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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Choléra à Bujumbura : les habitants de Mubone et Buterere réclament une action urgente

Choléra à Bujumbura : les habitants de Mubone et Buterere réclament une action urgente

Par: Generose Niyonkuru 

Dans les quartiers de Mubone et Buterere, au nord de Bujumbura, la peur du choléra grandit de jour en jour. Plusieurs cas ont été enregistrés ces dernières semaines, confirmant la résurgence de la maladie annoncée par la ministre de la Santé, Lydwine Baradahana. Mais sur place, les habitants disent ne pas voir les effets concrets des mesures de lutte contre l’épidémie.

Selon des témoignages recueillis à Mubone, les malades sont parfois conduits au centre de soins dans des conditions jugées à haut risque. « Depuis jeudi dernier, des cas de choléra ont été observés, mais les patients sont transportés à moto. Cela est très inquiétant, car le choléra se propage très rapidement », explique un habitant. L’hôpital le plus proche, celui de Ntuba, se trouve à environ deux kilomètres et demi, une distance qui rend la prise en charge difficile. Les résidents appellent l’État à mettre à disposition une ambulance pour un transport des malades plus sécurisé.

Autre sujet d’inquiétude : la vente, en pleine rue, d’aliments ne nécessitant pas de cuisson. Manioc, fruits et autres denrées sont exposés à l’air libre, souvent dans des conditions d’hygiène insuffisantes. « Malgré la propagation du choléra, certains aliments continuent d’être vendus à même le sol, ce qui constitue un réel danger », déplore une source locale, rappelant que la maladie se transmet par contact avec de l’eau, des objets ou des aliments souillés.

Les habitants déplorent également l’absence de pulvérisation dans les domiciles des personnes infectées, une mesure pourtant essentielle pour limiter les contaminations. « Nous ne voyons pas d’actions concrètes sur le terrain. Les zones touchées devraient être désinfectées immédiatement », réclament-ils, appelant les autorités sanitaires et administratives à renforcer leurs interventions.

Selon les chiffres officiels, trente-quatre personnes atteintes de choléra sont actuellement prises en charge dans deux centres de traitement à Bujumbura.

Des repères et de la valorisation : des clés pour mieux accompagner les enfants autistes

Des repères et de la valorisation : des clés pour mieux accompagner les enfants autistes

Par: Digne Karondo

Pour favoriser l’intégration des enfants autistes dans la société, les spécialistes plaident pour un accompagnement structuré, bienveillant et adapté à leur rythme. La technicienne en éducation spécialisée Liliane Niyonzima met l’accent sur l’importance de repères clairs, de routines visuelles et de la reconnaissance de chaque progrès.

Aider les enfants autistes à mieux s’intégrer, c’est avant tout leur offrir un environnement stable et lisible. Selon Liliane Niyonzima, technicienne en éducation spécialisée, des repères clairs et des activités structurées leur permettent de comprendre comment les choses se déroulent et de se sentir plus en sécurité.

« Les enfants autistes peuvent être accompagnés efficacement afin de mieux vivre en société », souligne-t-elle. L’utilisation de supports visuels est un outil particulièrement bénéfique : pictogrammes, images ou listes illustrées peuvent guider l’enfant dans ses tâches quotidiennes. « Certains enfants parlent, d’autres non ; avec ceux qui s’expriment, il faut privilégier des consignes courtes, claires et précises », précise-t-elle, ajoutant qu’il est préférable de donner une seule instruction à la fois.

La mise en place d’une routine bien cadrée facilite également leur autonomie. « On peut, par exemple, afficher les étapes du matin près du lit : se réveiller, ranger le lit, puis se préparer pour la journée. » Au départ, ces étapes peuvent être illustrées par des images, avant de devenir des automatismes.

Les enfants autistes sont souvent sensibles aux changements ; une modification imprévue de leur routine peut les déstabiliser ou provoquer de l’anxiété. Prévenir à l’avance de toute nouveauté est donc essentiel. De même, l’apprentissage passe par la répétition : pratiquer plusieurs fois la même activité, avec patience, permet à l’enfant de consolider ses acquis.

Liliane Niyonzima insiste aussi sur l’importance de la valorisation : féliciter l’enfant à chaque réussite contribue à renforcer sa confiance et son envie d’apprendre. Enfin, elle rappelle que leur hypersensibilité sensorielle doit être prise en compte : réduire la lumière si elle est trop forte ou limiter le bruit avec des casques adaptés peut considérablement améliorer leur confort.

« Un accompagnement basé sur la structure, la clarté, la répétition et la valorisation permet à l’enfant autiste de progresser à son rythme et de s’épanouir au quotidien », conclut la spécialiste.

