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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Lusenda : six mois sans médicaments pour les réfugiés burundais

Lusenda : six mois sans médicaments pour les réfugiés burundais

Par: Digne Karondo

Dans le camp de réfugiés burundais de Lusenda, à l’est de la République démocratique du Congo, l’accès aux soins médicaux est devenu quasiment impossible depuis plusieurs mois. Les malades ne reçoivent plus de médicaments et la malnutrition infantile s’aggrave chaque jour.

Les réfugiés burundais installés dans les camps de l’est de la République démocratique du Congo vivent une détresse sanitaire prolongée. À Lusenda, dans la province du Sud-Kivu, cela fait déjà six mois que les malades n’ont plus accès aux médicaments.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les réfugiés consultent bien les médecins, mais ces derniers se retrouvent impuissants faute de traitements disponibles. « Il n’y a pas de médicaments. Les médecins sont là, mais les rayons sont vides », confie un réfugié interrogé par nos sources.

L’organisation IDAV, partenaire du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), a indiqué que des stocks de médicaments se trouvent à Kalemie et sont en cours d’acheminement. Mais la situation perdure depuis plus de six mois, nourrissant frustration et désespoir dans le camp.

Les réfugiés affirment ne plus avoir accès à des médicaments de première nécessité comme le paracétamol. Une pénurie qui touche également les compléments nutritionnels destinés aux enfants. « Les enfants de six mois et plus souffrent gravement de malnutrition, faute de suppléments qu’on appelait ici “tingatinga”. Cela fait plus d’un an que nous ne recevons plus d’aide alimentaire », déplore une mère de famille.

Le manque de traitement et de nourriture place les familles dans une crise humanitaire silencieuse. Des cas de malnutrition aiguë ont déjà été signalés, sans qu’une assistance concrète ne soit arrivée.

Contactée à ce sujet, la représentation du HCR en République démocratique du Congo a promis de réagir prochainement.

 

 

Butanyerera : Quand les structures de santé se vident petit à petit

Butanyerera : Quand les structures de santé se vident petit à petit

Par: Josiane Muzaneza

Si rien n’est fait, plusieurs hôpitaux et centres de santé de la province Butanyerera vont à coup sûr fermer. Non seulement ils ontenregistrent un manque criant de médecins, mais ils manquent aussi cruellement de médicaments et n’ont pas assez de fonds pour se réapprovisionner.

Les structures sanitaires les plus lésées sont surtout les centres de santé. A Mihigo par exemple, le centre de santé de la place ne dispose d’aucun médecin, leur directeur et seul médecin qu’ils avaient ayant pris le large depuis plus d’un mois. Plus grave encore, sur les plus de 20 infirmiers qui y prestaient, seuls 4 sont encore en fonction.

Quant au dispensaire de l’ancienne commune Nyamureza situé plus précisément dans l’actuelle zone Birambi, ils sont considérés comme les plus nantis car disposant d’un médecin permanent qui se trouve être le directeur dudit centre. Mais là aussi, il est signalé un manque criant d’infirmiers.

Pour les centres de santé zonaux, la situation est pire. En plus du manque de médecins et d’infirmiers, « ces maisons sanitaires ne sont plus approvisionnées en médicaments à cause d’énormes dettes contractées auprès de leurs fournisseurs, conséquences des arriérés que leur doit le gouvernement. » Révèle notre source.

Même les hôpitaux ne sont pas épargnés. A l’hôpital de Buye par exemple, nous sommes dans l’ancienne commune Mwumba, il n’y a qu’un seul médecin, c’est-à-dire le directeur de l’hôpital. Accueillant au moins 1 000 patients par mois, cet hôpital manque cruellement d’infirmiers et d’aides soignant car en moins de 2 ans, plus de la moitié du personnel a démissionné.

Les responsables sanitaires au niveau de la province Butanyerera reconnaissent que la plupart de ‘’ces départs ont un lien avec la fuite de cerveaux et de main d’œuvre’’ et font savoir que, dans leurs rapports, ils ont insisté sur l’urgence de remplacé tout ces postes vacants pour le bien de la population.

 

 Maladies rénales au Burundi : une menace silencieuse qui manque encore d’attention

Maladies rénales au Burundi : une menace silencieuse qui manque encore d’attention

Par: Davy Claude Mbananayo

Les maladies du rein touchent près d’un Burundais sur dix, alors que la plupart des cas pourraient être évités par la prévention et un suivi médical régulier. Faute d’équipements, de spécialistes et de dépistage précoce, de nombreux patients arrivent toutefois à l’hôpital à un stade déjà très avancé de la maladie, avec des chances limitées de survie.

Au Burundi, la maladie du rein fait partie de ces pathologies peu visibles mais pourtant de plus en plus menaçantes pour la santé publique. Les spécialistes la qualifient de « maladie silencieuse », car elle progresse souvent sans symptômes spécifiques jusqu’à un stade avancé, où les possibilités de traitement sont réduites. Pour les familles, la prise en charge représente un lourd fardeau financier et psychologique, d’autant plus que de nombreux cas auraient pu être prévenus grâce à une meilleure information et un suivi médical adapté.

