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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Une femme tue son mari après une dispute à Kamenge

Une femme tue son mari après une dispute à Kamenge

Un homme a été tué par sa femme qui l’a poignardé dans la nuit de dimanche au
quartier 2 de la zone Kamenge, commune Ntahangwa en mairie de Bujumbura.
Nos sources indiquent que les mésententes conjugales seraient à l‘ origine de ce
crime.
L’incident a été signalé à la 13ème avenue du quartier Mirango 2 de la zone
Kamenge. Une femme a tué son mari à l’aide d’un couteau selon nos sources qui
raconte que le chef de ménage n’a pas trouvé sa femme lorsqu’il est rentré à la
maison. « Il s’est renseigné et a appris que son épouse était au bar dit Royal se
trouvant à la 8ème avenue de la même zone Kamenge. » L’information n’a pas plu
à l’homme qui avait interdit à sa femme de se rendre dans les bars selon toujours
nos sources de Mirango 2. « La femme est rentrée du bar dit Royal où elle avait
pris des boissons alcoolisées. Lorsqu’elle est arrivée à la maison, elle y a trouvé
son mari. Ils se sont chamaillés car le mari lui avait interdit de sortir pour aller
prendre des boissons alcoolisées. Pendant les disputes, le mari a battu sa femme.
Cette dernière a pris un couteau de la cuisine et l’a percé au niveau de la poitrine.
Le mari a crié au secours et la femme a immédiatement pris la fuite. »
La femme a été appréhendée la même nuit de ce dimanche et a été dans un
premier temps détenue au cachot de la position policière située à l’endroit
communément appelé Ku Bafaransa, avant d’être transférée au cachot de la zone
Kamenge.
Les voisins de cette famille révèlent que ce couple ne vivait pas en harmonie. Le
corps du défunt a été conduit à la morgue de l’hôpital militaire de Kamenge. Le
couple avait un enfant.

 
Paralysie des activités suite à une panne électrique presque généralisée à Muramvya

Paralysie des activités suite à une panne électrique presque généralisée à Muramvya

Différentes communes de la province de Muramvya n’ont pas d’électricité
depuis dimanche. Les poteaux électriques sont tombés suite à des pluies
mêlées de vents. Les habitants de Muramvya demandent à la REGIDESO de
procéder vite aux réparations car toutes les activités nécessitant du courant
électrique sont paralysées.
Le chef-lieu de la province Muramvya est dans l’obscurité depuis cinq jours.
Selon nos sources sur place, cette coupure d’électricité a été causée par les
pluies mêlées de vents qui se sont abattues dans cette localité et qui ont fait
tomber les poteaux électriques se trouvant près de l’usine MINOLAC.
Ainsi, depuis dimanche, « les activités nécessitant le courant électrique sont
paralysées. Les salons de coiffure sont fermés et les moulins à l’arrêt. » Précise
notre source. Cette panne électrique du chef-lieu de la province affecte aussi
différentes localités comme Nyarucamo, Mbuye, Shombo, Teza, Mubimbi,
Bugarama et Bukeye. Toutes sont alimentées par la même ligne.
Les habitants de la province Muramvya demandent à la REGIDESO de réparer
dans l’urgence ces poteaux pour que les différentes activités reprennent.
La rédaction de la RPA n’a pas pu joindre le responsable de la REGIDESO de
l’antenne Muramvya pour plus d’éclaircissements à ce sujet.

A la découverte d'un monument en exil.

A la découverte d'un monument en exil.

Partout ailleurs, les monuments sont entretenus, mis sur des places publiques et valorisés. Au, Burundi, ce n'est pas le cas. Seuls quelques monuments des personnalités décédées existent et sont soit profanés ou abandonnés. 

Le monument dont on va parler ici, est lui, vivant. Mais en exil. 

