette société privée n’est pas au rang des autres écartées ! Parmi les actionnaires, figure la première dame Angéline Ndayishimiye, découvrirons-nous à la suite de nos enquêtes.

Sans parvenir au dénouement de la situation malgré les réformes opérées, une troisième explication est trouvée qui reste d’ailleurs toujours d’actualités, les deux premières ne sont plus évoquées par les dirigeants de Gitega.

‘’Les stocks du Burundi se trouvant en Tanzanie sont pleins à craquer. Des saboteurs juste refusent d’aller apporter le carburant.’’

Une explication donnée par le Président de la République qui qualifie les importateurs de carburant de saboteurs. ‘’Ils possèdent des camions mais refusent d’aller apporter ce carburant plein dans les stocks en Tanzanie. Et si ils l'apportent, ils le vendent à qui ils veulent.’’ A répondu le Président quand  on lui a posé cette question à l’occasion de ses 3 ans de pouvoir.

La même réponse a été répétée par sa porte-parole  Rosine Guilène Gatoni au cours de la conférence publique tenue par des porte-paroles des différentes institutions  jeudi 13 juillet 2023 en province Muramvya.

Dans l’entre temps, les conséquences de cette situation affectent tous les secteurs de la vie du pays. Du déplacement pour aller et rentrer du travail, le déplacement des enfants allant à l’école,  aux  patients se rendant dans des  structures  de santé, pour ne citer que cela…..

Comme la pénurie de carburant  a rendu  la circulation  même des produits difficiles dans le pays, les prix des denrées alimentaires et de différents autres services ne cessent de flamber !  Le petit burundais est acculé. 

Comment un pays peut passer des mois à ronchonner  contre  des particuliers ‘’saboteurs’’ comme le Président de la République et ses services les qualifient  au lieu de trouver une solution durable au problème? D’aucun serait tenté  de se demander  à qui profite  ce sabotage car si  on s’en tient aux explications du président Ndayishimiye, le problème est minime, et donc facile à résoudre.   Pour quelle raison ne voit-on pas alors un éclairci à  l’horizon ?

De plus, si ces stocks en Tanzanie  existent  véritablement, n’alimenteraient-ils pas  plutôt le marché noir ? Un marché  dont les stocks ne tarissent jamais alors que toutes les pompes  des stations-service sont presque tout le temps à sec dans tout le pays ? Le marché noir  prospère en effet  et le prix grimpe au rythme de la pénurie. Dans certains coins, une bouteille d’un litre et demi qui devait dépasser légèrement 5 mille, se vend à 25 mille.

Dans une vision d’un ‘’Burundi, pays  émergent en 2040 et  pays développé en 2060’’, les dirigeants du pays devraient se rappeler que sans carburant aucun développement ne peut être envisagé, donc Adieu  la vision Ndayishimiye !

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