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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

19% de burundais sont en insécurité alimentaire aiguë, selon l’OCHA

19% de burundais sont en insécurité alimentaire aiguë, selon l’OCHA

 La forte augmentation des prix des denrées alimentaires observée depuis juin 2022, perturbe le plan de réponse humanitaire  2023 au Burundi pour avoir   limité l'accès à la nourriture. Ainsi le plan de réponse humanitaire révisé devra  prendre en charge plus de 500 mille personnes supplémentaires.

L'économie  burundaise est impactée par une inflation élevée a écrit  le bureau  la coordination des affaires humanitaires, OCHA  dans son rapport publié le 01 août 2023. Selon les données fournies par l’Institut National de la Statistique du Burundi, ISTEEBU,  continue OCHA  dans son rapport, le taux d’inflation générale était à 28,9 % au mois de mai 2023 contre 26,6% en décembre 2022. Pour les produits alimentaires et boissons non alcoolisés, le taux d’inflation s’élevait à 40,9% en mai 2023.

La forte augmentation des prix des denrées alimentaires observée depuis juin 2022 limite l'accès à la nourriture précise OCHA. Ainsi selon le rapport de cette organisation  onusienne, la population en phase IPC 3 (insécurité alimentaire aiguë élevée) et 4 (urgence) a doublé par rapport à la même période en 2022 .Elle est estimée à  2,3 millions soit 19% burundais en 2023  contre 1,2 million soit 10%  de la population burundaise  précédemment. Pour répondre efficacement à cette situation de dégradation de la situation  alimentaire des populations et ses conséquences, une révision du plan de réponse humanitaire 2023 du Burundi s’est avérée nécessaire.

La révision du plan de réponse humanitaire 2023, prévoit de soutenir 1,6 million de personnes impactées avec un budget révisé de $ 237,2 millions. Avant cette mise à jour, le plan de réponse humanitaire avait ciblé  1,1 million .Ce qui revient à dire que le nouveau plan ciblera  près de 500 mille de plus que le plan initial.

 

‘’Le Burundi ne manque pas de carburant, ses stocks en Tanzanie sont archipleins !’’

‘’Le Burundi ne manque pas de carburant, ses stocks en Tanzanie sont archipleins !’’

La pénurie du carburant au Burundi est devenue un cercle vicieux depuis quelques années. Une situation qui se dégrade du jour au lendemain, les échéances de rupture de stocks se rapprochent de plus en plus. Face à ce quotidien sans carburant, les autorités du pays  pointent du doigt les importateurs d’être à l’origine de la situation, une  explication qui ne convainc plus.

 

La première explication donnée à la situation dégradante de pénurie de l’or noir au Burundi a été la crise en Ukraine.  En s’exprimant sur la question, différentes autorités,  répondaient  toutes que la pénurie  est  due à la guerre ukraino-russe. Oui, la guerre a impacté le commerce du carburant partout au monde mais l’impact n’a pas été les ruptures de stocks comme au Burundi mais la hausse du prix à la pompe. Et cela de l’Amérique à l’Afrique en passant par l’Europe. Petit pays oui, mais il ne se trouve pas  sur sa propre  planète car ses voisins les plus proches, le Rwanda, la RDC, la Tanzanie, l’Ouganda ont tous connu cet impact mais jamais, jamais ils n’ont connu   une rupture de stocks tel  qu’au Burundi où des voitures peuvent passer 72 h alignées devant des stations-service dans l’attente du carburant.

Après la version de la guerre en Ukraine, une autre explication a été donnée. En date du 10 mai 2022, lors d'une conférence de presse, le président Evariste  Ndayishimiye a placé la raison  ailleurs. ‘’Le Burundi a augmenté sa consommation en carburant sans augmenter la production qui lui procurera les devises pour l’importation du carburant. Que les burundais comprennent alors et acceptent que le pays n’est plus à mesure d’importer le carburant satisfaisant tout le marché burundais. Jusqu’au jour où on aura augmenté les sources de devises,’’ a  dit le Président Evariste Ndayishimiye.

Quelques semaines après cette sortie médiatique, alors que le pays traversait une énième crise de carburant, le numéro un burundais promet à son peuple  de se charger lui-même de la question. A cette époque, il a donné  un délai d’un mois, ‘’la question sera résolue ‘’. Il a alors promis qu’au Burundi on entendra plus parler de problèmes de manque de carburant. Avec le mois d’août 2022, les burundais s’attendaient à voir les effets de cette solution miracle trouvée par le président Ndayishimiye.

La solution miracle non avouée a été finalement connue. L’importation du carburant a été officiellement confiée à la Régie de Production et de Distribution d’eau et d’électricité au Burundi, la REGIDESO. Plusieurs sociétés qui faisaient jusque-là ce travail, ont été petit à petit écartées. Elles ont été accusées  par Gitega de demander des devises soi-disant pour aller importer le carburant sans pour autant le faire,  d’ où le travail a été confié à  cette société étatique «  soucieuse de  l’intérêt public ».