Il s'appelle Innocent Muhozi. Journaliste burundais et directeur de la Radio Télévision Renaissance. Un médium burundais émettant actuellement en ligne à partir de l'exil. Il a fui le Burundi à la suite de la crise générale déclenchée par le troisième mandat illégal de feu Président Pierre Nkurunziza. Profitant de cette crise, le régime a fermé et suspendu les 4 principaux médias indépendants du pays. Deux d'entre eux ont été quasiment détruits et incendiés pour leur totale indépendance vis-à-vis du régime en place au Burundi. Il s'agit de la Radio Publique Africaine et la Radio Télévision Renaissance dirigée par Innocent Muhozi. 

 Une enfance douloureuse mais pleine de passions.

 Innocent Muhozi naît d'une famille de 14 enfants. De père burundais et de mère rwandaise. Son père Ntunguka était un Chef, l’équivalent d’un bourgmestre. 

Il a tout ce qu'il faut pour rendre heureuse sa famille. Malheureusement, la colonisation belge ne le lui permet pas, car, entre la vie de prison et le statut de personne non grata chez lui, le chef Ntunguka devient un homme ruiné par la colonisation. Néanmoins, un des fils, Innocent Muhozi ne manque pas de passions. Chaque fois, qu'il se rend à l'école primaire protestante du Quartier 2 à l'OCAF (Office des Cités Africaines), c'est avec beaucoup de joie qu'il retrouve ses copains pour jouer au football. Sa vie d'enfance est partagée entre la lecture et le football. Deux minutes avec lui, vous sentez immédiatement la maîtrise de la connaissance générale.

Son rêve était de devenir professeur d'histoire. 

Il a toujours voulu changer les choses en combattant les injustices. 

Finalement, au lieu du département d'histoire à l'université, Innocent Muhozi se retrouve à l'institut Supérieur des Cadres Militaires (ISCAM). Intéressant. Finalement, lui et certains de ses amis s'étaient dit qu'il y avait trop d'injustice au pays, nous sommes en 1981. Et pour changer les choses, il fallait passer par l'armée et opérer un coup d'état militaire. Le pays était encore sous les régimes militaires, qui se succédaient par des coups d'état. Notre monument ne fera pas longtemps à l'armée car la vie de caserne était, pour lui, insupportable. 

D'officier manqué à l'assistant mécanicien, les portes de l’avenir s'ouvrent

 Innocent Muhozi passe un temps à l'université du Burundi avant de se rediriger,  cette fois-ci, vers le métier de sa vie. Dans le journalisme, après un bref passage de 6 mois comme assistant mécanicien dans un garage de l'un de ses frères. Notre monument a l'air d'un touche à tout. 

En 1984, un demi-frère l'appelle et lui annonce que la Radio Télévision Nationale recrute de nouveaux journalistes. Innocent Muhozi se présente au test. C'était très facile. Presque de l'eau à boire, se rappelle-t-il. Puisqu'il s'agissait d'un test de langues : le français et le kirundi, la langue nationale. 

Surprise! Parmi les deux membres du jury, l’un ne voulait pas de Muhozi. Il le considérait comme un rwandais. Apparemment pour son faciès. Il lui colle une note médiocre en Kirundi, la langue nationale. Et pourtant, ce contre succès était de la même communauté sociale ou ethnique que Muhozi. Un Tutsi. Par contre, l'autre membre du jury, qui, lui était du camp différent de Muhozi, un Hutu, ne résiste pas au très bon français de Muhozi. Ainsi, notre monument entre hautement dans ce nouveau métier qu'il va marquer pendant 4 décennies. 

Des lettres d'or dans le métier de Théophraste, considéré comme le fondateur de la presse.

