Par: Rédaction
La police burundaise a présenté mardi 1er septembre deux militaires qu’elle accuse d’avoir été manipulés par Bob Rugurika, directeur de la Radio publique africaine (RPA), dans le but de troubler la sécurité nationale. Les déclarations de l’un des militaires présentés, l’Adjudant-Chef Ndikumasabo Désiré, sont marquées par plusieurs contradictions, selon Bob Rugurika, qui dénonce une machination et un montage orchestrés par les autorités.
Pierre Nkurikiye, porte-parole de la police, a présenté mardi deux militaires accusés d’avoir été manipulés par Bob Rugurika afin de déstabiliser la sécurité nationale.
L’un d’eux, l’Adjudant-Chef Ndikumasabo Désiré, a affirmé avoir été contacté par Bob Rugurika. Selon son récit, le directeur de la RPA lui a demandé s’il le connaissait. Le militaire affirme lui avoir répondu que non, avant que Bob Rugurika ne se présente et lui demande s’il ne l’entendait pas souvent.
L’Adjudant-Chef Ndikumasabo Désiré affirme ensuite avoir demandé à Bob Rugurika ce qu’il souhaitait. Selon lui, ce dernier lui a proposé de lui rendre un service. Le militaire dit avoir refusé, expliquant qu’il ne pouvait pas l’aider, avant de lui montrer une photo de lui avec des béquilles, car il sortait de l’hôpital.
Toujours selon son témoignage, Bob Rugurika lui a alors donné 500 000 francs. Le militaire affirme qu’ils ont ensuite continué à échanger au moins une fois par mois.
L’Adjudant-Chef Ndikumasabo Désiré affirme également qu’entre mai et juin, lui et son collègue ont recontacté Bob Rugurika pour lui demander s’il avait finalement abandonné les projets dont ils avaient parlé. Selon lui, Bob Rugurika leur a répondu qu’il les considère comme des traîtres et qu’ils ne pouvaient rien faire pour lui, mais qu’ils cherchaient plutôt à le dénoncer.
Le militaire affirme qu’ils lui ont alors demandé pourquoi il pensait cela. Bob Rugurika leur a répondu qu’en décembre 2025, ils ne s’étaient pas rendus à Buhumuza dans le cadre des activités des Bene Samuragwa. Selon le militaire, Bob Rugurika leur a montré des photos en affirmant qu’ils y avaient participé parce qu’ils étaient Burundais. Il a ensuite déclaré qu’il ne pouvait rien faire avec eux, tout en leur proposant de les aider s’ils le sollicitaient, et leur a donné 300 000 francs.
En réaction à ces accusations, Bob Rugurika affirme qu’il s’agit d’une « machination » et d’un « montage grotesque » orchestré par le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye. Il estime que les déclarations des deux militaires comportent des contradictions.
Bob Rugurika souligne notamment qu’en tant que journaliste, il est en contact avec de nombreux citoyens et que le fait d’avoir été contacté par des personnes ne signifie pas qu’il les connaît personnellement. Il s’interroge également sur le fait que les deux militaires affirment ne pas le connaître avant leur premier contact, tout en déclarant par la suite qu’ils sont revenus vers lui pour lui demander pourquoi il avait abandonné un projet.
Il relève également une contradiction concernant la période évoquée par les militaires. Selon leurs déclarations, le projet a été abandonné en décembre 2025, alors qu’ils sont revenus vers lui entre mai et juin pour lui demander les raisons de cet abandon. Pour Bob Rugurika, ces incohérences soulèvent des interrogations sur les raisons de leur arrestation et de leur présentation publique neuf mois après les faits évoqués.
Pour le directeur de la RPA, cette démarche du gouvernement traduit également son incapacité à apporter des réponses aux problèmes qui préoccupent les Burundais, notamment la colère suscitée par les incendies qui ont récemment ravagé plusieurs marchés et magasins.
Bob Rugurika estime que le pouvoir cherche à le cibler à travers des dossiers qu’il qualifie de « préfabriqués ». Il affirme que le régime est sous pression pour expliquer les incendies criminels récents qui ont causé d’importantes pertes économiques à des centaines de familles.
Le directeur de la RPA affirme enfin que certains de ces incendies ont été commis sur instigation de certaines autorités de l’État et rappelle qu’en tant que journaliste, il dénonce régulièrement ces faits et a déjà rendu publics les noms de personnes qu’il présente comme impliquées. Selon lui, la présentation des deux militaires intervient quelques jours après ses révélations sur les incendies et vise à discréditer sa parole.





