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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Quand la Mairie lève une mesure présidentielle

Quand la Mairie lève une mesure présidentielle

La mairie de Bujumbura a décidé de remettre les stands des marchés publics aux propriétaires  enregistrés à la Mairie.  En contradiction à la décision du Président de la République qui avait attribué les stands à leurs locataires. Les commerçants dénoncent cette décision municipale qui annule la mesure présidentielle.

 Dans une correspondance  du 24 janvier signée par le chef de cabinet du maire de la ville de Bujumbura, Charles Bihizi  Niyibigira, la mairie de Bujumbura a ordonné aux commerçants locataires de stands dans différents marchés publics de les remettre à leurs propriétaires enregistrés à la  Mairie avant ce 31 janvier.

Une annonce qui laisse beaucoup d’interrogations chez les commerçants de Kamenge. Nos sources de ce marché du nord de la capitale Bujumbura font savoir que  des agents de l’Office Burundais des Recettes OBR, s’étaient rendus dans ce marché  pour leur attribuer les stands  qu’ils louaient,  tel  que ordonné par  le Président de la République en septembre dernier.  « La mesure du Président  de la République attribue  ces stands  à  ceux  qui  les louent. Il a expliqué qu’il ne voulait plus voir des gens qui demandent des stands à la mairie pour les faire  louer. L’OBR a taxé de commissionnaires  les propriétaires de stands qui les ont faits loués à des prix élevés », explique notre source, commerçant du marché de Kamenge.

Chose étonnante selon ces commerçants, des agents de la mairie ont recensé  les anciens propriétaires de ces stands, ayant des fiches à la mairie, pour leur réattribuer ces stands. Une démarche qui laisse perplexe ces commerçants se demandant comment les autorités municipales peuvent contredire les propos du Chef d’Etat.« Des agents de la mairie sont revenus pour vérifier  des fiches  auprès des propriétaires des stands et ont procédé à leur identification. Ils ont précisé que les stands appartiennent à ceux qui ont des fiches à la  mairie. Nous sommes contrariés, se demandant qui peut lever la décision du Président  de la République. » 

Nous n’avons pas encore eu  la rédaction du maire de la ville de Bujumbura, Jimmy Hatungimana.

A quand la justice pour les propriétaires des parcelles du site de Gasenyi-Nyakabondo ?

A quand la justice pour les propriétaires des parcelles du site de Gasenyi-Nyakabondo ?

Les propriétaires  des 160 hectares du site Gasenyi-Nyakabondo, situé près du palais présidentiel  Ntare House, déplorent le cours  que prend le traitement  de leur dossier d’indemnisation. Leurs parcelles ont été  retirées du périmètre urbain de Bujumbura, ce qui non seulement a été fait en violation de la loi mais qui va aussi diminuer la valeur de leurs parcelles. 

 112 milliards de BIF est la totalité des indemnisations  des propriétaires des 160 hectares  du site de Gasenyi-Nyakabondo se trouvant près du palais présidentiel, dégagées depuis juillet 2022.  Des indemnisations  qu’ils n’ont pas encore perçus jusqu’ à aujourd’hui.  Lors de la conférence publique du 29 décembre dernier  le Président Evariste Ndayishimiye,  a  dit  « qu’ils sont en train de bien compter leur dû pour qu’il n’y ait pas de faux bénéficiaires comme cela s’est passé ailleurs. »

Malgré ces assurances du  Président de la République, les propriétaires de ces parcelles de Gasenyi-Nyakabondo  disent   être victimes d’une injustice. Leurs parcelles jadis  placées dans le périmètre urbain de Bujumbura, ont été placées en dehors de ce périmètre,  ce qui diminuera leurs valeurs, déplorent leurs propriétaires.  « La loi a été violée de façon exagérée. Nos parcelles ne se trouvent pas en dehors du périmètre urbain de Bujumbura, nos terres sont plutôt situées dans le périmètre urbain de Bujumbura. Le décret-loi numéro 1/40 du 26 novembre 1992 l'avait bien précisé. » Souligne un des propriétaires de ces parcelles du site Gasenyi-Nyakabondo.

Ces propriétaires  des parcelles qui attendent leur indemnisation depuis 10 ans, demandent au Gouvernement de les laisser bâtir selon le plan fait par le Gouvernement comme l’avait décidé le Chef d’Etat en 2021. « Nous demandons à son Excellence Monsieur le Président de la République de respecter la mesure qu'il avait prise en juin 2021, quand il a  demandé que nos parcelles soient viabilisées et qu'il y ait des modèles de maisons que nous allons y construire. » Rappelle une de nos sources  qui trouvent qu’ainsi, ceux qui n'auront pas les moyens financiers pour le faire, pourront vendre eux-mêmes leurs parcelles et acheter des parcelles ailleurs.

La loi a été  violée

Ce site de Gasenyi-Nyakabondo avait été placé en Mairie de Bujumbura par un décret-loi de 1992.  En  2016, ces parcelles  ont été placées en dehors de la mairie de Bujumbura, cette fois ci par un décret.   

