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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Camp de Nyarugusu : une aide symbolique face à une crise sanitaire persistante

Camp de Nyarugusu : une aide symbolique face à une crise sanitaire persistante

Par: Generose Niyonkuru 

Malgré la distribution  de savon faite ce mercredi par l’association Tanganyika Christian Refugee Service, les réfugiés burundais du camp de Nyarugusu, en Tanzanie, continuent de vivre dans une précarité extrême. Les conditions d’hygiène y sont alarmantes, faute d’infrastructures et d’assistance humanitaire suffisante.


Une distribution de savon a eu lieu ce mercredi à l’intention des réfugiés burundais installés dans le camp de Nyarugusu, dans l’ouest de la Tanzanie. L’initiative émane d’une nouvelle organisation locale, Tanganyika Christian Refugee Service. Chaque réfugié a reçu deux morceaux de savon, un geste salué par les bénéficiaires mais jugé insuffisant face à l’ampleur des besoins.

Selon des témoignages recueillis sur place, cette distribution est intervenue après plus d’un an sans aucune dotation en kits d’hygiène. « Nous sommes reconnaissants pour cette aide, mais nos conditions de vie restent très difficiles. Nos maisons ont été détruites, nous dormons à même le sol, dans la boue et la poussière. Deux savons, ce n’est rien face à la saleté et au manque de latrines », confie un réfugié burundais rencontré sur le terrain.

Depuis la démolition de plusieurs abris et installations sanitaires dans le camp, les habitants dénoncent la prolifération des déchets et la présence massive de mouches, sources potentielles d’épidémies. « Nous craignons des maladies contagieuses, notamment liées au manque d’hygiène », ajoute un autre réfugié.

Les besoins sont particulièrement criants pour les femmes et les jeunes filles, privées depuis plus d’un an de kits d’hygiène féminine. « Avant, certaines ONG distribuaient régulièrement des pagnes et des serviettes hygiéniques. Aujourd’hui, plus aucune organisation ne travaille dans le camp à ce sujet », déplore une habitante.

Cette situation s’inscrit dans un climat tendu, marqué par la campagne annoncée par les autorités tanzaniennes visant le rapatriement forcé des réfugiés burundais. Plusieurs ONG, jadis actives à Nyarugusu, ont cessé leurs opérations, aggravant encore les conditions de vie des milliers de personnes qui dépendent de l’aide humanitaire.

 

Camp de Nduta : cinq réfugiés burundais enlevés dans un climat de violences nocturnes

Par : Générose Niyonkuru

Barrages à Murungurira: la circulation conditionnée par le versement de contributions  au CNDD-FDD

Barrages à Murungurira: la circulation conditionnée par le versement de contributions au CNDD-FDD

Par: Hervé Niyuhire

Dans la zone de Murungurira (commune de Kirundo, province Butanyerera), des habitants, surtout issus de partis d’opposition au CNDD-FDD au pouvoir, dénoncent des contributions financières obligatoires pour la construction de la permanence locale du parti, prélevées à des barrages érigés par des jeunes Imbonerakure. Toute personne majeure doit payer, sous peine d’être refoulée, une mesure qualifiée de harcèlement dans un contexte de grande précarité économique.

Ce dimanche matin, des jeunes affiliés aux Imbonerakure ont installé une barrière au centre de négoce de la colline Susa (Kwikona). Armés de gourdins et de carnets de quittances, ils contrôlaient les passants, exigeant un reçu de paiement ou un versement immédiat destiné au siège zonal du CNDD-FDD. « Aucune personne de la zone n’était autorisée à passer sans reçu. Les voyageurs qui n’en possédaient pas devaient rebrousser chemin », témoignent des habitants sur place.

La contribution est imposée à tous les adultes de 18 ans et plus : 2 000 FBu par ménage, 10 000 FBu pour les commerçants (selon l’activité), 10 000 FBu pour les associations locales, et 50 000 FBu pour les coopératives. « C’est une injustice et une intimidation : on nous force à payer alors que nous vivons dans la pauvreté », déplorent ces citoyens, particulièrement ceux de l’opposition.

Ils exigent l’arrêt immédiat de ces pratiques et insistent pour que toute contribution reste volontaire, sans contrainte. Contacté, le secrétaire zonal du CNDD-FDD, Clément Niyondemyi, a déclaré ne pas être informé et a invité les journalistes à son bureau. L’administrateur de la zone Murungurira n’a pas répondu aux appels de la RPA.

