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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Burundi : explosion du nombre de détenus, la justice en accusation

Burundi : explosion du nombre de détenus, la justice en accusation

Par: Davy Claude Mbananayo

En 2025, la population carcérale du Burundi a bondi de 25%, selon le dernier rapport de l’Association burundaise pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH). Une situation que l’organisation attribue aux failles récurrentes du système judiciaire et à la lenteur des procédures.

Le nombre de personnes incarcérées dans les prisons du Burundi a connu une augmentation spectaculaire au cours de l’année 2025. D’après le rapport annuel de l’APRODH publié le 31 mars 2026, les établissements pénitentiaires du pays comptaient en décembre dernier 12 825 détenus, contre 10 213 en janvier de la même année. Une hausse de plus de 25% qui illustre une surpopulation devenue alarmante.

Alors que la capacité totale d’accueil des prisons burundaises ne dépasse pas 4 294 places, certains établissements hébergent aujourd’hui près de trois fois leur capacité. L’organisation de défense des droits humains tire la sonnette d’alarme quant à la dégradation rapide des conditions de détention et l’insalubrité qui en découle.

Selon l’APRODH, cette situation trouve ses causes dans plusieurs dysfonctionnements structurels : arrestations arbitraires, procédures judiciaires interminables, absence de suivi des dossiers, notamment ceux à caractère politique, ainsi que le maintien illégal en détention de personnes ayant déjà purgé leur peine. L’organisation regrette également le faible recours aux peines alternatives, comme les travaux d’intérêt général, pourtant prévus par la loi burundaise.

Des juristes et observateurs indépendants vont plus loin et estiment que cette crise carcérale traduit les failles profondes du système judiciaire. Certains dénoncent une justice instrumentalisée par le pouvoir, servant parfois de moyen de pression ou de répression contre les voix critiques et les opposants politiques.

En conclusion de son rapport, l’APRODH appelle les autorités à prendre des mesures urgentes pour désengorger les prisons et améliorer les conditions de vie des détenus. L’association déplore toutefois que ses recommandations soient rarement prises en compte, ce qui freine toute perspective de réforme durable du système pénitentiaire burundais.



Butanyerera face à une montée inquiétante des viols d’enfants

Butanyerera face à une montée inquiétante des viols d’enfants

Par: Emmanuel Ndayishimiye 

La province  Butanyerera fait face à une recrudescence des violences sexuelles contre les enfants. Trois nouveaux cas viennent d’être signalés dans les communes de Kayanza et Ngozi, portant à six le nombre d’agressions enregistrées depuis le début de l’année 2026.

Trois fillettes de la province de Butanyerera ont récemment été victimes de viols commis par des hommes, parmi lesquels figure un policier. Ces affaires s’inscrivent dans une série d’actes similaires qui inquiètent les organisations de défense des droits de l’enfant.

À Kayanza, une fillette de 5 ans et 4 mois, originaire de la colline Tubiri dans la zone Mparamirundi, a été violée il y a six jours par un homme connu sous le surnom de « Watika ». Les examens médicaux ont confirmé le viol. L’auteur présumé a été arrêté et placé en détention dans le cachot de la zone Mparamirundi.

Toujours à Kayanza, une autre victime, âgée de 17 ans et élève à l’école fondamentale Rorero, a subi le même sort. Le suspect, un policier, a été appréhendé en compagnie d’une femme nommée Miburo, accusée de tentative de dissimulation des faits. Tous deux se trouvent actuellement en détention à Mparamirundi.

Dans la commune de Ngozi, une enfant de 12 ans a porté plainte contre son beau-père, l’accusant de l’avoir violée à plusieurs reprises. D’après les défenseurs des droits de l’enfant qui suivent le dossier, l’auteur présumé demeure en liberté.

La FENADEB, fédération des organisations de la société civile engagée dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l'enfant au Burundi  confirme ces informations et dénonce une multiplication alarmante des cas de viols sur mineures dans la province. Elle exhorte la justice à sanctionner sévèrement les coupables conformément à la loi.

Depuis janvier 2026, six viols impliquant des enfants ont déjà été enregistrés dans la province de Butanyerera, une situation qui suscite une vive inquiétude au sein de la population et des acteurs de la société civile.

 

Tanzanie : les réfugiés burundais de Nduta dénoncent menaces et violences

Tanzanie : les réfugiés burundais de Nduta dénoncent menaces et violences

Par: Balthazar Miburo

Au camp de Nduta, dans le nord-ouest de la Tanzanie, des réfugiés burundais affirment subir pressions, intimidations et violences alors que les autorités multiplient les appels au retour « volontaire » au Burundi. Ils interpellent la communauté internationale face à ce qu’ils considèrent comme une remise en cause de leur sécurité et de leur droit à la protection.

Les réfugiés burundais installés au camp de Nduta, dans la région de Kigoma, disent vivre dans un climat de peur croissante. En cause, des propos jugés menaçants tenus par certains responsables tanzaniens et une série d’opérations musclées menées ces derniers jours dans le camp, selon plusieurs témoignages recueillis sur place.

Lors d’une visite au camp ce lundi, Sudi Mwakibasi, responsable du département en charge des réfugiés au sein de l’État tanzanien, a annoncé que tous les moyens seront mobilisés pour amener les réfugiés burundais à regagner leur pays d’origine, quitte à les y contraindre, d’après des sources présentes à la réunion. Son discours, présenté comme un message de « préparation » au retour, a été perçu comme une menace par nombre de réfugiés.

