Welcome to RPA   Click to listen highlighted text! Welcome to RPA Powered By GSpeech

Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Privés d’aide, les enfants réfugiés burundais de Lusenda et Mulongwe renoncent à l’école

Privés d’aide, les enfants réfugiés burundais de Lusenda et Mulongwe renoncent à l’école

Par: Nadège Irakoze

Dans les camps de Lusenda et de Mulongwe, au Sud-Kivu, des centaines d’enfants de réfugiés burundais ont abandonné l’école depuis la suspension de l’aide des organisations internationales. Sans moyens pour payer les frais scolaires, leurs parents craignent de les voir sombrer dans l’oisiveté ou exploités dans des petits travaux pour survivre.

Les réfugiés burundais installés dans les camps de Lusenda et de Mulongwe, en République Démocratique du Congo, alertent. Leurs enfants ne vont plus à l’école depuis plusieurs semaines, après la suspension des aides internationales qui couvraient les frais de scolarité. Cette situation plonge les familles dans une détresse profonde et menace l’avenir de toute une génération.

Selon les témoignages recueillis, la fin du financement de la prise en charge scolaire par l’organisation Action Aid, en collaboration avec le HCR, a été annoncée dès septembre 2025. « Action Aid nous a informés qu’elle n’avait plus de fonds pour payer les frais de scolarité, ni pour les élèves du primaire ni pour ceux du secondaire », expliquent plusieurs parents réfugiés qui soulignent que  des centaines d’enfants ont dû abandonner les classes.

Le problème est particulièrement grave dans le territoire de Fizi, province du Sud-Kivu, où la population scolaire des camps est très élevée. « Presque tous les enfants ont quitté l’école faute de moyens. Certains errent dans les rues, d’autres se dirigent vers les rives du lac Tanganyika ou vers Misisi à la recherche de petits boulots », témoigne un réfugié du camp de Lusenda.

Les parents s’inquiètent des conséquences sociales de cette situation. Sans accès à l’éducation, ces enfants deviennent vulnérables à l’exploitation, à la délinquance ou à d’autres dérives. Et l’inquiétude grandit d’autant que ces familles n’ont plus reçu d’assistance alimentaire depuis plus d’un an et quatre mois. « C’est dramatique. Nos enfants risquent de perdre tout espoir d’un avenir meilleur si personne ne nous vient en aide », s’indigne un père de famille rencontré sur place.

Les réfugiés de Lusenda et de Mulongwe appellent les organisations humanitaires, le HCR et les bienfaiteurs à réagir d’urgence afin de garantir le droit à l’éducation de leurs enfants.

 

Ngozi : inquiétante vague de départs de jeunes filles vers la Tanzanie à la recherche d’emploi

Ngozi : inquiétante vague de départs de jeunes filles vers la Tanzanie à la recherche d’emploi

Par: Innocent Valentin Singirankabo

Depuis le début de l’année 2026, un phénomène préoccupant agite la province Butanyerera, en commune Ngozi : de plus en plus de jeunes filles quittent clandestinement leurs foyers et leurs écoles pour tenter leur chance en Tanzanie. Une dizaine de cas ont déjà été signalés depuis janvier, selon des sources éducatives locales.

À Ngozi, dans la province Butanyerera, l’inquiétude grandit face à un mouvement inédit de jeunes filles quittant famille et école pour rejoindre la Tanzanie, espérant y trouver du travail. Depuis le début de l’année, au moins dix adolescentes se sont engagées dans cette aventure à hauts risques, d’après plusieurs sources éducatives.

Deux d’entre elles, élèves en 8ᵉ année à l’école fondamentale de Kinyami, ont été récemment ramenées dans leurs familles après avoir été interceptées à Kabanga, localité tanzanienne frontalière avec le Burundi. Parties en quête d’un emploi, les adolescentes avaient traversé jusqu’à Kobero, en commune Muyinga, avant d’être identifiées par les autorités.

La semaine dernière encore, deux autres jeunes filles de la même région ont pris la route de Kabanga dans des circonstances similaires. Leurs parents, inquiets de leur disparition, ont immédiatement alerté les éducateurs, espérant éviter que d’autres cas ne se reproduisent.

Face à cette tendance nouvelle, les responsables scolaires de Butanyerera alertent. Ils appellent la population à la vigilance et demandent la collaboration de toute personne pouvant avoir connaissance de ces déplacements clandestins pour prévenir d’éventuelles dérives. « Il faut informer les parents et signaler rapidement tout cas suspect », insistent les éducateurs, qui redoutent une multiplication de ces départs au détriment de la scolarisation des jeunes filles.

 

Butihinda : des examens suspendus pour accueillir le secrétaire général du CNDD-FDD

Butihinda : des examens suspendus pour accueillir le secrétaire général du CNDD-FDD

Par: Janvier Nininahazwe

Dans la zone Gashoho, en commune Butihinda, les examens prévus ce lundi dans toutes les écoles ont été ajournés pour permettre aux élèves d’accueillir le secrétaire général du parti CNDD-FDD, Révérien Ndikuriyo. Une décision dénoncée par des éducateurs, qui y voient une grave entorse au calendrier scolaire et au droit à l’éducation.

Dans la zone Gashoho, en commune Butihinda, province Buhumuza, la journée de ce lundi n’a rien eu d’ordinaire pour les élèves. Au lieu de faire les examens programmés, ils ont été contraints de participer aux cérémonies d’accueil du secrétaire général du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, Révérien Ndikuriyo, en visite dans la localité.