Dès son entrée en journalisme, Innocent Muhozi écrit ses lettres d'or. Tout d'abord par ses très bonnes relations avec les collègues, qui l'élisent par ailleurs Président du syndicat du personnel de la Radio Télévision Nationale du Burundi (RTNB). Un rôle qu'il joue jusqu'à sa nomination comme Directeur Général de la RTNB  en 1996. Pour avoir travaillé avec Pascasie Minani (devenue première dame du pays), le Président NTIBANTUNGANYA avait proposé la nomination d'Innocent Muhozi au poste de Directeur Général de la Radio Télévision Nationale. Et sur consensus avec un premier ministre du gouvernement de convention Antoine Nduwayo, Innocent Muhozi accepte finalement l'offre.

Un petit regard au rétroviseur. 

Une période triste s'est glissée dans sa carrière à la Radio Télévision Nationale. C'est l'assassinat du premier président Hutu démocratiquement élu. Melchior NDADAYE. « C'était une période difficile, dangereuse. Tout d'abord en tant que journaliste, j'ai couvert les massacres interethniques entre Hutus et Tutsis. J'ai été témoin de l'horreur absolue », raconte notre monument........... « J'ai organisé des émissions- débats avec différents acteurs politiques. Souvent des protagonistes de la crise. Difficile de trouver un terrain d'entente sur des sujets qui causaient mort d'hommes.... »

« En tant que Directeur Général de la RTNB, je gérais aussi des questions liées à la sécurité du personnel. Des journalistes, chauffeurs et techniciens se faisaient tuer ou menacer de mort au simple passage dans des quartiers où des troubles sécuritaires persistaient. Des fois, je me retrouvais en train de gérer la logistique pour ceux qui devraient dormir à la Radio Télévision Nationale. Surtout, raconte toujours Innocent Muhozi, je n'oublierais jamais mon combat pour l'indépendance de la Radio Télévision vis-à-vis de différentes autorités. Ce qui m'a valu des relations, certes, de respect, mais souvent tendues. 

Un Journaliste et un Président de la République. 

Durant son passage à la Radio Télévision Nationale, deux hommes ont occupé les fonctions de chef d'état. Sylvestre NTIBANTUNGANYA et Pierre  BUYOYA. Ce deuxième est resté lié au nom d'Innocent Muhozi. Notre héros explique que l'homme l'a séduit par des politiques et des décisions en faveur de la réconciliation des burundais et l'ouverture de l'espace démocratique entre autres le multipartisme, la naissance des organisations de la société civile et de la presse. Il faut noter que c'est sous l'ancien Président feu BUYOYA que les premières organisations comme la ligue ITEKA sont agréées.

Innocent Muhozi et Pierre BUYOYA ont progressivement tissé des liens qui ont fait de Muhozi, dans l'opinion publique un Pro-Buyoya alors que la politique et la gouvernance de ce dernier sont restés controversées dans la société burundaise. 

Vers un monde médiatique totalement indépendant. 

En 2003, Innocent Muhozi quitte la Radio Télévision Nationale pour fonder son propre média: la Radio Télévision Renaissance (RTR).

Historien raté, son amour pour l'histoire n'a pas changé. C'est ainsi que l'idée de créer un média avec un focus sur l'histoire et l'économie est restée intacte  en lui. 

Avec son frère David Gakunzi (journaliste écrivain basé à Paris), ils font recours à Bernard Henry Lévy, philosophe français, qui fait un don en matériel. La RTR voit le jour et s'installe petit à petit dans le quotidien des burundais. 

Le succès est immédiat et la RTR, comme les autres médias indépendants à l'instar de la RPA, devient le mur des lamentations des burundais. Exactement l'idée de Muhozi. Quand il a créé la Radio Télévision Renaissance (la toute première Télévision indépendante), c'était pour que ces médias deviennent une planche de salut sur lesquels s'accrochent toutes les victimes d'injustice dans ce pays meurtri par des décennies de crise et d'injustices multiformes. C'est pendant ce temps qu'avec des collègues, notre monument crée l'Observatoire de la Presse Burundaise (OPB). Une véritable boussole pour l'éthique et la déontologie du métier. C'est également à travers cet Observatoire que Muhozi et ses collègues luttent contre diverses tentatives du pouvoir de museler la presse à travers des lois liberticides. Dans ses différentes déclarations dans la presse, Muhozi n'a pas hésité à dire aux autorités que les médias burundais et l'observatoire ne vont jamais appliquer les lois contraires aux valeurs universelles des libertés de la presse et d'expression.