Selon les médecins spécialistes des maladies rénales, environ 10% de la population burundaise souffrirait d’affections des reins, un niveau comparable à la prévalence mondiale estimée par plusieurs études. L’insuffisance rénale, qui correspond à la perte partielle ou totale du bon fonctionnement des reins, n’est pas une maladie unique, mais la conséquence de plusieurs facteurs de risque. Parmi les principales causes figurent l’hypertension artérielle et le diabète, notamment lorsqu’ils ne sont ni diagnostiqués à temps ni correctement pris en charge. Les spécialistes mentionnent également certaines infections, l’automédication répétée sans avis médical, ainsi que l’usage de remèdes traditionnels dont la toxicité pour les reins reste mal connue.

La prise en charge de ces maladies demeure un défi majeur au Burundi. Les structures capables de traiter les insuffisances rénales restent rares, en particulier celles disposant de services de dialyse, cette technique qui permet de filtrer le sang à l’aide d’une machine lorsque les reins ne fonctionnent plus correctement. D’après les données disponibles, les quelques unités de dialyse existantes sont presque toutes concentrées dans la ville de Bujumbura, ce qui oblige les patients des provinces à parcourir de longues distances pour recevoir des soins, parfois plusieurs fois par semaine.

Le manque de ressources humaines spécialisées complique encore davantage la situation. Le pays ne compte que quelques néphrologues pour l’ensemble de la population, un chiffre très en dessous des besoins, comme dans la plupart des pays à faible revenu. Ces spécialistes sont majoritairement basés dans la capitale économique, laissant les hôpitaux de l’intérieur du pays sans expertise dédiée à la prise en charge des maladies rénales. Beaucoup de patients sont suivis par des généralistes qui, malgré leurs efforts, ne disposent ni du temps ni des moyens techniques pour assurer un suivi régulier et approfondi.

Les médecins constatent également que de nombreux patients consultent très tard, souvent lorsque la maladie a déjà atteint un stade avancé. À ce moment, les reins sont parfois irrémédiablement endommagés et la seule option reste une dialyse prolongée, voire une transplantation, une option quasi inexistante pour la majorité des Burundais. Le vice‑président de l’Association des médecins spécialistes des maladies rénales au Burundi, le docteur Romeo Irankunda, insiste ainsi sur l’importance de la prévention et du dépistage précoce pour « éviter que les patients n’arrivent à l’hôpital lorsque la situation est déjà catastrophique ».

Face à cette réalité, les experts appellent à un renforcement de la sensibilisation de la population. Ils recommandent un contrôle régulier de la tension artérielle et de la glycémie, en particulier chez les personnes à risque comme les diabétiques, les hypertendus ou celles ayant des antécédents familiaux de maladies rénales. Ils plaident aussi pour l’augmentation du nombre d’infrastructures et d’équipements spécialisés, ainsi que la formation de nouveaux néphrologues afin de rapprocher les soins des patients des provinces. Sans ces efforts, préviennent-ils, les maladies rénales continueront à se développer dans l’ombre, avec un coût humain et économique de plus en plus difficile à supporter pour le pays.

 

Burundi : Des malades sans traitement, livrés au marché noir et à la prière

Burundi : Des malades sans traitement, livrés au marché noir et à la prière

Par: Michel Ngabo

Le détournement de médicaments dans plusieurs structures de santé publiques prive des milliers de citoyens de traitements essentiels. Désemparés, certains malades recourent au marché noir, aux guérisseurs ou aux chambres de prière, au risque d’aggraver leur état de santé.

La population burundaise continue de faire face à une inquiétante pénurie de médicaments dans les établissements publics de santé. Entre autres causes, selon plusieurs sources, des détournements commis par certains agents du ministère de la Santé. Une situation qui pousse les patients à chercher des solutions de fortune, souvent au détriment de leur santé.

Dans de nombreux centres de santé, les rayons des pharmacies publiques sont presque vides. Les malades, confrontés à cette réalité, se tournent vers le marché noir pour se procurer des médicaments. Mais faute de moyens financiers, beaucoup achètent des produits inadaptés.

Un habitant joint par la RPA témoigne :« L’achat de médicaments inappropriés continue d’aggraver l’état de santé de la population. Ces personnes prennent des médicaments qui ne correspondent pas à leurs maladies, sans examen médical préalable. Cela détériore davantage leur santé. »

Selon plusieurs habitants interrogés, certains patients n’ont d’autre choix que de se tourner vers les sorciers ou les chambres de prière dans l’espoir d’une guérison. Mais ces solutions alternatives n’apportent que peu de résultats. « Certaines personnes achètent de petites quantités de médicaments selon leurs moyens, d’autres consultent des guérisseurs ou se réfugient dans la prière. Mais leur état de santé continue de se dégrader », ajoute une autre source.

La rédaction de la RPA a tenté, sans succès, d’obtenir la réaction de la ministre de la Santé publique. Interrogée sur les mesures prises pour lutter contre ces vols et ce commerce illicite, la ministre n’a fourni aucune explication et a renvoyé la RPA vers les services de sécurité, chargés selon elle d’identifier et d’arrêter les auteurs de ces détournements.

 

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