« La loi ne peut pas être modifiée par un décret présidentiel ou une ordonnance ministérielle, sinon c'est une violation flagrante de la hiérarchie des normes. » Explique Me Vital Nshimirimana.  Ce défenseur des droits humains explique que ce qui est en train d'arriver aux propriétaires des 160 hectares du Site de Gasenyi-Nyakabondo  ne vise qu’à les  exproprier simplement sans indemnisations.

Maître Vital Nshimirimana rappelle au Gouvernement Burundais que les propriétaires de ces parcelles devaient avoir perçu leurs indemnisations avant même la construction du palais présidentiel comme  c’est prévu par la loi.

Les propriétaires de ces parcelles se comptent  à plus de 2850 familles. Ils sont privés de leur droit de propriété depuis plus 10 ans.  En cas de manque de justice au Burundi, Me Vital Nshimirimana précise que ces milliers de familles peuvent saisir la justice nationale, régionale et internationale.

 

Gasenyi-Nyakabondo : L’administration  alerte  pour les propriétaires des 160 hectares

Gasenyi-Nyakabondo : L’administration alerte pour les propriétaires des 160 hectares

Le chef de la colline Gasenyi,  en commune Mutimbuzi, province de Bujumbura  plaide pour ses gouvernés, propriétaires des 160 hectares du site Gasenyi-Nyakabondo situé tout près du palais présidentiel. Certaines de leurs maisons se sont écroulées tandis que d’autres présentent des fissures. Le gouvernement leur a interdit d’y entreprendre aucune activité depuis plus de 10 ans. Ce chef collinaire soutenu par les propriétaires de ces parcelles insiste auprès du chef de l’Etat de se rendre sur les lieux afin de constater lui-même la situation.

« Certaines  maisons sont déjà détruites en partie et  d’autres   sont fissurées, risquant à tout moment de s’effondrer », c’est l’alerte lancée ce vendredi 19 janvier  par  le chef de la colline Gasenyi en commune Mutimbuzi via les réseaux sociaux. Cet administratif voulait attirer l’attention sur la situation difficile dans laquelle  vivent les propriétaires des 160 hectares du Site Gasenyi-Nyakabondo.

Dans le message qu’il a écrit sur les réseaux sociaux, Amos Ndacayisaba, le chef de la colline Gasenyi, a rappelé que « leur misère a été causée par le fait que depuis plus de 10 ans, ils ne peuvent rien faire dans leurs parcelles car le gouvernement veut y construire des infrastructures assorties au palais présidentiel, mais que jusqu’à présent ils n’ont pas eu d’indemnisations d’expropriation. »

En plus de ces maisons fissurées, Amos Ndacayisaba indique qu’il y’en a d’autres qui se sont déjà effondrées, et dont leurs propriétaires se trouvent dans une désolation totale. Ce chef de la colline Gasenyi supplie le président Evariste Ndayishimiye d’entendre les cris de détresse de ces habitants du Site Gasenyi-Nyakabondo, « afin qu’il aille  constater lui-même la vie très pénible qu’ils  mènent depuis des années. »

Cette plaidoirie  a été saluée par les concernés, « nous sommes contents que le chef de la colline s'est rendu compte de la situation précaire dans laquelle nous nous  trouvons.  Nos  maisons sont en train de s'effondrer et malgré qu'ils soient venus évaluer la valeur de nos parcelles, nous  n'avons  pas encore eu nos faibles indemnisations », s’indigne l’un des propriétaires en précisant que les correspondances écrites par leurs représentants pour demander justice n’ont abouti à rien. «  Nous supplions le Président de la République de venir nous rendre visite, peut-être que par là il pourrait prendre une décision adéquate. »

Les propriétaires de ces 160 hectares du Site Gasenyi-Nyakabondo  se comptent à plus de 2850 familles.

 

Société pétrolière publique, une solution au problème récurrent de manque de carburant?

Société pétrolière publique, une solution au problème récurrent de manque de carburant?

Le Gouvernement se prépare à créer une société  nationale pétrolière. Annoncé d’abord par le Président de la République, quelques jours après,  le conseil des ministres a adopté ce projet de création d’un organe public chargé de centraliser les approvisionnements  du pays. Une nouvelle tentative de solution au problème de rupture de stock du carburant qui risque d’échouer, analyse l’économiste André Nikwigize.