Arrivée du régime CNDD-FDD et la désolation totale. 

Innocent Muhozi a couvert la guerre civile burundaise en tant que journaliste entre 1993 et 2005.

Pendant cette douzaine d'années, Muhozi, comme les autres journalistes burundais ont été témoins des crimes horribles commis par les éléments du parti au pouvoir, encore au maquis. Entre 1993 et 2005. Douze ans de tueries des populations civiles Tutsis, douze ans d'attaques et destructions contres des infrastructures publiques, douze ans d'assassinats ciblés. Bref, douze ans de crimes contre l'humanité. Malgré le discours réformateur qui caractérise le début du règne du parti CNDD-FDD, Innocent Muhozi n'est pas naïf. Il a vu tellement de crimes commis par ces hommes, qu'un retournement complet en acteurs de paix reste difficile à croire. Par ailleurs, le nouveau régime ne tarde pas à confirmer les doutes de ceux qui étaient restés sceptiques. Très vite en 2006, le régime organise des massacres des civiles au Nord-Est du pays à Muyinga. Quelques mois après, les responsables du parti au pouvoir et la Présidence de la République montent un faux coup d'état pour mettre en prison leurs prédécesseurs, l'ancien président Domitien Ndayizeye et son vice-président Alphonse Marie Kadege avec une dizaine d'anciens dignitaires. 

Certains portent toujours des séquelles des tortures subies dans les bureaux du service national des renseignements. Pendant ce temps, les nouvelles autorités rivalisent dans les détournements de l'argent public et dans la corruption. Cette dérive autoritaire inquiète toute la société burundaise. Les médias indépendants et la société civile sont pris pour cibles. Des journalistes et activistes (plus de 20 entre 2005 et 2015) sont successivement arrêtés et détenus pour des infractions non commises et des accusations fantaisistes d'atteinte à la sécurité de l'état. À l'heure où nous rédigeons cet article, une collègue journaliste Floriane IRANGABIYE croupit en prison et a été condamnée à 10 ans de prison et d'une amende d'1 million de francs burundais. Accusée d'atteinte à la sécurité de l'état pour avoir exprimé des critiques liées à la gouvernance des autorités et aux assassinats dont se rendent coupables les dirigeants burundais.

Le nom de Muhozi reste malgré tout craint et respecté par une grande partie des dirigeants du régime en place du CNDD-FDD. Malgré son journalisme critique, il n'est jamais arrêté et emprisonné.  Une exception car ses trois collègues des 3 autres médias indépendants avaient fait soit la prison, soit un moment d'exil. Muhozi le sage, Muhozi le doyen de la presse...ce sont ces quelques arguments qui lui auraient valu la pitié du régime. Néanmoins, il est difficile de parler du combat pour la liberté de la presse au Burundi sans le nom de Muhozi. Tous les journalistes sont unanimes là-dessus. 

La goutte qui a fait déborder la vase. 

Les 10 ans de régression démocratique 2005-2015 se sont déroulés dans une ambiance de tensions permanentes entre l'administration Nkurunziza et les médias indépendants burundais. Les  professionnels des médias, tout comme les burundais en général espéraient le départ du président Nkurunziza au bout de ses 2 mandats constitutionnels. Et Bam! Le président footballeur n'était pas à sa fin de règne. Il a décidé, avec la bénédiction de son parti CNDD-FDD, de briguer un troisième mandat illégal, anti constitutionnel et contraire aux accords d'Arusha qui avaient mis fin à la guerre civile de 1993-2005. 