Dans son adresse, Sudi Mwakibasi a reconnu la difficulté d’une longue vie en exil, invitant les réfugiés à « accepter toutes les éventualités » et à se préparer à faire face à des situations qui ne correspondent pas forcément à leurs attentes. Pour les réfugiés, ce langage ambigu s’inscrit dans une pression croissante pour forcer les départs vers le Burundi, alors que beaucoup disent craindre encore pour leur sécurité dans leur pays.

Parallèlement à ces déclarations officielles, des opérations sont signalées dans plusieurs zones du camp. Des témoins évoquent des incursions nocturnes dans les habitations par des agents arrivant à bord de véhicules non identifiés, procédant à des interpellations sans explications claires. Tôt mardi matin, des agents de sécurité ont mené une nouvelle opération, entrant de force dans des abris, incendiant des maisons et détruisant des biens appartenant aux réfugiés.

« Ce mardi matin, des incendies ont été signalés dans la zone trois du camp, où plusieurs habitations ainsi que l’ensemble des biens des réfugiés ont été réduits en cendres. Toute la journée, une épaisse fumée était visible dans le ciel », rapporte un réfugié joint par téléphone. Des scènes qui renforcent la peur d’un durcissement sécuritaire ciblant particulièrement les Burundais réticents au retour.

Les réfugiés contestent en outre les assurances des autorités tanzaniennes, qui affirment être à leur écoute et veiller à leur protection. Ils dénoncent un double discours, accusant certains responsables et forces de sécurité d’être eux-mêmes impliqués dans des violences, des arrestations arbitraires et des actes de répression. « Comment croire à une volonté sincère de nous protéger, lorsqu’un ressortissant tanzanien peut détruire votre maison, frapper votre famille, enlever vos proches, puis vous demander ensuite pourquoi vous refusez de rentrer au Burundi ? » s’indigne un réfugié.

Face à cette situation, les Burundais de Nduta lancent un appel pressant à la communauté internationale, en particulier au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), pour qu’elle intervienne. Ils demandent une protection renforcée, une enquête indépendante sur les exactions dénoncées dans le camp et le respect de leur droit à ne pas être renvoyés de force dans un pays où ils estiment que leur sécurité n’est pas garantie.

 

Un an de silence complice : où sont passés  Chrysostome, Emmanuel et Dominique?

Un an de silence complice : où sont passés Chrysostome, Emmanuel et Dominique?

Par: Walter Kwizera

Un an s’est écoulé depuis la disparition de Chrysostome Ciza, Emmanuel Mfitiye et Dominique Ndikumana. Leurs familles, sans nouvelles depuis mars 2025, pointent du doigt les services de renseignement, agissant en toute impunité et dans un climat d’indifférence officielle.

Au Burundi, les disparitions forcées continuent de semer la peur et l’incompréhension. Trois hommes,  Chrysostome Ciza, Emmanuel Mfitiye et Dominique Ndikumana, ont été enlevés l’an dernier, dans des circonstances similaires, sans qu’aucune enquête sérieuse n’ait été ouverte depuis.

Bien que les trois victimes  aient été arrêtées séparément, leurs familles n’ont jamais revu leurs proches et toutes les démarches entreprises pour les retrouver sont restées vaines. Douze mois plus tard, elles ne savent toujours pas s’ils sont vivants.

Selon plusieurs sources locales, ces enlèvements ont été commis par des agents du Service national de renseignement et des hommes en uniforme de la police. Un constat qui, pour les proches des victimes, ne laisse aucun doute sur la responsabilité directe de l’appareil sécuritaire de l’État. Malgré cela, aucun responsable n’a été inquiété et les autorités demeurent silencieuses.

Les trois victimes étaient toutes originaires de la commune Gishubi. Deux des trois disparus étaient d’anciens fonctionnaires du ministère de l’Éducation à la retraite. Il s’agit de  Dominique Ndikumana, habitant de Nyakabiga 3 à Bujumbura, il a été arrêté près de son domicile. Emmanuel Mfitiye, ancien inspecteur de l’Éducation de Gitega, a été appréhendé le 24 mars 2025 vers 17 h, en pleine ville.
La troisième victime, Chrysostome Ciza, a disparu après avoir reçu un appel et quitté son domicile sans jamais revenir.

Malgré les accusations récurrentes, les services de renseignement et la police continuent de se murer dans le silence. Aucun communiqué officiel n’a été publié, aucune enquête publique n’a été annoncée. Une indifférence qui alimente la colère et la détresse des familles, laissées sans réponses.

Les cas d’enlèvements se multiplient dans le pays. Depuis le début de 2026, la Radio RPA a recensé au moins quatre nouvelles disparitions, parmi lesquelles celle de Chadia Mukaremera, employée de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH). Fait troublant : même cette institution, censée protéger les libertés fondamentales, n’a jamais fourni d’explication ni engagé d’action visible pour retrouver sa collègue.

Face à ce silence institutionnel, les familles des victimes continuent de réclamer vérité et justice. Elles demandent que lumière soit faite sur le sort de leurs proches et que les responsables de ces disparitions soient enfin traduits devant la justice.

 

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