A cette période, les stocks ont été réapprovisionnés mais le répit ne dura même pas deux mois. Les pompes des stations-services se retrouvèrent à sec de  nouveau. Depuis, la situation va en se dégradant. Les périodes d’approvisionnement deviennent moins nombreuses par rapport aux périodes de rupture de stocks.

Les anciennes sociétés  d’importations et de vente de carburant ayant été écartées, naitra une nouvelle société dénommée, PRESTIGE. Comme son nom l’indique  d’ailleurs, PRESTIGE attirera l’admiration des décideurs du pays qui lui accorda  de gros avantages, plus même que la société étatique REGIDESO. Cette société privée n’est pas au rang des autres écartées ! Parmi les actionnaires, figure la première dame Angéline Ndayishimiye, découvrirons-nous à la suite de nos enquêtes.

Sans parvenir au dénouement de la situation malgré les réformes opérées, une troisième explication est trouvée qui reste d’ailleurs toujours d’actualités, les deux premières ne sont plus évoquées par les dirigeants de Gitega.

‘’Les stocks du Burundi se trouvant en Tanzanie sont pleins à craquer. Des saboteurs juste refusent d’aller apporter le carburant.’’

Une explication donnée par le Président de la République qui qualifie les importateurs de carburant de saboteurs. ‘’Ils possèdent des camions mais refusent d’aller apporter ce carburant plein dans les stocks en Tanzanie. Et si ils l'apportent, ils le vendent à qui ils veulent.’’ A répondu le Président quand  on lui a posé cette question à l’occasion de ses 3 ans de pouvoir.

La même réponse a été répétée par sa porte-parole  Rosine Guilène Gatoni au cours de la conférence publique tenue par des porte-paroles des différentes institutions  jeudi 13 juillet 2023 en province Muramvya.

Dans l’entre temps, les conséquences de cette situation affectent tous les secteurs de la vie du pays. Du déplacement pour aller et rentrer du travail, le déplacement des enfants allant à l’école,  aux  patients se rendant dans des  structures  de santé, pour ne citer que cela…..

Comme la pénurie de carburant  a rendu  la circulation  même des produits difficiles dans le pays, les prix des denrées alimentaires et de différents autres services ne cessent de flamber !  Le petit burundais est acculé. 

Comment un pays peut passer des mois à ronchonner  contre  des particuliers ‘’saboteurs’’ comme le Président de la République et ses services les qualifient  au lieu de trouver une solution durable au problème? D’aucun serait tenté  de se demander  à qui profite  ce sabotage car si  on s’en tient aux explications du président Ndayishimiye, le problème est minime, et donc facile à résoudre.   Pour quelle raison ne voit-on pas alors un éclairci à  l’horizon ?

De plus, si ces stocks en Tanzanie  existent  véritablement, n’alimenteraient-ils pas  plutôt le marché noir ? Un marché  dont les stocks ne tarissent jamais alors que toutes les pompes  des stations-service sont presque tout le temps à sec dans tout le pays ? Le marché noir  prospère en effet  et le prix grimpe au rythme de la pénurie. Dans certains coins, une bouteille d’un litre et demi qui devait dépasser légèrement 5 mille, se vend à 25 mille.

Dans une vision d’un ‘’Burundi, pays  émergent en 2040 et  pays développé en 2060’’, les dirigeants du pays devraient se rappeler que sans carburant aucun développement ne peut être envisagé, donc Adieu  la vision Ndayishimiye !

Les commerçants du marché de Ruvumera grèvent contre les nouveaux tarifs des stands

Les commerçants du marché de Ruvumera grèvent contre les nouveaux tarifs des stands

Les commerçants du marché de Ruvumera situé dans la  zone Buyenzi  de la commune urbaine de Mukaza ont suspendu leurs activités depuis le matin de ce lundi. Ces commerçants protestent  contre les nouveaux prix  de locations des stands estimés exorbitants. 

Depuis le matin  de ce lundi 31 juillet 2023, les commerçants du marché de Ruvumera n’ont pas vaqué  à leurs activités. Les stands de ce marché étaient fermés.  Les commerçants ont voulu manifester  leurs inquiétudes suite à la mesure de la hausse des prix de loyers des stands de ce marché. Depuis la semaine passée, la mairie de Bujumbura   renouvelle les contrats signés avec  les commerçants ayant des stands dans des marchés publics. Ces nouveaux contrats  prévoient  que la collecte des loyers des stands  va être faite par l’Office Burundais des recettes, OBR. Des loyers initialement payés à la mairie. 

Certains commerçants de ce marché qui se sont confiés à la RPA ont indiqué que personne ne sera à mesure de  payer mensuellement ces montants.  Un stand qui était payé  cent dix mille francs burundais, sera payé six cent mille  francs burundais.  Le stand  jusque-là loué à quatorze  mille francs, va désormais être loué à quatre cent cinquante mille. 

De plus, ces commerçants déplorent que ces loyers aient été augmentés sans être  consultés.