Les populations civiles, la société civile et les partis politiques de l'opposition ont alors appelé aux manifestations pacifiques contre ce troisième mandat présidentiel. La police et une partie de l'armée ont réprimé les manifestations dans le sang. Des milliers de personnes ont été tuées, d'autres milliers portés disparus.

Comme d'habitude, les médias indépendants ont joué leur rôle de chien de garde en documentant les différentes formes de violations graves des droits de l'homme et en les portant à l’attention du public. Au plus fort des assassinats des civils, un groupe de militaires et policiers ont voulu arrêter cette situation. Profitant de l'absence du Président Nkurunziza en sommet à Dar Es Salam en Tanzanie le 13 Mai 2015, Ils ont tenté un coup d'état sans succès. Le lendemain, les autorités ont procédé à une véritable chasse à l'homme au sein de l'armée et la police. Plusieurs militaires et policiers soupçonnés de soutenir les manifestations ont été arrêtés, tués, d'autres portés disparus. Dans le même temps, pour poursuivre ces crimes à huis clos, le régime a ordonné la fermeture des médias indépendants. Au total 4. Ils étaient accusés d’avoir relayé les déclarations des putschistes. La RPA et la RTR de Muhozi sont systématiquement détruites à l'arme lourde et brûlée à la poudre. Pour la première fois, notre monument recevait un message clair. À partir du 14 mai 2015, date des attaques contre les médias, plus de 100 journalistes prennent le chemin de l'exil. Innocent Muhozi, lui, préfère attendre. Même si au fond, il ne sait pas encore ce qu'il attend. Mais, chaque jour, la mort se rapproche de plus en plus. Des appels fusent de partout pour lui demander de partir, des informations sur des plans de son élimination physique ne suffisent pas pour le faire fuir ce pays qu'il aime tant. 

Dans cette crise générale, il est consulté par certains décideurs internationaux qui tentent des solutions pacifiques. En juillet 2015, il a rencontré une mission diplomatique de l'Union Africaine à Bujumbura et continue de rencontrer d'autres acteurs de la société civile encore présents au pays. Parmi eux,  Pierre Claver Mbonimpa. Le champion dans la défense des droits humains à l'époque. 

En début de journée du 3 Août  2015, Mbonimpa et Muhozi se rencontrent pour évaluer la situation. Malheureusement, le vieux Mbonimpa ne rentrera pas chez lui ce soir. Des agents du service national des renseignements tirent sur lui  plusieurs balles dont certaines traversent son crâne. La chance est de son côté. Il ne meurt pas sur-le-champ. Il est évacué à la polyclinique de Bujumbura et plus tard évacué vers la  Belgique pour soins intensifs. Muhozi reste à Bujumbura. Presque seul en face d'une communauté de bourreaux qui n'attendent qu'un ordre de tuer. 

Muhozi est connu pour son intégrité et ses valeurs morales. Il n'est pas corrompu et n'a jamais touché des avantages illégaux. Il mène une vie modeste. "Je me demandais comment je vais fuir et commencer à vivre aux dépens de mes amis et parentés en exil", nous expliquait Muhozi à son arrivée en exil au Rwanda. Sa première terre d'asile avant de partir pour Bruxelles où il vit comme réfugié politique.

La colère en attendant le retour au pays natal. 

Innocent Muhozi a quarante ans de carrière dans le journalisme au Burundi. 

De simple reporter au poste de Directeur Général de la Radio Télévision Nationale, en passant par la présidence du syndicat du personnel de la RTNB, Innocent Muhozi s'est toujours impliqué dans la promotion de la presse burundaise. 

Au sein de l'Observatoire de la Presse Burundaise (qu'il continue de diriger à partir de l'exil), il a mené des combats contre toutes les tentatives de museler la presse. Il a également des fois joué le rôle de médiateur dans les relations des fois tendues entre les autorités et des journalistes. Sans oublier son implication dans l'assainissement des relations parfois moroses  entre les journalistes seniors et les nouveaux venus dans le métier. 