« Aucune activité n’a été accomplie chez tous les élèves de la zone Gashoho. Tout a été perturbé par la visite de Révérien Ndikuriyo », confie un éducateur de la direction communale de l’enseignement. Selon lui, toutes les écoles de la zone ont reçu l’injonction de suspendre les évaluations et de mobiliser les élèves pour grossir les rangs du public venu accueillir le numéro un du parti.

Les enseignants dénoncent particulièrement la manière dont cette décision a été communiquée. « Je me suis présenté au service comme d’habitude. Du coup, j’ai vu le message dans le groupe WhatsApp selon lequel les examens de ce lundi étaient suspendus suite à la visite du secrétaire général du parti CNDD-FDD dans la localité de Gashoho », raconte notre source. Au moment de l’annonce, élèves et enseignants étaient déjà à l’école, prêts à entamer la journée par le salut du drapeau avant de passer aux examens. Les élèves ont finalement été renvoyés pour aller participer aux cérémonies politiques.

Pour les éducateurs, cette pratique porte un sérieux coup à l’organisation de l’année scolaire. « Il s’agit d’une perturbation chez les élèves d’abord, et ensuite chez les enseignants qui doivent observer le calendrier préétabli par le ministère. Une fois que de telles activités scolaires sont suspendues, c’est une grande perte car le temps perdu ne revient jamais », déplore l’un d’eux.

La situation risque de se répéter très bientôt. D’après des informations recueillies auprès des enseignants, le directeur de l’enseignement en zone Gashoho leur a déjà signifié qu’il n’y aura pas de passation d’examens ce vendredi, la journée étant réservée aux activités liées à la célébration de la Journée dédiée à la femme.

 

Nyanza-Lac : des enfants de rapatriés exclus de l’école après des années d’errance scolaire

Nyanza-Lac : des enfants de rapatriés exclus de l’école après des années d’errance scolaire

Par: Digne Karondo

Rapatriés de Tanzanie depuis fin 2025, des parents installés dans la commune de Nyanza-Lac dénoncent l’impossibilité d’inscrire leurs enfants à l’école. Faute de places, de moyens pour acheter les uniformes et face à la stigmatisation, ces enfants risquent de replonger dans l’errance scolaire qu’ils avaient déjà connue dans les camps de Nduta et Nyarugusu.

Là où la radio RPA a pu passer dans la commune de Nyanza, il a été constaté que les rapatriés font face à plusieurs difficultés, notamment celle liée à la scolarisation de leurs enfants. En effet, certains enfants n’ont toujours pas pu être accueillis dans les écoles depuis leur retour au pays, raconte une source locale.

« Ici à Nyanza, la situation est très difficile et les problèmes sont nombreux. Dans toutes les écoles où nous nous rendons pour inscrire nos enfants, on nous répond qu’il n’y a plus de places et qu’il faut aller chercher ailleurs. Mais partout où nous allons, la réponse reste la même, aucune place disponible. Pourtant, lors de notre rapatriement, on nous avait assuré que nos enfants seraient accueillis dans les écoles une fois de retour au pays », témoigne un parent.

Selon toujours cette source, les parents se disent très inquiets pour l’avenir de leurs enfants qui restent sans étudier. Une autre préoccupation soulevée est que même les rares enfants qui parviennent à obtenir une place à l’école sont parfois victimes de discrimination.

« Nos enfants risquent de se retrouver livrés à eux-mêmes, certains vont finir dans la rue ou errer dans les centres urbains. Nous nous interrogeons sur leur avenir scolaire : si l’on nous dit que les écoles sont déjà pleines pour cette année, alors quand ils pourront enfin étudier ? En Tanzanie, nos enfants avaient déjà été contraints d’abandonner l’école lorsque les établissements ont été fermés et laissés sans occupation. Aujourd’hui, on risque de revivre la même situation au Burundi. Également, nous sommes rentrés au pays sans moyens suffisants, nous sommes incapables d’acheter les uniformes scolaires exigés. Lorsque certains enfants parviennent à obtenir une place à l’école, ils sont souvent stigmatisés, pointés du doigt et qualifiés de “Nyarugusu” ou de “Nduta”, des termes utilisés pour se moquer d’eux et les critiquer », poursuit un autre parent.

Après avoir partagé ces difficultés avec certains représentants d’organisations internationales qui suivent leur situation, ces parents lancent un appel à toute personne de bonne volonté afin de soutenir leurs enfants. Ils demandent également que les élèves qui ont réussi à être inscrits à l’école ne soient pas renvoyés simplement parce qu’ils n’ont pas d’uniforme scolaire.

« Nous avons également soulevé ces préoccupations auprès des représentants des Nations unies et d’autres organisations qui assurent le suivi de notre situation. Ils viennent régulièrement organiser des réunions avec nous, mais jusqu’à présent nous avons l’impression qu’aucune solution concrète n’a encore été trouvée », déplorent-ils.

Rappelons que ces Burundais qui s’étaient réfugiés en Tanzanie ont commencé à être rapatriés en grand nombre depuis la fin de l’année 2025, dans le cadre du plan de fermeture progressive des camps de Nduta et de Nyarugusu.

 

Faire un don

Nos journaux parlés

Qui est en ligne?

Nous avons 255 invités et aucun membre en ligne

Click to listen highlighted text! Powered By GSpeech