 

Les habitants de Gishubi dénoncent une pénurie aiguë de médicaments

Les habitants de Gishubi dénoncent une pénurie aiguë de médicaments

Par: Nadège Irakoze

Une grave pénurie de médicaments frappe plusieurs centres de santé de la commune Gishubi, en province de Gitega. Les habitants se disent indignés de constater que certaines structures manquent même de produits médicaux de base comme le paracétamol. Ils appellent les autorités à agir rapidement pour rétablir l’approvisionnement et garantir leur droit à la santé.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, la situation touche presque toutes les zones de la commune. Les centres de santé de Mahonda, Buraza, Butezi ou encore Buriza figurent parmi les plus affectés. « Il n’y a pratiquement plus de médicaments. Même le paracétamol, l’ibuprofène ou l’amoxicilline sont introuvables. Avant, on pouvait manquer certains produits pendant quelques jours, mais jamais à ce point », déplore un habitant de Gishubi.

Les soignants eux-mêmes se disent désemparés face à cette situation. « Nous ne savons plus quoi prescrire », confient-ils, soulignant que l’absence de médicaments compromet gravement la qualité des soins.

Faute de produits disponibles dans les centres publics, les patients sont contraints d’acheter eux-mêmes leurs traitements dans les pharmacies privées. Mais les prix y sont jugés exorbitants. « Un comprimé d’Albendazol coûte 1 500 francs, et les traitements contre la malaria atteignent jusqu’à 7 000 francs », explique un autre résident.

Cette situation inquiète la population, qui redoute de graves conséquences sanitaires. « Certains risquent d’acheter des médicaments périmés sur le marché parallèle, ou de recourir à l’automédication. Cela peut être dangereux pour leur santé », avertissent les habitants.

Ils lancent enfin un appel pressant au gouvernement pour qu’il assure un approvisionnement suffisant en médicaments dans tous les centres de santé de la commune. « Une population en mauvaise santé ne peut pas contribuer au développement durable du pays », rappellent-ils.

 

  Autisme : “Ce n’est pas une maladie, mais une autre manière de percevoir le monde”

Autisme : “Ce n’est pas une maladie, mais une autre manière de percevoir le monde”

Par: Digne Karondo

À l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, célébrée chaque 2 avril, une technicienne en éducation spécialisée rappelle que l’autisme n’est pas une maladie, mais une différence dans la manière de comprendre et d’interagir avec l’environnement. Elle plaide pour une meilleure détection précoce et une plus grande compréhension de cette condition.

L’autisme ne devrait pas être considéré comme une maladie, mais comme une différence dans la façon de percevoir et de comprendre le monde. C’est l’explication de Liliane Niyonzima, technicienne en éducation spécialisée, à l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, célébrée chaque 2 avril.

Selon elle, l’autisme est un trouble neurodéveloppemental qui influence la communication, les interactions sociales et le comportement, mais il ne constitue pas une pathologie au sens médical du terme. « Un enfant autiste ne pense pas et ne perçoit pas les choses de la même façon qu’un enfant non autiste », explique-t-elle. « Le cerveau traite l’information différemment, parfois plus lentement ou de manière plus organisée. Ce n’est pas une incapacité, simplement une autre façon de fonctionner. »

Mme Niyonzima souligne que, contrairement à une maladie que l’on peut soigner ou guérir, l’autisme fait partie de la personne dès la naissance. « C’est pourquoi il est plus juste de parler d’une condition plutôt que d’une maladie », ajoute-t-elle.

Elle rappelle que, dans les pays développés, les premiers signes de l’autisme sont souvent détectés très tôt, entre 2 et 3 ans, grâce à un suivi attentif du développement de l’enfant. En revanche, dans les pays en développement, le diagnostic survient souvent tard, parfois à l’adolescence ou même à l’âge adulte.

Les signes précoces peuvent se manifester dans le comportement quotidien : un contact visuel réduit, une absence de réaction lorsque l’enfant est appelé, ou un désintérêt pour les personnes et les objets qui l’entourent. D’autres caractéristiques peuvent aussi apparaître, comme l’attachement excessif à la routine, la répétition de mots ou de phrases, ou encore des réactions intenses lors de changements inattendus.

Pour Mme Niyonzima, la sensibilisation reste la clé afin de permettre aux familles, enseignants et personnels de santé d’identifier plus tôt les signes et d’accompagner les enfants concernés avec bienveillance.

Elle conclut : « Comprendre l’autisme, c’est accepter la diversité du fonctionnement humain. Ce n’est pas un déficit, mais une autre manière d’être au monde. »

 

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