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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

SOS-Torture demande au président Ndayishimiye d’abolir la peine de mort

SOS-Torture demande au président Ndayishimiye d’abolir la peine de mort

Par: Walter Kwizera 

L’organisation burundaise SOS-Torture appelle le chef de l’État, Évariste Ndayishimiye, à franchir un pas décisif vers la justice et les droits humains : supprimer la peine de mort de la législation nationale et faire juger les auteurs de crimes graves encore impunis.

Dans une correspondance rendue publique à la fin du mois de février 2026 et signée par son président, Aimé Kwizera, l’association SOS-Torture interpelle directement le président Évariste Ndayishimiye sur deux points jugés essentiels : l’abolition totale de la peine capitale et l’instauration d’une justice réellement indépendante et équitable.

L’organisation rappelle que, bien que la peine de mort ne soit plus appliquée depuis plusieurs années, son maintien dans la législation burundaise, en particulier dans le code militaire, reste contraire aux engagements du pays en matière de droits humains.

SOS-Torture exhorte le chef de l’État, également président du Conseil supérieur de la magistrature, à garantir que les auteurs de crimes de guerre, d’exécutions extrajudiciaires et de tortures soient traduits en justice. Selon l’association, l’absence de poursuites effectives entretient un climat d’impunité préjudiciable à la paix et à la réconciliation nationale.

L’organisation estime qu’une réforme profonde du système judiciaire, combinée à l’abolition définitive de la peine de mort, constituerait un signal fort en faveur de la paix durable et de la consolidation de l’état de droit. Une telle décision, souligne la lettre, contribuerait également à redorer l’image du Burundi sur la scène internationale.

En conclusion, SOS-Torture appelle le président Ndayishimiye à appliquer pleinement le droit pénal, à créer un organe d’enquête indépendant et à rendre justice aux victimes d’injustices et d’exécutions extrajudiciaires, afin de rétablir la vérité et renforcer la confiance du public envers la justice burundaise.

 

 

 

Rations bloquées : la vie intenable des réfugiés burundais dans les camps tanzaniens

Rations bloquées : la vie intenable des réfugiés burundais dans les camps tanzaniens

Par: Generose  Niyonkuru 

Plusieurs habitations incendiées, des centaines de familles privées de vivres, et des menaces croissantes : les réfugiés burundais vivant dans les camps de Tanzanie dénoncent une vague de persécutions visant à les forcer à rentrer au Burundi.

La situation des réfugiés burundais en Tanzanie s’aggrave de jour en jour. Ces dernières semaines, des violences répétées et des privations délibérées se multiplient dans plusieurs camps, notamment à Nduta et Nyarugusu. Le climat d’insécurité et de peur touche désormais l’ensemble des réfugiés, qui affirment ne plus savoir vers qui se tourner.

Mardi, au camp de Nduta, des habitations de fortune ont été incendiées dans trois zones distinctes. Selon des témoignages concordants recueillis sur place, ces incendies ont été déclenchés par des membres de groupes appelés Banamugambo et Basusungu, avec la complicité présumée de certains policiers tanzaniens.
« Le feu est encore allumé. Ils ont tout brûlé dans plusieurs zones. Nous ne savons plus où fuir », confie un réfugié joint par téléphone, décrivant une scène de panique et de destruction.

Dans le camp voisin de Nyarugusu, la pression se fait sentir d’une autre manière. Plus de 600 familles réfugiées n’ont pas reçu leurs rations alimentaires cette semaine. D’après plusieurs sources, leurs cartes de distribution ont été bloquées par les responsables du camp.
« Ils nous ont dit que la seule condition pour être servis est de s’enregistrer pour le retour volontaire au Burundi », témoigne une mère de famille. « Nos cartes contiennent l’argent de la ration, mais le système est sous leur contrôle. »

Cette situation, déjà tendue, s’est aggravée depuis la suspension de la plupart des activités humanitaires menées par les organisations non gouvernementales. Sans soutien et livrés à eux-mêmes, les réfugiés redoutent désormais que ces pressions ne deviennent une stratégie pour les contraindre au rapatriement forcé.

Au total, des milliers de réfugiés burundais regroupés dans les camps de Tanzanie vivent aujourd’hui dans la peur d’une expulsion déguisée. « On s’attend à ce qu’ils achèvent tout », a déclaré l’un d’eux, exprimant la détresse d’une communauté qui voit s’effondrer les derniers refuges censés assurer sa sécurité.

 Burundi : l’exploitation sexuelle persiste malgré les lois et les promesses

Burundi : l’exploitation sexuelle persiste malgré les lois et les promesses

Par: Davy Claude Mbananayo

Le 4 mars marque la Journée mondiale contre l’exploitation sexuelle. Au Burundi, ce fléau continue de frapper femmes et enfants, alimenté par la pauvreté, les déplacements forcés et l’impunité. Malgré les engagements du gouvernement, les organisations de défense des droits humains tirent la sonnette d’alarme.

