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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

La détresse des réfugiés burundais vivant en RDC s’aggrave de plus en plus

La détresse des réfugiés burundais vivant en RDC s’aggrave de plus en plus

Par: Eloge Divin Remesha 

Les réfugiés burundais vivant dans les camps de Lusenda et de Mulongwe, à l’est de la République démocratique du Congo, font face à une grave pénurie de médicaments et de vivres. Une situation humanitaire alarmante qui a déjà coûté la vie à des réfugiés, selon des sources locales et des organisations de défense des droits des réfugiés.

Les réfugiés burundais installés en République démocratique du Congo traversent une crise humanitaire marquée par un manque criant de médicaments et de denrées alimentaires.

Dans le camp de Lusenda, cette pénurie touche particulièrement les médicaments contre le paludisme, une situation qui a commencé à se manifester dès le mois de novembre de l’année dernière avant de s’aggraver fortement en décembre, jusqu’à l’épuisement total des stocks.

Les conséquences sanitaires n’ont pas tardé à se faire ressentir. Des informations recueillies par la RPA sur place indiquent que six enfants sont déjà décédés à la suite de ce manque de médicaments. Une situation jugée dramatique par les réfugiés.

Outre la pénurie de médicaments, ces réfugiés burundais font également face à un manque sévère de nourriture. Selon des sources présentes dans les camps de Lusenda et de Mulongwe, une seule distribution de vivres a été effectuée en 2025 par le Programme alimentaire mondial (PAM), au mois de septembre. Depuis lors, aucune autre assistance alimentaire n’a été apportée à ces réfugiés.

Pour justifier cette interruption de l’aide humanitaire, les organisations concernées évoquent l’insécurité persistante dans l’est de la République démocratique du Congo, région où se trouvent ces camps. Un argument que rejette fermement l’organisation CDH-Vicar, engagée dans la défense des droits des réfugiés.

Selon son président, Léopold Sharangabo, les réfugiés burundais vivant à Lusenda et Mulongwe sont traités comme des personnes abandonnées. Il déplore l’absence d’implication des autorités compétentes, affirmant que ni le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ni le gouvernement congolais ne se soucient réellement de leur bien-être.

Léopold Sharangabo souligne également que, en plus du manque de nourriture et de médicaments, ces réfugiés sont confrontés à l’insécurité. Ceux qui sortent des camps sont souvent victimes de violences de la part de groupes armés, notamment les Wazalendo. Il juge regrettable que le HCR invoque cette insécurité pour justifier son inaction, rappelant que même dans d’autres pays en crise sécuritaire, les organisations humanitaires continuent d’assurer leurs missions.

Ainsi, le président du CDH-Vicar appelle le HCR, le gouvernement congolais et la communauté internationale à agir d’urgence afin de sauver ces réfugiés burundais qui peinent, depuis de longs mois, à survivre dans des conditions précaires.

Rusengo : le marché payant imposé aux réfugiés congolais par les Imbonerakure

Rusengo : le marché payant imposé aux réfugiés congolais par les Imbonerakure

Des membres des Imbonerakure de la zone Rusengo commune Ruyigi en province Buhumuza, exigent entre 5 000 et 10 000 FBu aux réfugiés congolais du camp de Busuma pour accéder au marché local. Tout refus entraîne une interdiction de passage aux barrières illégales installées sur les axes menant au marché de Rusengo.

Ces barrières ont été dressées par des jeunes Imbonerakure affiliés au CNDD-FDD sur les deux principales routes reliant le camp au marché local. Selon un habitant de la localité, ces contrôles ont lieu les jeudis et dimanches, jours de tenue du marché. La première barrière se trouve à Nganji, tandis que d’autres jalonnent l’ensemble des chemins d’accès. Pour pouvoir passer,  les femmes paient        5 000BIF  et les hommes 10 000BIF

Un témoin sur place dénonce ces pratiques de racket, qui se déroulent au vu et au su des autorités de la zone. « Le marché de Rusengo nous est pratiquement fermé. Ces jeunes Imbonerakure dépouillent les réfugiés congolais », déplore cette source, qui pointe un manque flagrant de réaction des responsables locaux.

Parmi les individus impliqués figurent un certain Duriduri, originaire d’Ibonongera, Mamba ainsi que Désiré, connu pour avoir participé à des combats en République démocratique du Congo. D’après les informations recueillies, ces cinq Imbonerakure auraient tous séjourné en RDC, où ils auraient soutenu les Forces armées de la RDC (FARDC) dans les affrontements contre le mouvement M23.