 

 Radio au Burundi : une voix essentielle sous pression

Radio au Burundi : une voix essentielle sous pression

Instaurée par l’UNESCO en 2011 et entérinée par l’Assemblée générale des Nations unies en 2012, la Journée mondiale de la radio met cette année à l’honneur le thème « Radio et intelligence artificielle ». Au Burundi, où les radios ont joué un rôle clé dans les processus de paix, acteurs des médias et personnalités politiques alertent cependant sur le recul de la liberté d’expression et la censure qui fragilisent ce secteur.

Au Burundi, la radio est largement reconnue comme un média central dans la vie publique, tant pour l’accès à l’information que pour la participation citoyenne. Des habitants de différentes localités soulignent son importance dans la société, tout en regrettant que les radios opérant à l’intérieur du pays ne disposent pas, selon eux, d’une véritable indépendance éditoriale.

Certains auditeurs estiment que seules les radios burundaises émettant depuis l’étranger offrent aujourd’hui une information jugée crédible, notamment sur les cas de torture, de disparitions forcées ou d’épidémies. Ils accusent les radios locales d’éviter de nombreux sujets sensibles liés à la vie nationale et de ne pas proposer une information libre et indépendante.

Des radios en exil et des journalistes sous pression

La crise politique déclenchée en 2015 a contraint des médias burundais, dont des radios, à s’exiler et à diffuser depuis l’étranger, une situation qui perdure depuis dix ans. L’ancienne directrice de la radio Isanganiro, Jeanine Nahigombeye, rappelle que les radios, qu’elles soient basées au Burundi ou en exil, jouent un rôle prépondérant dans l’information de la population et la défense de l’intérêt public.

Elle souligne toutefois les nombreux défis auxquels sont confrontés les journalistes : fortes pressions politiques, censure et autocensure, difficultés à traiter certains sujets sensibles et manque de moyens financiers. Elle cite notamment le cas de la journaliste Sandra Muhoza, emprisonnée, comme symbole de ces pressions. Malgré cela, elle salue le courage des professionnels qui continuent à travailler dans un contexte difficile, avec peu de ressources, mais en restant présents sur le terrain.

Selon elle, les médias en exil ont « pris le relais » sur plusieurs sujets que les journalistes restés au Burundi n’osent pas aborder pour des raisons de sécurité. Ces radios traitent des thèmes sensibles, donnent la parole à des acteurs politiques d’opposition privés d’espace d’expression dans le pays et permettent aux citoyens burundais de mieux comprendre ce qui se passe.

Agathon Rwasa : « La radio a déjà contribué à la paix »

Le politicien Agathon Rwasa rappelle que la radio avait joué un rôle capital pour mettre fin au conflit qui déchirait le Burundi après l’assassinat du président Melchior Ndadaye. À l’époque, explique-t-il, les radios étrangères comme la BBC, la DW ou RFI avaient permis aux opposants au régime de s’exprimer, facilitant ainsi la compréhension de leurs revendications et l’ouverture d’un dialogue.

Selon lui, la radio reste un outil « très important » dans la résolution des conflits, mais son rôle a fortement reculé. Il accuse les autorités actuelles d’avoir adopté une attitude visant à « faire taire tout le monde » et déplore un « recul sensible » des libertés fondamentales, en particulier la liberté d’expression. Les radios, affirme-t-il, pratiquent l’autocensure et ne donnent plus facilement la parole aux citoyens, ce qui handicape le pays et favorise la répétition des crises.

Agathon Rwasa lance un appel aux décideurs pour qu’ils se « ressaisissent » et reconnaissent que le Burundi appartient à tous les Burundais, et non aux seuls dirigeants. Il estime que des médias réellement libres, où chacun peut s’exprimer dans le cadre de la loi, aident les responsables politiques à prendre de meilleures décisions et permettraient aux citoyens de se sentir responsables de l’avenir de leur nation.

Un hommage officiel aux radios, mais des « zones d’ombre » reconnues

À l’occasion de cette Journée internationale de la radio, le ministre burundais de la Communication, Gabby Bugaga, a salué le travail des radios opérant à l’intérieur du pays. Il reconnaît toutefois l’existence de « zones d’ombres » dans le secteur et promet que ces défis seront relevés avant la fin de l’année.

Alors que le thème mondial met en avant l’articulation entre radio et intelligence artificielle, de nombreux acteurs burundais profitent de cette journée pour rappeler qu’au‑delà des innovations technologiques, la priorité reste la garantie d’une véritable liberté éditoriale, condition indispensable pour que la radio continue de jouer pleinement son rôle de service public et de vecteur de paix.

 

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