 « Ne dites plus que le problème de manque de carburant est dû à une mauvaise gouvernance du pays », a déclaré le Président Evariste Ndayishimiye au cours de l’émission publique du 29 décembre dernier. « Des gens ont vidé les caisses du pays, ils demandaient des devises à la BRB  (Banque de la République du Burundi) soi-disant pour faire des importations mais ils ne l’ont pas tous fait. Nous avons calculé entre 2019 et 2021, 48 millions de dollars ont été débloqués mais ces importateurs n’ont rien importé. »

Pour le  Président Ndayishimiye,  le manque de devises est la seule raison à l’origine de la situation, contrairement aux différentes raisons avancées de temps à autres par les autorités chargées de l’importation et de la vente du carburant,   « Ça nous prendra beaucoup d’années pour reconstituer les réserves. D’où les gymnastiques que nous faisons, nous  importons du carburant qui couvrira seulement deux semaines, et dans l’entre temps nous cherchons  les fonds qui nous permettrons d’importer encore après ces deux semaines. »

Depuis l’éclatement de la crise politique en 2015, le problème de manque de carburant n’a cessé de s’aggraver. Le pays connait sans cesse de périodes de pénurie, entrainant de lourdes conséquences du jour au lendemain. A la tête du pays depuis juin 2020, il y a déjà plus d’une année, le Président Evariste Ndayishimiye avait promis aux Burundais de résoudre définitivement ce problème, annonçant « prendre en ses propres mains la situation. »

Jadis faite par des sociétés privées, l’importation du carburant a été confiée par le Président Ndayishimiye, au cours du deuxième semestre de l’année 2022, à la REGIDESO, la société publique de production et de distribution d’eau et d’électricité.

Au lieu d’une amélioration à laquelle on s’attendait, la situation n’a cessé par contre de s’empirer. Les durées de pénurie se sont allongées, les conséquences devenant encore plus grave jusqu’à voir le déplacement des gens assuré, dans la capitale économique Bujumbura, par des camions de transport de matériaux de construction.

Après peut-être ce constat  d’échec,  le Chef de l’Etat songe à  changer le fusil d’épaule en proposant une autre solution. « Nous allons créer une société qui ne sera chargée  que de l’importation du carburant,  toutes les autres sociétés s’approvisionneront dans cette société. Nous y travaillons déjà et pourrons même avoir des partenaires qui nous fournirons   à crédit. » A annoncé le Président Ndayishimiye reprochant aux privées de « faire du chantage, de ne pas importer le carburant  afin d’exiger des hausses des prix. »

Cette  société sera à 100 % public, se sont convenus les membres du Gouvernement. Le communiqué du conseil des ministres tenu en date du 03 de ce mois de janvier précise que la société pétrolière sera chargée de la coordination de l’importation, du transport, du stockage, de la distribution, de la commercialisation et de la réexportation des produits pétroliers, gaziers et de leurs dérivés.

La création d’une société pétrolière publique, solution  à ne  pas recommander

André Nikwigize, ancien Conseiller économique principal en charge des programmes auprès du Secrétaire Général des Nations-Unies insiste sur le fait que le nœud du problème de manque de carburant au Burundi  est l’indisponibilité des devises étrangères et leur gestion. « Avec la rareté de devises, qui ne couvrent plus que deux semaines d’importation, il s’est développé une gestion clientéliste, les sociétés proches du pouvoir ou de certains dirigeants, ayant la priorité d’accès aux devises. » Déplore Mr Nikwigize.

En plus de ces difficultés financières, André Nikwize  mentionne  la perturbation  de l’organisation existante du secteur pétrolier sous prétexte d’inaction  des  entreprises privées (expérimentées et dotées de moyens logistiques suffisants, au Burundi et en Tanzanie) et de  fraudes. Selon  l’expert Nikwigize,  le  gouvernement  a empiré la situation déjà difficile en favorisant  la venue sur le marché pétrolier, d’une nouvelle société privée, « Prestige », sans expérience du secteur, sans moyens logistiques, bénéficiant des facilités de crédits et de devises auprès de la Banque Centrale et, fin des fins, en confiant la fonction d’approvisionnement du carburant à  la REGIDESO, sans aucune expérience également dans le secteur pétrolier, et dont le rôle dans le secteur pétrolier « est flou. »

L’expert économiste  rappelle  que les canaux d’importation, que ce soit le carburant ou d’autres produits, sont connus et limpides et ne fait aucune place à la fraude. Evoquer le détournement des devises par des importateurs pour expliquer les ruptures répétitives des stocks de carburant, comme le président Ndayishimye l’a fait,  relève d’un manque de réalisme.  « Les opérations d’importation et de transport de marchandises (carburant ou autres) se font au travers des banques, et c’est facile de retracer les circuits d’importation. Affirmer qu’il y a des commerçants à qui la Banque Centrale a octroyé des devises pour importer et qui ont détourné l’argent est, tout simplement, irréaliste, à moins d’une complicité avec les agents de l’administration. » Explique André Nikwigize.

Mr Nikwigize recommande au  Gouvernement d’approfondir la réflexion avant de créer une nouvelle entreprise publique, au moment où l’Etat s’est engagé, avec les institutions internationales, dans un programme large de réformes macroéconomiques, avec des objectifs de restrictions budgétaires. Il faut plutôt « améliorer la gestion des ressources en devises, coordonner les activités des entreprises privées importatrices des produits pétroliers, et améliorer la gouvernance économique. »

 

 

 

 

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