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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Enième dérobade de Gitega sur la question du carburant qui perdure

Enième dérobade de Gitega sur la question du carburant qui perdure

Le gouvernement du Burundi minimise toujours la question de la pénurie du carburant qui constitue pourtant une épine dans l’économie du pays. Dans une déclaration faite par le ministère de l’énergie et des mines, cette carence serait due à de petits problèmes de routine  qu’ils ont vite fait de résoudre. Pourtant, la situation sur terrain montre le contraire.

La construction des stocks stratégiques du carburant est la seule réponse durable à la   pénurie répétitive du carburant au Burundi. ‘’ La seule solution pour résoudre une fois pour toutes ce problème de carburant est d’approvisionner nos entrepôts que nous sommes en train de construire à travers tout le pays pour qu’on ait au moins une réserve de 6 à 8 mois. Comme ça nous pourrons être à mesure de maintenir le cap pendant une période assez confortable.’’ A déclaré ce mardi  Léonidas Sindayigaya,   porte-parole du ministère ayant l’énergie et mines dans ses attributions dans une interview accordée à nos confrères de la Radio Bonesha FM. Ce cadre de l’Etat s’est également exprimé sur la raison derrière cette pénurie répétitive de l’or noir. ‘’Je dois vous dire tout d’abord que le secteur pétrolier a connu pas mal de problèmes. Dans un premier temps, certains importateurs qui ont bénéficié des allocations en devises pour procéder à l’importation du carburant ne l’ont pas fait, et ont importé autre chose à la place.’’

Le porte-parole du ministère d’énergie et mines d’ajouter que d’autre part les importateurs qui ramènent ce carburant de Dar-es-Salaam ne servent que leurs clients. Ici, il a souligné que ‘’les importateurs qui disposent de beaucoup de camions n’ont pas voulu ramener le carburant alors que le gouvernement a des stocks remplis de carburant en Tanzanie.’’

Dans cet entretien, Léonidas  Sindayigaya avait affirmé que  ce mardi même  le carburant serait distribué promettant que la situation va s’améliorer.

Il y a plusieurs mois,  le Président Evariste Ndayishimiye  lui, avait dit avoir tout pris en main, rassurant ses gouvernés que dorénavant la pénurie du carburant ne sera qu’un mauvais souvenir au Burundi.

 

Sur terrain, la situation est toujours chaotique

 

Au lendemain de la nouvelle de réapprovisionnement en carburant, toutes les stations-service ont été prises d’assaut ce mercredi matin.  A Bujumbura la capitale économique du pays, les gens en sont même venus aux mains, faisant même quelques blessés. ‘’ Nous sommes sur la ligne d’attente depuis 4 h du matin. On pensait être les premiers sur les lieux, mais à notre grande surprise, les rues étaient pleines à craquer tellement il y avait beaucoup de véhicules venus s’approvisionner. Au camp municipal, une personne s’est même fait cognée dessus jusqu’à perdre sa dent juste pour voir eu le malheur de garer sa voiture devant le portail dudit camp.’’ A révélé  un des conducteurs de taxi qui s’est confié à la RPA.

En province Ngozi, les pompes sont à sec depuis déjà 3 semaines et les conséquences liées à cette pénurie ont commencé à se manifester, surtout dans le secteur du transport en commun. ‘’ Ici en province Ngozi, une seule station-service a été approvisionnée hier en carburant vers 16 h. Il s’agit de  celle se trouvant sur la route de la localité de Mivo. Mais dans un laps de temps, il n’y avait aucune goutte d’essence. On est alors obligé d’en acheter au marché noir à raison de 10 000 francs la bouteille d’un litre et demi‘’, s’est plaint un habitant de cette province du Nord du pays qui a souligné qu’en conséquence, les transporteurs ont sensiblement revus à la hausse les prix. ‘’Par exemple du Centre-ville à Muremera ou Burengo, le prix est passé de 1 000 à 2 000 francs burundais. Le ticket du trajet vers Bujumbura  dépasse aujourd’hui 20 000 francs.’’

