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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Médicaments de rue : un danger silencieux pour la santé publique à Bujumbura

Médicaments de rue : un danger silencieux pour la santé publique à Bujumbura

Par: Eloge Divin Remesha 

Suite à la pénurie croissante de devises, le marché noir des médicaments explose dans la capitale économique. Une situation alarmante qui, selon l’expert en santé publique Côme Konakuze, menace directement la sécurité sanitaire des Burundais et fragilise le système de santé nationale.

 

Le commerce illicite de médicaments s’étend à grande vitesse dans plusieurs quartiers de Bujumbura. Pour l’expert en santé publique Côme Konakuze, cette prolifération résulte d’une crise profonde : la raréfaction des devises étrangères, indispensable à l’importation normale de produits pharmaceutiques.

Selon lui, cette pénurie a provoqué une flambée spectaculaire des prix, parfois multipliés par trois. Une hausse qui restreint dangereusement l’accès aux soins et rend la prise en charge des patients de plus en plus difficile.

Côme Konakuze alerte sur les risques liés à la circulation de médicaments non contrôlés. Aucune étude approfondie n’a encore mesuré l’ampleur du phénomène, mais des indices montrent que certaines pharmacies s’approvisionnent déjà sur ce marché parallèle. « Le plus préoccupant, c’est l’absence totale de contrôle de qualité », déplore-t-il.

L’expert rappelle que nombre de médicaments nécessitent des conditions strictes de conservation  notamment une température adaptée  faute de quoi leur efficacité peut chuter, voire devenir toxique.

Les conséquences, prévient-il, pourraient être graves : aggravation des maladies, invalidités, hausse de la mortalité… Autant de menaces susceptibles d’affaiblir encore un système de santé déjà sous pression.

Pour sortir de cette impasse, Côme Konakuze appelle le gouvernement à agir en urgence afin de sécuriser l’accès aux devises pour l’importation de médicaments. À plus long terme, il plaide pour une stratégie nationale de production locale de produits essentiels, seule voie durable pour réduire la dépendance du pays vis-à-vis de l’étranger.

 

 

Des médicaments d’État écoulés sur les trottoirs de Bujumbura

Des médicaments d’État écoulés sur les trottoirs de Bujumbura

Par: Michel Ngabo

Le gros des médicaments vendus dans les rues de Bujumbura provient des structures sanitaires étatiques ou de la Mutuelle de la Fonction publique. Ces produits sont fournis par des travailleurs de ces structures ou par des clients de la mutuelle. D’autres médicaments viennent de l’extérieur du pays.

Le gros des médicaments vendus dans les rues de la ville de Bujumbura provient des structures sanitaires étatiques ou de la Mutuelle de la Fonction publique. Ces pharmacies de rue sont approvisionnées soit par les travailleurs de ces structures, soit par des clients de la mutuelle. Toutefois, certains médicaments proviennent de l’extérieur du pays.

La Mutuelle de la Fonction publique est l’un des principaux fournisseurs des pharmacies de rue en mairie de Bujumbura. Des sources de la RPA dans le secteur de la santé révèlent que des médicaments parviennent à ces marchés par le biais de travailleurs de cette structure qui volent des médicaments dans les stocks. Ces sources ajoutent que des clients de la mutuelle, pour la plupart des policiers et des militaires qui n’ont aucun problème de santé, se recrutent parmi les fournisseurs. Ces derniers font prescrire des ordonnances afin de revendre ensuite les médicaments reçus à ces pharmaciens de la rue.

Un autre groupe de fournisseurs est constitué de certains travailleurs des structures de santé étatiques. Selon les enquêtes de la RPA, parfois avec l’accord de leurs supérieurs, ces derniers sortent des médicaments des stocks pour les acheminer directement vers les pharmacies de rue.

L’extérieur du pays est également une source des médicaments vendus dans la rue à Bujumbura. L’Ouganda et la République démocratique du Congo sont les marchés fournisseurs de ces pharmacies de rue. Les enquêtes révèlent que des médicaments périmés ou détériorés  à cause de mauvaises conditions de conservation sont des fois  redistribués par des personnes ne maîtrisant rien à la pharmacologie.