 

Une nouvelle organisation des marchés publics pour éviter les fraudes.

Selon le ministre de  l’intérieur, de la sécurité publique et du développement communautaire, ils ont découvert que des autorités, des cadres du pays se sont attribués  des stands qu’ils louent à leur tour  à des commerçants et payent des miettes à l’Etat. D’où les nouveaux contrats qui, selon le ministre Martin Niteretse, ne seront  signés  qu’avec les commerçants.  Et chaque commerçant n’a plus droit qu’à un stand.

A propos des nouveaux prix des loyers, le ministre de l’intérieur  explique que la décision émane de l’administration  et non de l’OBR. Informé qu’elle n’a pas été bien accueillie  par les commerçants, il a demandé aux concernés de ré analyser leurs calculs et réduire là où il le faut.

 

Enième dérobade de Gitega sur la question du carburant qui perdure

Enième dérobade de Gitega sur la question du carburant qui perdure

Le gouvernement du Burundi minimise toujours la question de la pénurie du carburant qui constitue pourtant une épine dans l’économie du pays. Dans une déclaration faite par le ministère de l’énergie et des mines, cette carence serait due à de petits problèmes de routine  qu’ils ont vite fait de résoudre. Pourtant, la situation sur terrain montre le contraire.

La construction des stocks stratégiques du carburant est la seule réponse durable à la   pénurie répétitive du carburant au Burundi. ‘’ La seule solution pour résoudre une fois pour toutes ce problème de carburant est d’approvisionner nos entrepôts que nous sommes en train de construire à travers tout le pays pour qu’on ait au moins une réserve de 6 à 8 mois. Comme ça nous pourrons être à mesure de maintenir le cap pendant une période assez confortable.’’ A déclaré ce mardi  Léonidas Sindayigaya,   porte-parole du ministère ayant l’énergie et mines dans ses attributions dans une interview accordée à nos confrères de la Radio Bonesha FM. Ce cadre de l’Etat s’est également exprimé sur la raison derrière cette pénurie répétitive de l’or noir. ‘’Je dois vous dire tout d’abord que le secteur pétrolier a connu pas mal de problèmes. Dans un premier temps, certains importateurs qui ont bénéficié des allocations en devises pour procéder à l’importation du carburant ne l’ont pas fait, et ont importé autre chose à la place.’’

Le porte-parole du ministère d’énergie et mines d’ajouter que d’autre part les importateurs qui ramènent ce carburant de Dar-es-Salaam ne servent que leurs clients. Ici, il a souligné que ‘’les importateurs qui disposent de beaucoup de camions n’ont pas voulu ramener le carburant alors que le gouvernement a des stocks remplis de carburant en Tanzanie.’’

Dans cet entretien, Léonidas  Sindayigaya avait affirmé que  ce mardi même  le carburant serait distribué promettant que la situation va s’améliorer.

Il y a plusieurs mois,  le Président Evariste Ndayishimiye  lui, avait dit avoir tout pris en main, rassurant ses gouvernés que dorénavant la pénurie du carburant ne sera qu’un mauvais souvenir au Burundi.

 

Sur terrain, la situation est toujours chaotique

 

Au lendemain de la nouvelle de réapprovisionnement en carburant, toutes les stations-service ont été prises d’assaut ce mercredi matin.  A Bujumbura la capitale économique du pays, les gens en sont même venus aux mains, faisant même quelques blessés. ‘’ Nous sommes sur la ligne d’attente depuis 4 h du matin. On pensait être les premiers sur les lieux, mais à notre grande surprise, les rues étaient pleines à craquer tellement il y avait beaucoup de véhicules venus s’approvisionner. Au camp municipal, une personne s’est même fait cognée dessus jusqu’à perdre sa dent juste pour voir eu le malheur de garer sa voiture devant le portail dudit camp.’’ A révélé  un des conducteurs de taxi qui s’est confié à la RPA.

En province Ngozi, les pompes sont à sec depuis déjà 3 semaines et les conséquences liées à cette pénurie ont commencé à se manifester, surtout dans le secteur du transport en commun. ‘’ Ici en province Ngozi, une seule station-service a été approvisionnée hier en carburant vers 16 h. Il s’agit de  celle se trouvant sur la route de la localité de Mivo. Mais dans un laps de temps, il n’y avait aucune goutte d’essence. On est alors obligé d’en acheter au marché noir à raison de 10 000 francs la bouteille d’un litre et demi‘’, s’est plaint un habitant de cette province du Nord du pays qui a souligné qu’en conséquence, les transporteurs ont sensiblement revus à la hausse les prix. ‘’Par exemple du Centre-ville à Muremera ou Burengo, le prix est passé de 1 000 à 2 000 francs burundais. Le ticket du trajet vers Bujumbura  dépasse aujourd’hui 20 000 francs.’’

Cet habitant de Ngozi demande au gouvernement de trouver une solution dans les meilleurs délais au lieu de toujours se cacher derrière des échappatoires.

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