Cet habitant de Ngozi demande au gouvernement de trouver une solution dans les meilleurs délais au lieu de toujours se cacher derrière des échappatoires.

Un ancien ministre des finances rappelle la règle d’or de la gestion de la monnaie

Un ancien ministre des finances rappelle la règle d’or de la gestion de la monnaie

La carence de billets peut provoquer une grande perte de confiance dans le système monétaire ;  crainte  exprimée par un ancien ministre burundais des finances dans une analyse faite à la rédaction de la RPA. L’ancien gestionnaire du budget de l’Etat interpelle le gouvernement à faire attention dans ses politiques de gestion de la monnaie car elle ne se gère en aucun cas par le forcing.

La récente mesure de changements des gros billets du pays n’est en rien une mesure monétaire, critique un ancien ministre burundais des finances. En cas de changement de billets pour des fins monétaires, explique l’ancien ministre, le gouvernement donne un délai suffisant, au minimum 3 à 6 mois précise-t-il pour retirer progressivement du marché  les billets remplacés. Les billets différents fonctionnent en même temps durant cette période.

Pour cet ancien dignitaire, les 10 jours accordés ont bel et bien prouvés que la raison derrière cette mesure n’a rien à voir avec la monnaie. ‘’C’est évident que la mesure constitue par contre une sanction contre certaines personnes.’’ Une mesure monétaire ne peut causer de pertes  à la population comme la récente l’a fait.

Pour l’ancien gestionnaire du budget de l‘Etat, le gouvernement s’est montré pressé à lancer l’opération. L’insuffisance des billets qui se remarquent même aujourd’hui, le prouve à suffisance, souligne-t-il. Une situation qui peut accentuer la méfiance qui existait déjà dans la bancarisation.

Donner de l’argent pour rentrer avec un reçu,  ne pas pouvoir retirer son argent dans les différents établissements financiers peuvent pousser les burundais à garder du cash. Et malheureusement, la mesure aurait été contre-productive car à l’annonce de cette mesure de changement des billets de 5000 et 10 000, le gouverneur de la BRB avait expliqué qu’elle vise entre autres à lutter contre la thésaurisation.

Le moyen le plus efficace de lutter contre cette thésaurisation, conseille l’ancien ministre des finances, est la promotion des autres instruments de paiement comme le paiement électronique. Or regrette l’ancien ministre, les burundais favorisent beaucoup le cash que même les prix donnés par le Président de la République sont en cash. Ici, cette autorité rappelle le prix des ADG dernièrement accordé, la lauréate a reçu 20 000 000fbu cash.

Pour terminer son analyse, l’ancien ministre burundais des finances a appelé le gouvernement à plus de vigilance. La monnaie ne se gère point par le forcing, ce n’est que par la confiance. Aux dirigeants de  la banque centrale, l’ancien ministre leur fait un clin d’œil. Si la banque centrale se comporte comme le gouvernement en place, elle perdra toute la confiance des burundais et les effets seront catastrophiques.

Makamba : L’accès aux billets reste  difficile

Makamba : L’accès aux billets reste difficile

Dix jours après la levée de la mesure fixant les limites des retraits et dépôts d’argent dans les établissements financiers, en province Makamba  la situation ne s’est pas encore normalisée. Les retraits sont toujours limités. La population affirme que leur province manque de billets.

 

Les habitants de Makamba qui se sont entretenus avec  la RPA convergent tous sur un fait. Il n’y a pas assez de nouveaux billets  en  circulation. Selon certains ‘’ les institutions financières servent les clients l’argent  qui vient d’être déposé par d’autres clients.’’

Suite à cette situation d’insuffisance de billets, de longues files d’attente se remarquent devant  différents établissements financiers surtout les postes et Coopec. Les retraits sont  limités,  une personne n’est pas souvent autorisée  à dépasser 50 mille francs burundais, selon les sources  de la commune Mabanda. Au niveau des banques, la situation est la même. Ici, les clients sont autorisés à retirer  jusqu’à 200 mille.