Chaque 4 mars, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale dédiée à la lutte contre l’exploitation sexuelle, instaurée en 2009 par l’International Women’s Speaking Group. Cette journée vise à dénoncer toutes les formes de violences basées sur le genre, telles que le viol, la prostitution forcée et la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle. C’est un moment fort pour rappeler l’urgence de protéger les victimes et d’exiger la justice contre les auteurs de ces crimes.

Au Burundi, la situation reste particulièrement préoccupante. Selon plusieurs rapports récents, les cas d’exploitation sexuelle et de traite de personnes connaissent une tendance à la hausse entre 2023 et 2025. Les principales victimes sont les femmes et les enfants, souvent piégés par la pauvreté ou la promesse illusoire d’un emploi. Les abus sont signalés dans les centres urbains, les zones de pêche, les camps de réfugiés et même dans certains établissements scolaires, où des violences sexuelles sont commises en échange de faveurs académiques.

Le Burundi est également identifié comme un pays d’origine et de transit pour la traite à des fins d’exploitation sexuelle. De nombreuses jeunes femmes, parties avec l’espoir de trouver du travail en Tanzanie, en Ouganda, au Kenya ou au Moyen-Orient, se retrouvent victimes de réseaux de trafiquants. Les enfants en situation de rue, les domestiques, les réfugiés et les personnes déplacées internes figurent parmi les groupes les plus exposés.

Le rapport 2024 du Département d’État américain sur la traite des personnes recense 169 enquêtes menées au Burundi, dont 12 concernaient spécifiquement des cas d’exploitation sexuelle forcée. Malgré l’adoption d’une loi réprimant la traite des personnes en 2014 et la mise en œuvre d’un plan d’action national couvrant la période 2023-2027, les résultats demeurent limités. Les acteurs de terrain pointent du doigt la faiblesse des moyens, la difficulté d’identifier les victimes, le manque de structures d’accueil et une coordination encore insuffisante entre institutions.

Les organisations internationales et locales continuent d’appeler à un engagement plus ferme des autorités. Elles insistent sur la nécessité de renforcer la prévention, la sensibilisation et la réinsertion des victimes, tout en luttant contre l’impunité dont bénéficient encore trop souvent les auteurs présumés. L’exploitation sexuelle au Burundi ne se résume pas à une violation de droit : elle traduit les fractures sociales, l’extrême pauvreté et le désespoir qui poussent certains vers des situations de grande vulnérabilité.

Alors que le monde entier commémore cette journée consacrée à la lutte contre l’exploitation sexuelle, le Burundi se retrouve face à un défi de taille : passer des engagements aux actions, pour que les promesses de protection et de justice deviennent enfin une réalité pour celles et ceux qui souffrent dans le silence.

 

Le HCR préoccupé par la démolition des abris des réfugiés burundais en Tanzanie

Le HCR préoccupé par la démolition des abris des réfugiés burundais en Tanzanie

Par: Nadège Irakoze

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés  fait savoir qu'il est préoccupé par les violences dont sont toujours victimes les réfugiés burundais se trouvant dans différents camps en Tanzanie dans le but de les forcer à rentrer au Burundi. Le HCR rappelle au gouvernement tanzanien de respecter le droit  au retour volontaire de ces réfugiés.

 L’agence des Nations Unies pour les réfugiés HCR a écrit ce 24 février 2026 en exprimant sa préoccupation face à la démolition des abris de réfugiés burundais se trouvant dans les camps en Tanzanie, et aux mauvais traitements dont certains réfugiés sont victimes, ce qui les laisse dans une désolation totale, afin de les pousser à retourner  au Burundi.

En effet, depuis la fin de l’année 2025, le gouvernement tanzanien a pris la décision de démolir les abris des burundais réfugiés  dans les camps de Nduta et Nyarugusu, où il y’a même des abris qui ont été incendiés, actuellement ces réfugiés sont sans abris. Tout cela se fait sur ordre des autorités tanzaniennes pour les contraindre à se rapatrier.

Par conséquent, le HCR indique qu’au cours de ces deux premiers mois de 2026, plus de 28 000 réfugiés burundais sont revenus de la Tanzanie, dont plus de 8 000 au cours de la seule semaine dernière. Des chiffres, selon le HCR, qui  dépassent largement l’objectif hebdomadaire de 3 000 retours convenu lors de la réunion de la Commission tripartite de novembre 2025 entre les gouvernements de la Tanzanie et du Burundi et le HCR.

Cependant, le HCR fait savoir qu’il continue de plaider auprès du gouvernement tanzanien, à tous les niveaux, afin de garantir le respect des droits et des besoins des réfugiés et de veiller à ce que tous les retours soient volontaires, sûrs et réalisés dans la dignité.

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