La rédaction de la RPA a cherché à joindre  Dr Lydwine Baradahana, ministre de la Santé publique. Bien qu’elle n’ait pas répondu à l’appel, elle a toutefois répondu à notre message, demandant à la rédaction de dénoncer elle-même ces faux pharmaciens auprès de la police.

Marché noir du médicament : quand la santé des Burundais se vend au plus bas prix

Marché noir du médicament : quand la santé des Burundais se vend au plus bas prix

Par: Michel Ngabo

À Bujumbura, les médicaments vendus illégalement dans la rue séduisent de plus en plus de clients, y compris certaines pharmacies de détail. Attirés par des prix largement inférieurs à ceux pratiqués dans les pharmacies agréées, de nombreux consommateurs se tournent vers ce commerce parallèle, au détriment de leur santé et de la réglementation.


A  Bujumbura, le marché noir des médicaments attire un nombre croissant d’acheteurs. Ces   « pharmacies de la rue », comme les appellent les habitants, se distinguent par leurs prix défiant toute concurrence. Certaines pharmacies privées s’y approvisionnent même, selon plusieurs sources, pour reconstituer leurs stocks à moindre coût.

Parmi les médicaments les plus recherchés figure la Dépakine, un traitement destiné aux personnes souffrant d’épilepsie. Vendue à plus de 54 000 francs burundais en pharmacie, elle s’obtient à environ 35 000 francs sur le marché noir. Selon un vendeur ambulant interrogé, certains approvisionnements proviennent de circuits bien plus opaques : « Récemment, un militaire a vendu de la Dépakine à 15 000 francs », confie-t-il.

Le Cromsol Collyre, utilisé contre les allergies oculaires, illustre aussi l’ampleur du phénomène. Disponible à 28 000 francs dans les officines agréées, il se revend à moins de 20 000 francs dans la rue, alors que les trafiquants l’obtiennent  pour à peine 10 000 francs.

Ces ventes illégales ne se limitent pas à quelques produits. Des médicaments tels que la Colchicine (prescrite pour la goutte) ou le Losacar H (utilisé contre l’hypertension) circulent librement dans les marchés informels de la capitale. À en croire plusieurs témoignages, le commerce illicite est si lucratif que ses acteurs deviennent progressivement intouchables : arrêtés à de rares occasions, ils sont vite remis en liberté.

Contactée pour réagir à cette situation, la ministre de la Santé publique, Dr Lydwine Baradahana, n’a pas donné suite aux sollicitations de la rédaction.

À l’hôpital Buye, les malades payent pour la propreté de leurs chambres

À l’hôpital Buye, les malades payent pour la propreté de leurs chambres

Par: Emmanuel Ndayishimiye

Les patients et les visiteurs de l’hôpital de Buye, en commune Ngozi, dénoncent un manque d’hygiène dans plusieurs services. Certains agents exigent des pots-de-vin pour nettoyer les chambres, tandis que le personnel invoque l’absence d’eau et de matériel adéquat.

L’hôpital de Buye comprend cinq grands bâtiments. Le bureau des responsables qui se trouve à proximité du service de radiographie, une salle d’hospitalisation,  la pédiatrie ainsi que  la maternité. Tous ces bâtiments datent de plusieurs années, à l’exception d’un seul qui a été récemment construit.

Cet hôpital reçoit au moins une centaine de malades par jour. Les patients hospitalisés sont les plus nombreux à se plaindre du manque d’hygiène. Certains d’entre eux, ainsi que leurs accompagnants, déclarent que le nettoyage des chambres se fait rarement ou seulement lorsque les travailleurs reçoivent des pots-de-vin.

Ces plaintes concernent également l’état des toilettes de l’hôpital, jugées insalubres. Selon des sources au sein du personnel, cette situation, connue des responsables de la structure, serait due au manque d’eau potable et de matériel d’entretien. De leur côté, les malades estiment qu’il s’agit d’une négligence des chargés d’hygiène, qui ne font pas convenablement leur travail.

A propos de ces lamentations, nous avons tenté de joindre par téléphone Jean Claude, directeur de l’hôpital de Buye, ainsi que Guillaume Ntawukuriryayo, médecin chef du district sanitaire de Butanyerera, mais ils n’ont pas décroché.

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