Aujourd'hui, il dirige toujours la RTR en exil. Lui et ses journalistes (une trentaine) alimentent une chaîne en ligne qui traite l'actualité burundaise. Actuellement, ils mettent en place une plateforme numérique TV où des abonnés pourront suivre également des émissions sur l'actualité, mais surtout des programmes spéciaux qui portent sur l'histoire politique, économique et sociale du Burundi. 

Certes, Innocent Muhozi ne se plaint  pas pour les conditions difficiles de l'exil, mais il est très en colère contre ceux qui se nomment  " la communauté internationale". Il ne comprend pas comment des chefs d'état des pays de la région, des pays comme la Belgique, les États-Unis, l'Afrique du Sud, l'Union Européenne...qui sont parmi les garants de l'accord d'Arusha ont permis au régime CNDD-FDD de détruire et enterrer définitivement cet accord historique et s'accommodent aux crimes commis par le régime. Innocent Muhozi trouve qu'un peu plus d'engagement aurait pu éviter la tragédie en cours au Burundi.

Lusenda : les réfugiés burundais dénoncent la maltraitance et le harcèlement devant les bureaux du comité directeur du camp

Lusenda : les réfugiés burundais dénoncent la maltraitance et le harcèlement devant les bureaux du comité directeur du camp

Certains réfugiés burundais du camp de Lusenda, qui gagnent leur vie à
travers les activités agricoles, s’insurgent contre les actes de maltraitance et
de harcèlement. Ils précisent qu’ils sont obligés de donner une certaine
quantité de leur récolte et une somme d’argent non justifiée au roi de la
localité sous la pression des combattants Maï-Maï.
Ce lundi, certains réfugiés burundais de Lusenda ont fait un sit-in pour la
deuxième fois devant les bureaux du comité directeur de ce camp situé à l’Est
de la République Démocratique du Congo. Ces réfugiés, qui manifestent leur
mécontentement, sont des agriculteurs auxquels les combattants Maï-Maï
ordonnent de céder une certaine quantité de leur récolte au roi, le Mwami de

cette localité. Et quand ils demandent au roi pourquoi ils sont malmenés et
sont contraints de céder une partie de leur récolte alors qu’ils font des
dépenses pour louer les terres à exploiter, ce dernier s’esquive et laisse les
pleins droits à son secrétaire de les rançonner, témoigne l’un de ces réfugiés
en sit-in. « Je suis venu ici devant les bureaux du comité directeur du camp de
Lusenda pour manifester ma colère suite aux actes de maltraitance que nous
subissons dans les propriétés agricoles communément appelées ECO. Nous
sommes menacés par des hommes armés qui agissent sous les ordres du
mwami de cette localité. Lorsque nous lui demandons pourquoi nous sommes
traités ainsi, il évite de nous répondre et ordonne à son secrétaire d’enregistrer
nos adresses à savoir les blocs, les parcelles et les villages. »
En plus de ces exigences de céder une partie de leur récolte, ces réfugiés
cultivateurs indiquent qu’ils sont intimidés par des hommes armés lorsqu’ils

vaquent à leurs activités champêtres. « Des hommes armés de fusils
s’introduisent souvent dans nos champs pour nous demander si nous avons des
documents attestant que nous avons la permission d’exploiter ces terres. Nous
leur expliquons que nous avons conclu des contrats d’exploitations avec les
propriétaires de ces domaines. »
Ces réfugiés du camp de Lusenda déplorent également le phénomène de
rançon dont ils sont victimes. « Ces citoyens congolais nous exigent de payer
une somme de vingt-cinq mille francs à chaque lopin de terre. En tant que
réfugiés, nous ne pouvons pas trouver cet argent facilement. Ils nous obligent
aussi à donner au Mwami une partie de notre récolte notamment un bassin de
riz ou de patates douces chacun. Nous constatons qu’ils sont en train de nous
exploiter. »

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