La rédaction de la RPA a tenté à plusieurs reprises de contacter le chef de la zone Rusengo, Patrice Irakoze, pour obtenir sa réaction face à ces accusations, mais nos tentatives sont restées sans réponse.

 Rapatriés de Tanzanie abandonnés : « On nous a menti sur l'accueil promis »

Rapatriés de Tanzanie abandonnés : « On nous a menti sur l'accueil promis »

Les rapatriés revenus de Tanzanie traversent une période de grande précarité depuis leur retour au pays. Ils affirment à peine pouvoir se nourrir et déplorent le coût de la vie exorbitant au Burundi par rapport à leur pays d'accueil. Ils exhortent les autorités à cesser d’appeler les réfugiés au rapatriement tant qu’aucun soutien tangible n’est prévu pour faciliter leur réinstallation.

Ces rapatriés récents se disent abandonnés, contrairement aux vagues précédentes qui bénéficiaient d’une assistance organisée. Ils critiquent le gouvernement qui multiplie les appels au retour sans que ni l’État ni ses partenaires  n’apportent d’aide effective. Selon leurs témoignages, seul le HCR intervient brièvement dans les centres de transit de Mabanda et Nyabitare, laissant les rapatriés livrés à eux-mêmes.

L’un d’entre eux exprime son amertume : « C’est attristant de constater qu’on nous a mentis. On nous a incités à rentrer avec des promesses d’aide à la réinstallation. Dans le passé, les rapatriés obtenaient de l’aide pour la réhabilitation de leurs maisons,  ce fut le cas pour ceux du camp de Mtabila. Aujourd’hui, après dix ans d’exil, rien n’est prévu. Le gouvernement prétend nous accueillir à bras ouverts, mais la réalité est cruelle. »

Ces rapatriés demandent aux autorités de prendre leurs responsabilités pour restaurer la confiance des Burundais encore réfugiés en Ouganda, au Rwanda, au Mozambique, au Malawi et ailleurs. « Traitez-nous comme des enfants du pays de retour au bercail et venez à notre aide », plaident-ils. Ils soulignent que le manque d’assistance pourrait décourager les autres réfugiés et les pousser, eux-mêmes, à envisager un nouvel exil.

Le coût de la vie aggrave leur désarroi : un produit acheté 500 shillings tanzaniens là-bas se vend désormais 2 000 FBu au Burundi. Cette situation intervient alors que la Tanzanie accentue la pression pour le rapatriement forcé de tous les réfugiés burundais.

Des rapatriés du camp de Nduta oubliés de l’aide alimentaire

Des rapatriés du camp de Nduta oubliés de l’aide alimentaire

Un mois après leur retour du camp de Nduta en Tanzanie, des rapatriés burundais lancent un cri d’alarme. Ils affirment n’avoir reçu aucune aide alimentaire malgré les promesses d’assistance faites avant leur départ.

Arrivés le 16 décembre 2025 au Burundi, ces rapatriés ont été accueillis à Nyabitare, dans la commune Gisuru, province Buhumuza et espéraient bénéficier, comme le prévoit le programme d’accueil, de rations alimentaires censées couvrir leurs besoins pendant les trois premiers mois de réinstallation. Mais à la place, il leur a été annoncé que les vivres n’étaient pas disponibles et qu’une aide financière équivalente leur serait attribuée. Un mois plus tard, rien n’a été versé.

Chaque rapatrié a seulement reçu un appui au développement évalué à 200 dollars américains soit environ 500 000 francs burundais  ainsi qu’une aide de 50 000 francs pour le transport jusqu’à sa famille. « Avant notre retour, il nous avait été clairement indiqué que nous bénéficierions d’une assistance alimentaire pour trois mois, le temps de reprendre nos activités », témoigne l’un d’eux, joint par la RPA.

Selon la même source, les responsables de leur accueil leur avaient promis une compensation financière de 145 000 francs burundais au lieu des vivres habituels. « On nous a demandé de patienter, nous assurant que l’argent serait transféré par téléphone. Mais jusqu’à présent, nous n’avons rien reçu », se désole un rapatrié.

Ces familles, plongées dans l’incertitude, demandent à l’État d’intervenir auprès des organisations humanitaires, notamment du Programme alimentaire mondial (PAM), afin qu’une solution soit trouvée. « Depuis notre arrivée, nous ne savons plus vers qui nous tourner. Nous avons décidé d’alerter la RPA pour que nos doléances soient entendues. La situation devient critique, nous risquons la famine », poursuit notre interlocuteur.

Contacté pour réagir à ces plaintes, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Burundi n’a pas donné suite à nos sollicitations.

 

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