En commune  kayogoro de la même province de Makamba, le plafond des retraits est fixé au jour le jour. ‘’Les décisions sur l’argent à donner sont informées aux clients, jour par jour, compte tenu des billets disponibles’’, explique un  habitant de la commune.

 

 Une situation intenable

Cette situation qui prévaut en province de Makamba rend difficile le quotidien des habitants de la province.  ‘’Il y en a qui manquent  de ration alimentaire alors que leur argent est bloqué à la banque.’’

Ce problème d’insuffisance de billets dans les établissements financiers  se répercute aussi sur différentes  activités  des habitants de Makamba.

Cette situation de Makamba n’est pas spécifique à cette province du sud du pays. Dans différentes provinces, la population grogne. Presque  deux semaines après la levée de la mesure limitant les retraits, elle n’accède toujours pas à son argent. Réagissant à ces grognes, le gouverneur de la banque centrale a, à la fin de la semaine dernière, demandé à ces établissements financiers de servir chaque client comme il le veut. Dieudonné Murengerantwari a laissé entendre que le blocage se trouve au niveau des banques, microfinances, postes et Coopec. Pourtant, les faits sur terrain montrent que le problème se trouve plutôt  du côté de la BRB, institution qui émet et distribue  les billets dans le pays.

Les capitales économique et politique frappées par une Nième crise de carburant

Les capitales économique et politique frappées par une Nième crise de carburant

Ni essence ni gasoil n’est disponible actuellement  dans  les deux  grandes villes du pays. Cette rupture de stock dure déjà  une semaine. Les conséquences se multiplient  du jour au lendemain.

 

A Bujumbura, la capitale économique, cette nouvelle pénurie de l’or noir dure au moins une semaine. Très peu de stations-service ont de l’essence ou du gasoil. Les stations-service sont apparemment approvisionnées une à une et au compte-gouttes. Des files de véhicules se remarquent devant certaines d’entre elles, le jour comme la nuit. 

‘’ Nous passons la nuit devant les stations-service, pour  ne pas perdre notre place. Si tu quittes la file, le lendemain tu te retrouveras loin derrière.’’ A expliqué un conducteur de véhicules.

Sur ces files, se remarquent différents types de véhicules à essence comme à gasoil.

La situation est la même à Gitega, la capitale politique. Sans carburant aussi depuis une semaine, des véhicules font la queue devant des stations-service.

‘’Nous venons attendre dans l’espoir d’être servis. En réalité, nous ne venons pas  avec certitude que la station-service dispose du carburant. Non, nous venons attendre. Nos véhicules restent ici la nuit ce qui nous fait dépenser beaucoup car nous devons payer les veilleurs qui gardent ces véhicules’’, nous a précisés un habitant de Gitega.  Tout comme la capitale économique, la capitale politique n’a également ni essence ni mazout.

 

Des conséquences sur la société dans son ensemble

En Mairie de Bujumbura, l’une des principales conséquences de cette pénurie du carburant est le manque de nourriture. Nourri grâce à la récolte des différentes provinces de l’intérieur du pays, Bujumbura est en ce moment difficilement approvisionné. Dans différents marchés, les quantités de  maïs, du  haricot et du riz  ont visiblement diminuées, selon nos sources de Bujumbura.

A Gitega, les conséquences se remarquent en premier sur les tarifs de transport.  ‘’ Par exemple actuellement le trajet  Bujumbura-Gitega se paie entre  20.000 et 30.000fbu. Même les déplacements ici au centre-ville ont doublé. Pour le moment, vous ne pouvez pas vous  déplacer pour 500fbu  ou  pour 1000fbu. Vous devez avoir au moins 1500 et 2000 fbu.’’ Témoigne un habitant de Gitega.

A Bujumbura comme à Gitega, les conducteurs des véhicules de transport sont doublement affectés. La période de pénurie du carburant, plusieurs se retrouvent au chômage. Subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles devient de plus en plus difficile actuellement que le coût de la vie ne cesse de grimper.  

Cette pénurie de carburant est signalée dans différentes autres provinces du pays. Une situation qui touche toute la population dans son quotidien.

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